6 DÉCEMBRE 2017

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LE PHÉNOMÈNE MONDIAL DE LA DROGUE S’EXPLIQUE FORT BIEN

 Un article de Jean Casault

 

Photo Jean Casault 2008

 

La consommation mondiale de drogues depuis le doux cannabis jusqu’à la tragique héroïne aux conséquences foudroyantes et quasi immédiates s’explique très bien. Je prendai qu'un peu de votre temps en vous énumérant les motifs les plus évidents et qui en général passent sans revenir. Il y a plus de trente-cinq ans de cela j'ai expérimenté la marijuana et la cocaïne dans cet esprit-là pour une période de 6 mois sans jamais ressentir le besoin d'y revenir.

Une étude des Nations Unies estime entre 300 et 500 milliards de dollars par année, le trafic de drogue mondial. Il surpasse celui du pétrole mais se tient tout juste après la fabrication d’armement. Certains prétendent que la drogue restant une marchandise prohibée, son commerce est extrêmement lucratif et demeure celui qui connaît actuellement la plus forte expansion.

 POURQUOI ON SE DOPE ?

On le fait donc le plus souvent pour les mêmes raisons qu’on prend un apéro, un verre de vin, un digestif ou un pousse café. La mari, voire le hash entrent dans ces catégories dites occasionnelles et ludiques. Là comme ailleurs par contre si l’apéro commence à 10h00 et se termine en soirée par le pousse-café jusqu’à ce qu’on s’écrase dans le lit en bavant et blatérant comme un chameau, il y a forcément un problème. Fumer à toutes heures du jour ou sniffer à toutes heures du jour est aussi un sérieux problème.

Donc la drogue peut être ludique parce qu’on s’attend à ressentir des sensations plaisantes et à en tirer un bénéfice. Ces usages ludiques de drogues ou d’alcool sont le plus souvent ponctuels et pas nécessairement quotidiens loin de là.

Cela ne suffit pas à expliquer 500 milliards de dollars !

On le fait aussi  pour le risque. Il y a toujours quelque chose d’excitant à jouer du risque. Emprunter un chemin bizarre avec sa voiture alors que des pancartes bien en évidence vous rappelle que c’est interdit, voire dangereux n’a pas le même effet que rouler sur Ste-Catherine. Allumer un joint est plus le fun qu’une cigarette ! C’est je crois, le pari que veut tenir le gouvernement du Canada en rendant la mari légale. Après une montée spectaculaire et déconcertante de consommation on verra le tout tranquillement se rabaisser et avec le temps, à un niveau très inférieur à ce qu’il était lorsqu’interdite. On a plus envie d’entrer  dans une pièce fermée à clef que dans celle d’à côté dont la porte est toute grande ouverte.

La consommation ludique  ou pour le jeu du risque n’explique pas 500 milliard de dollars de consommation de drogues chaque année.  

On le fait aussi pour mimer ceux qui représentent quelque chose d’important à nos yeux. En général, les humains dotés d'une identité faible et qui attendent qu’on leur indique une direction pour bouger ont des repaires lesquels sont très souvent des modèles. Quand ces modèles fument, sniffent ou se piquent, alors les suiveurs font de même, par conformisme. S’ils ne le font pas, ils risquent de ne pas être admis, d’être éjectés ou simplement oubliés. Pour un suiveur c’est intolérable alors il fait ce qu’il faut et se moque des conséquences. On parle alors souvent de groupes de milieux artistiques,ou criminalisés même. Le phénomène est particulièrement vrai chez les bandes d'ados alors que définir sa position dans la meute humaine a beaucoup plus d'importance à 15 ans, qu'à trente cinq.

YES MA COCO 

Au 18 et 19e siècle, la drogue était très répandue et presque légale. Un spécimen de feuille de coca a été rapporté en Europe par de Jussieu en 1750. Mais il faut attendre  trente ans de plus  pour qu’on en établisse les propriétés psychotropes Notez en passant que la cocaïne a été utilisée tout au long du 19e pour traiter les maladies respiratoires. Les gens ne savent pas à quel point la cocaïne était de bonnes mœurs à une époque. Le grand Freud lui-même en a prescrit l’usage comme aphrodisiaque, contre les maux de ventre, le mal de mer et les dépendances aux autres drogues. Bref il prescrivait de la coke aux alcooliques et aux héroïnomanes.

Il l'a notamment prescrite pour soigner l'un de ses amis médecins Ernst von Fleisch qui était dépendant de la morphine. Le pauvre diable est mort six ans plus tard aussi morphinomane que cocaïnomane. Bravo Sigmund !Toujours par sa faute et sa très grande faute, on utilisa la coke comme anesthésie locale en chirurgie. L’expérience créé tout un émoi et  le 17 octobre 1884, la Société des médecins de Vienne, présente la cocaïne comme « miraculeuse. » À la fin du 19ème la coke entre dans le Coke (jusqu’en 1929 quand même !) mais aussi dans les cigares, les cigarettes et la gomme à mâcher.

Nous n'avons pas connu les vertus apparemment grandioses d’un vin absolument extraordinaire et mis en vente en 1871. Le vin Mariani. On a infusé des feuilles de coca, tout simplement.  Le vin sera breveté et commercialisé et vendu partout. Dwight Garner dans son livre Lure of Cocaine affirme que Mariani dans sa boutique du boulevard Haussmann à Paris vendra en 1890 des pastilles à la cocaïne, des infusions de cocaïer, du vin infusé à la coca, un élixir et des toniques de coca et ce, en vantant la coca et ses applications thérapeutiques.

Il raconte que de nombreuses personnalités des arts, de la littérature et de la politique apportent leur appui au vin Mariani. Citons les plus prestigieuses dont Thomas Edison, Jules Verne, Émile Zola, le Prince de Galles le Pape Léon Xlll , mais il ne faut pas négliger non plus l’usage d’un autre produit dit thérapeutique, le laudanum et qui coûte très cher à Elizabeth Barrett Browning, Charles Dickens, Elizabeth Gaskell, George Eliot, Bram Stoker, Gabriel Dante Rossetti, Wilkie Collins etc. A base d’opium il sert a combattre la douleur.

Donc pour certains, la drogue, qu’elle soit douce ou dure améliore leurs performances qu’importe lesquelles sont visées : intellectuelles comme l’absinthe également qui était bue par les poètes et écrivains du temps, pour les performances sexuelles, la cocaïne ayant un effet retardateur de la jouissance, un effet sur les performances sportives et là nous connaissons bien les stéroïdes, ces drogues utilisées par les athlètes et les performances sociales. Les drogues ne désinhibent pas autant que l’alcool et permettent néanmoins au consommateur de se sentir meilleur, plus fort, plus solide, plus audacieux sans toutefois tituber comme s'il n'avait qu’une jambe, ou beugler comme un bovin qu’on castre et conserver ainsi un semblant de dignité.  Bien que cela n'explique pas les $500 milliards de dollars, ca y contribue. Et c’est maintenant que nous rejoignons les consommateurs les plus payants.

J'aimerais ajouter ici , en surplus aux $500 milliards de drogues illégales, celles vendues légalement et surprescrites par nos charmants médecins et psychiatres.  Nous aussi nous avons nos " Freud" qui ont la tablette de Rx facile.  En France une récente étude crie au meurtre, 4 prescriptions sur 10 représentant un danger ! Le Ministre Québecois de la Santé a déja averti son gouvernement que le Québec prescrivait 30% plus de médicaments que le reste du Canada. C'est énorme. Combien d'hommes mais faut-il le dire surtout de femmes consomment des antidépresseurs comme des bonbons ? Pourquoi ? Parce que ces gens sont vertueux, respectent la loi mais veulent se droguer tout autant. Pour quelle raison. La même. 

 POUR ÉCHAPPER À LEUR RÉALITÉ PLATE OU CRUELLE.

Ceux qui le font pour s’échapper de la réalité. Un rapport du Ministère de la santé explique alors : La drogue est utilisée comme un anesthésiant des pensées, des sentiments, des émotions, de la souffrance. Les usagers disent souvent qu’ils utilisent la drogue pour « oublier » ou pour « décompresser ». L’anxiété, les problèmes relationnels, les traumatismes du passé et le mal-être ressenti sont souvent à l’origine de ces usages. Ces consommations sont propices à ce qu’une dépendance s’installe et que la situation de l’usager se dégrade. Mais elles peuvent aussi n’être qu’une période difficile de la vie dont la personne finit par se sortir.

Mais on tient là une clientèle qui revient, une clientèle dépendante.

Finalement certains s’y adonnent mais de manière morbide. Ils ont dépassé le simple mal d’être, le pas bien dans sa peau. Ils pourraient tout aussi bien se suicider tant leur état est devenu végétatif. Ce sont surtout les opiomanes et les héroïnomanes mais aussi ceux qui consomment des drogues à ce point terrifiantes que finalement c’est un suicide mais lent et charnel.

 On raconte que dans certains endroits du monde, comparables à de PUANTES ET HORRIBLES catacombes, se trouvent là par milliers des consommateurs qui semblent-ils passent leur existence, contre rémunération faite à l’avance, à fumer de l’opium ou se piquer à l’héroïne passant le plus clair de leur 24 heures de vie allouée pour exister, à planer dans un état ténébreux mais qui de toute évidence leur apparaît de loin préférable à leur pathétique vie sur Terre.

Mais il en existe aussi qui jouent indifféremment avec la mort en s'adonnant à des drogues  terrifiantes comme déjà dit; En voici quelques exemples. Le “Krokodil“, une drogue ultra dévastatrice en Russie. La peau de ceux qui se l’injectent devient écaillée comme celle d’un reptile et tombe en lambeaux. On n’est plus dans le mieux-être ici. Puis il y a la “Scopolamine“, ou le “Devil’s Breath“, les conséquences sont funestes. Que je vous explique.

La cocaïne dit-on a un effet inhibiteur face aux émotions négatives. Sous l’influence de cette dernière, on hausse les épaules face aux situations difficiles.(Perte d’emploi, divorce etc) C’est une échappatoire temporaire qui soulage très temporairement. Pour l'avoir utilisée je sais de quoi je parle. Le danger de la dépendance n’est pas physique comme psychologique. Une fois l’effet de la coke dissipée, le problème évité revient de force sans aucune transition. Le consommateur panique et cherche alors à sniffer plus encore pour s’enfoncer dans le déni salutaire qu’offre la drogue. L'héroïne fait cela aussi, mais le paradis est encore plus beau avec cette différence que cette fois la dépendance est tout aussi physique que psychologique. C'est infernal. Or voila ce sont des drogues de bébés, comparés à la scopo.

La  scopo a ces mêmes effets inhibiteurs multipliés par 1000.  Certains vont donner leur voiture au premier venu, accepter de coucher avec n’importe qui voire, n’importe quoi , il n’y a aucune limite et il va de soi qu’une fois l’effet de la scopo dissipé, la dégaine du consommateur est immense et le désespoir n’a lui non plus aucune limites. Leur premier désir, violent et immédiat est de replonger immédiatement , sans délai et ils seront prêt à faire N'IMPORTE QUOI POUR UNE DOSE. 

En conclusion, les drogues sont populaires et sont consommées plus encore que le pétrole parce qu'elles modifient notre existence. Que ce soit temporairement pour une petite fête entre copains, histoire de rire et de s’éclater en fumant un petit joint ou en bouffant des muffins à l'herbe ou pour se tuer à petit feu dans un état absolu d’inconscience avec zéro espoir au bout de la ligne et que la mort comme promesse.

Pourquoi ? Parce que les humains ignorent qu’ils ont un destin, ils y résistent, fuient en avant, et finalement ne comprenant plus leur existence et la refusant, trompe la vie en la modifiant. Non seulement cela ne fonctionne pas, parce que revenant à eux, leur vie leur paraît pire faisant augmenter leurs doses, mais une vie, un fatum, ne se modifie pas par caprice ou manque de courage.

LES CONSOMMATEURS DE DROGUES SONT RESPONSABLES DES CRIMES LES PLUS ABJECTS 

Ces gens, par leur consommation, MÊME MINIMALE ET D'APPARENCE INNOFENSIVE sont responsables de pire encore que la destruction de leur mandat sur Terre. Par leur faute, car c’est d’eux que proviennent les 500 milliards de dollars de consommation de drogues, pas du ciel, des arbres ou de la mer. Ils sont ceux qui paient en liquide pour un dime de hash, une ligne de coke, un fixe d’héroïne etc et ce sont eux par dizaines de millions à coup de 20 dollars, d'euros ou de pesos, qui génèrent la formation de cartels, de groupes criminalisés partout sur la planète avec évidemment le cauchemar dantesque que la présence de cette vermine cause là où elle se trouve.

Ma femme et moi avons rayé le Mexique, la Colombie et la République Dominicaine de nos destinations voyages, pour cette raison.

Alors la question à se demander est pourquoi tant de gens sont-ils à ce point malheureux qu’ils en sont irrécupérables ?   Parce que cette planète se relève à grand peine de centaines de milliers d’années de domination (Cf L’Ère Nouvelle & La mort n’est qu’un masque temporaire de l’auteur, en libraire)  Nous venons tout juste d’en sortir mais le processus sera long encore. Je suis beaucoup plus préoccupé par le crime organisé, le trafic de drogues que par les élucubrations des deux gros pitres dont chacun des coiffeurs est sur l’acide 24/24. Ce ne sont que des clowns. Mais les cartels et groupes mexicains, colombiens vénézuéliens, brésiliens, péruviens, de Russie, de la Tchétchénie, d’Afghanistan, du Pakistan et du Japon et de la Chine ca c’est du sérieux, du costaud.

 La lutte sera longue. Mais en tant que baby beamer il nous appartient de s'y mettre.