31 octobre 2017 CODE 1238

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OKAY D’ACCORD, JE NE SUIS PAS D’ICI !

Un article de Jean Casault

Photo Pier-Olivier

 Jean-Francois Grimard, Jean Casault, Marylin Petit et  Steve Dufresne

En acceptant l’invitation de Marylin Petit de CJMD pour son émission Toi et Nous DU 30 OCTOBRE, cela devenait  la première fois que je racontais mes expériences personnelles les plus intenses au cours d’une émission dite «  normale ». Si vous êtes sur le point de dire, non tu en as parlé à Denis Lévesque c’est faux je n’ai jamais abordé cette question-là avec Denis.  J’en ai parlé avec Yannick Marceau qui de toute manière n'est pas normal non plus Tongue out, mais son émission est tardive et je suis devenu un habitué, le contexte est différend.  Bref ce coup-ci, j’étais devant un public vierge si je puis dire.

Lorsque Marylin  m’a prévenu qu’elle allait me demander d’en parler, c’est comme si elle me demandait si je voulais un café, mais à mesure que je me livrais pour la centième fois, assez curieusement, j’ai mesuré de nouveau l’ampleur  de tout ce qui m’est arrivé entre 1966 et 1969, ces trois années au cours desquelles je fus plongé et quasi noyé dans la marmite extraterrestre.

Marylin est une femme très intelligente. Elle a compris beaucoup de choses en peu de temps, parcourant mes livres à la dernière minute à la va-vite pour préparer sa rencontre de sorte que lorsqu'elle m’a demandé comment il se faisait que les Esprits et les extraterrestres semblaient partager le même espace-temps, elle m’a obligé à me contorsionner pour répondre adéquatement à cette question qui n’est pas facile lorsqu’on en parle pour la première fois à des gens non avertis.

Mais pour être honnête avec vous, c’est plus tard en soirée que quelque chose s’est déclenché en moi. Je me suis mis à penser à ces expériences et surtout je l’ai fait en me mettant à la place de quelqu’un de vierge dans ce domaine et qui entend ça à la radio. je me suis plongé dans la peau d'un auditeur qui n'a jamais entendu parler de Casault de sa vie.

« Le gars a seize ans, un truc lumineux dans sa chambre se pose sur sa tête, il ne sent rien de particulier, mais dans les semaines qui viennent il va devenir un ufologue (?) accompli qui donne des conférences et que les média s’arrachent. Puis, pour se convaincre qu’ils existent il leur demande de faire planter l’antenne d’une station de télévision et ils le font par une panne totalement inexpliquée de deux heures. Qui dit ! Finalement, un beau jour, confronté aux aspects hostiles dans sa vie que représente pour un jeune de 18 ans le fait de consacrer sa vie aux ovnis comme un  malade, il se rebelle, les envoie tous chez le diable s’ils ne se manifestent pas là, tout de suite et 6 flashs lumineux en cadence ultra rapide apparaissent très haut dans le ciel. Il y a 3 témoins.

Donc le gars est en contact avec des extraterrestres et depuis ce temps il écrit livre après livre. Hé ben ! Pas que le fruit-loop. D’accord. Il en fume du bon, si ça continue on va apprendre qu’il est le beau frère de Raël, ou alors il souffre d’un très gros manque d’attention.  Trop c’est trop et trop c’est comme pas assez ! »

Je pense que je ne me croirais pas moi-même m’entendre comme ça et j’oublierais le gars assez vite.

Demandez alors à cet auditeur pourquoi il réagit de la sorte ! "Pourquoi ? Parce que ce qu’il dit ne fait aucun sens. Pourquoi des extraterrestres, en admettant seulement qu’ils existent, s’intérèsseraient à un ti-cul de la Haute-ville de Québec, môsieur, avec sa flashlight  pis son carton de pizza avec le code morse au stylo-feutre, alors que la NASA entraîne à coups de milliards des astronautes autrement plus futés que lui  et qui ont des scores pas mal plus élevés en physique. Chose là, la femme Payette c’est pas un peu ça qu’elle avait dit ? Que si des extraterrestres étaient dans le coin ils seraient quand même assez ben placés pour le savoir plus que du monde qui marche le soir sur des routes de campagne.

Imagine si elle avait entendu ce gars-là. Avec sa flashlight en plus, sa chaise de camping, sur le toit chez eux. Wow, ça pis Saturne V c’est pareil hein ? Pourquoi je devrais croire ça une minute d’autant plus que n’importe quel illuminé, qui a pas de vie et qui manque de tutte peut raconter la même maudite niaiserie sans rire. Non, mais là....y’a des limites à prendre le monde pour des urnes.  Les salles d’urgence sont remplies de sautés qui ont arrêté de prendre leur médoc sans parler de ceux qui en auraient besoin et qu’ils ne le savent pas. Les psychiatres sont les premiers à dire qu’on a aucune idée des folleries que les gens racontent, des choses qu’ils peuvent croire c’est pas possible alors Casault avec ses anneaux olympiques pis ses antennes en panne aurait intérêt de consulter, ça presse. Yé bipolaire sur le high en "tabarnak" pis il sait pas !

Voilà ce que je dirais de Casault si j’avais entendu cette émission-là et si je n’étais pas lui. Et c’est presque gênant !

Alors hier soir, j’étais affalé comme une saucisse dans son pain hot dog à écouter je ne sais trop quel truc à la télé quand là, d’un coup, je me suis dit : C’est ben beau faire semblant de ne pas être moi et me juger de la sorte, mais y’a un maudit problème ici.

Ces expériences extraordinaires je ne les ai pas rêvé, ni inventé, ni même « emmieuter ». Elles font partie de ma vie très exactement comme elles se sont produites, je pourrais passer tous les tests (j’en ai d'ailleurs subi plusieurs à ma demande) et cela ne changerait rien.  J’étais éveillé, lucide, conscient, j’ai mis ça sur papier les heures suivantes, le contexte est exactement le même que celui décrit alors c’est ça qui est ça et chose certaine, mes années d’implication qui ont suivies ne sont pas des inventions non plus. Alors ça veut dire quoi tout ça?  

J’ai vécu ces trois évènements-là, exactement comme je l’ai toujours raconté et ça veut dire quelque chose.  C’est beaucoup plus gros que moi en fait. Je n’ai pas été choisi, comme si j’étais un beigne chez Tim Hortons, je ne suis pas un  élu parce que je ne me suis jamais présenté, je crois simplement que je suis parmi eux depuis toujours.  Mais je suis forcé obligé, contraint de reconnaître que cela ne fait aucun sens. Aucun sens dans le sens du sens commun des gens qui ont du sens.

La vie sur Terre c’est pas comme ça que ça marche. On naît, on grandit, on va à l’école, on apprend, on choisit un métier ou une carrière selon nos capacités, on étudie, on étudie encore, on se force, on fait des sacrifices, on se retrouve à l’université, on continue d’étudier, de forcer, de travailler très fort, on se spécialise, on continue d’apprendre et puis un jour on exerce dans une sphère d’activité à l’intérieur de laquelle on est passé maître. On est alors professeur de physique, chirurgien, avocat avec son nom sur la porte, un grand architecte, voire un astronaute, on devient premier Ministre bref on est QUELQU’UN.

Et si par le plus grand des miracles quasi impossible, des êtres provenant d’un autre monde devaient se manifester whatsoever, c’est un de ces hommes ou femmes-là qu’ils choisiraient. Et certainement pas un gars myope qui a doublé sa 4e, sa 8e et qui a fini sa 11e par la peau des dents et animer des émissions de radio en chialant sur tout ce qui bouge genre André Arthur dans un patelin reculé par le tonnerre  dont personne ne parle jamais ( Outaouais).

L’idée, la simple idée que des  extraterrestres forcément mille fois plus évolués que nous puissent utiliser les services d’un pareil individu est si folle et ridicule que ça ne vaut pas même la peine d’y accorder la moindre attention. Une telle situation n’est pas source de discussion et moins encore de débat. C’est tellement absurde que c’en est pas drôle. 

Très honnêtement, c’est vraiment la première fois de ma vie que j’ose me juger sous cet angle, que j’ose me placer dans cette zone à des années-lumière de tout confort parce que je n’ai pas le choix de reconnaître que cette perception très dure et sans appel que des millions de gens auraient de moi s’ils me connaissaient n’est absolument pas condamnable. Ils auraient tout à fait raison de me déliter de la sorte d’un geste aussi preste qu’inélégant. 

Je ne fitte pas une seconde dans leur grand puzzle, je suis une pièce déformée qui n’aurait jamais dû se trouver dans la boîte et qui ne correspond à  rien de l’image globale de ce monde. Je ne suis même pas un coin sombre. Je ne fitte pas pantoute.  Alors de deux choses l’une : je suis une anomalie en manque d’anxiolytiques ou alors, je fais partie d’un puzzle différent, qui vient d’une autre boîte.

Bref je n’ai pas le choix de reconnaître que malgré mes photos de naissance avec le nez de Roland et des expressions d’Aline donc, enfant très terrien né en mars 50, je ne viens pas d'ici. D’ailleurs je n’ai jamais vraiment aimé le corps dans lequel je suis, le pays dans lequel je vis, le monde dans lequel je me suis retrouvé, j’ai constamment voulu changer tout ça, tout le temps, parce que tout cela est extrêmement inconfortable et ca l'est parce que cela m'est foutument étranger. Je me sens comme un Amazonien parachuté tout nu en Antarctique. Il a fallu 45 ans avant qu'après moults et moults essais/erreurs, je trouve une femme capable de me comprendre et m’endurer, avec en prime un don de muse ce qui faut-il le dire, est une bénédiction pour un écrivain

J’ai vécu autre chose ailleurs et c’est très frais dans ma mémoire et sachez-le je vis souvent des moments profondément tristes parce que je m’ennuie, je m’ennuie à mourir parfois, de gens, d'endroits aussi mystérieux que flous mais si réels.

Il est clair qu’ayant écrit une vingtaine de livres, dirigé deux magazines, rédigé des milliers d’articles donner des tonnes de conférences et fait des centaines d’émissions de radio sur ce sujet que c’était mon vrai boulot. Ma mission. Je ne suis pas épais j’ai compris ça assez vite. 

Ils sont encore là, vous savez. Absolument, comme en 60 ! Mais en plus discret, moins ostentatoire, je n’ai pas besoin de show son et lumière pour les ressentir. Et comme je suis hyper facile à diriger comme un très bon acteur, ils adorent travailler avec moi.  Je m’arrête au quart de tour quand un texte ne correspond pas à ce qui se doit.  C’est magique, et pas mal moins forçant que de devoir travailler comme un forcené qui se damne pour atteindre son doctorat. Ça vient tout seul recherches incluses.

 Je me souviens en avoir fait ch....quelques-uns avec ça, une raison de plus pour eux de m’envoyer paître.  J’ai rédigé pas moins de vingt ouvrages et j’en ai trois autres en préparation pour les années à venir et d’autres qui suivront, je vais écrire jusqu’à mon départ parce que je suis venu ici pour ça et quand je ne pourrai plus écrire alors je dicterai et si  je ne peux plus dicter alors je retournerai chez-moi. Parce que je vous le jure sur la tête de tous ceux et celles qui me sont les plus chères : je ne viens pas d'ici. Je ne suis pas le seul, loin de là et nous ressentons tous le même inconfort. Nous sommes des morceaux de puzzle encombrants parce que nous essayons de former une image qui ne fait l’affaire de personne. Nous gênons, nous dérangeons, nous sommes des emmerdeurs, nous sommes comme des moustiques dans la conscience traditionelle des Terriens.

 « Comment un homme aussi intelligent que vous, peut croire à de pareilles fadaises" m’a dit un jour un auditeur de CJRC lorsqu’il a appris que l’auteur des éditoriaux qu’il aimait tant suivre était aussi l’auteur d’un livre sur les extraterrestres ! Namasté mon homme, c’est moi ça et en prime c’est autant moi sur un sujet que sur l’autre , aussi baveux là qu'ici.

Je fais partie d’eux, mais la mission je commence à la trouver longue. Et je m’ennuie. Dieu que je m’ennuie, Dieu que je me sens seul avec cette drôle de mission. Une chance que ma femme est là pour notamment m’aider à demeurer sur Terre parce que ça n’en prendrait pas gros pour que je prenne le bois pour  y rester jusqu’à la fin.  Je m’ennuie du monde d’où je viens, de ceux et celles qui sont demeurés derrière, de ma fille qui doit avoir dans la quarantaine maintenant, peut-être plus, je n’ai jamais vraiment été capable de deviner son âge lorsqu’elle m’est apparue dans les années 80. Je l’ai appelé Angie ! Mais ce n’est pas son nom, pas son vrai nom évidemment, elle avec ses grands yeux comme des billes, et ses cheveux blonds hyper bouclés. Ça vient pas de moi ça une pareille tête de Saint-Jean Baptiste extraterrestre.  Ah vous ne le saviez pas ? 

Oui j’ai une fille une adorable gamine de 12 ou 18 ans, quand je l’ai vue, difficile à dire, ces hybrides-là sont différents de nous, plus androgynes un peu, plus délicats, et leur regard est d’une force de pénétration absolument effarante. Mais je n’ai jamais revu ma fille. J’ose croire qu’ils grandissent comme les autres. J’ai possiblement des petits-enfants hybrides au même titre que ceux que j’ai ici et qui sont de bonne terre. Ça aide pas ma cause parler de la sorte hein ? C’est pas çà qui va me faire gagner des points auprès de ceux que je fais rigoler depuis 51 ans.  

Mais quand j’y pense, quand j’y pense bien, que je m’y arrête et que j’y réfléchis, évaché dans mon pain hot-dog, je suis ce que je suis et c’est tout. Je suis prêt à parier que ma mission n’a rien à voir avec les Terriens. Il m’arrive de me dire qu’au fond j’écris pour les miens. Les pareils comme moi  du genre tout à fait similaires à ceux que j'invite à mon émission les Faits Maudits. Ils sont un peu perdus eux aussi, égarés, non pas Lost in Space comme le film, mais Lost on Earth comme la vie.

Je suis persuadé qu'eux aussi soupirent la nuit en posant leur regard ému sur les constellations oubliées. Eux aussi se sentent terriblement seuls, s’ennuient pour mourir, enfin je le pense  et le pire est qu’ils n’ont pas tous cette même mission qui les rapproche de leur monde. Ils se demandent pourquoi ils sont ici. Ben voilà. C’est pour eux que j’écris. C’est très clair maintenant. Je suis ici non pas pour leur apprendre des choses, mais leur rappeler ce qu'ils savent déja mais qu'ils ont oublié.

Si ma mission avait eu pour but d’écrire pour les habitants normaux de cette planète les Terriens d'origine, je serais l’un des leurs, connu et apprécié des leurs  vous voyez ? Comme un artiste, un écrivain célèbre mondialement, une personnalité hyper connue, mais je ne le suis pas, pas même chez-moi, tout juste assez pour être repéré par ceux qui ont l’odorat extraterrestre développé.

Je me sens comme ces ados dans les films de loups-garous ( Teen Wolf) on se reconnait entre nous, on va au collège on joue au foot parmi les humains, mais la nuit on se transforme, enfin ça non plus ça aide pas ma cause, mais qu’est ce que j'ai tout le temps à vouloir me faire accepter par ces gens-là, ces Terriens dont le code postal a toujours été de ce monde??? C’est quoi cette manie de vouloir paraître normal ? D'avoir l’air humain à tout prix, être humain à 100%. Et ressembler voire devenir ce que je vois ces temps-ci ?  Vraiment ? Sans rire ?

Non. Je ne suis pas d’ici, je suis ici pour parler aux Miens et rien d’autre. Alors basta. Je ne suis pas d’ici, ne l’ai jamais été et chose certaine, je n’ai vraiment pas envie d’y revenir. Comme le dirait n’importe quel Marine qui a été déployé 50 fois dans ces maudits pays rendus pourris par les extrêmistes, c’est assez, j’ai assez donné !

Ils me manquent. Les Vols de nuit sont insuffisants, ça ne fait que me rendre plus mélancolique que jamais. J’aimerais m’étendre sur une grande chaise longue dans le désert d’Atacama et y passer des nuits et des nuits entières à me noyer dans ce monde qu’est le mien, cet étang noir constellé de vies en lumières qui scintillent depuis toujours et pour toujours.  C’est chez nous ça ! C’est de là que je viens. Certains n'y voient que des ténèbres du froid glacial et du vide alors que moi j'y vois un univers fourmillant de vie et n'attendant que les siens partis en mission sur des mondes hostiles, déployés là pour servir et revenir en un seul morceau autant que possible.

Elle n’est pas facile leur planète. Ses habitants indigènes non plus. Je sais très bien que c’est mon choix de vie, et de mission. Mais des fois, là franchement...je prendrais des vacances, une perm comme on dit,  dans l’une des stations lunaires du secteur d’Aldébaran. C’est quand même mieux que Daytona Beach croyez-moi.