argaiv1939

20 octobre 2017 code 603

QUAND LES NOUVELLES SONT "ÉMOTIVES"

Un article de Jean Casault

 

L’actualité sous la plume de Valérie Borde s’insurge aujourd'hui contre une rumeur voulant que la preuve soit maintenant faite que le TDAH est un mythe, voire une fraude provenant du milieu pharmaceutique. (Trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH).

Elle a raison de le faire. Cette idée vient d’une seule et unique déclaration provenant d’un ancien professeur de psychologie, Jérôme Kagan âgé aujourd’hui de 88 ans et qui s’exprimait au cours d’une entrevue donnée à un magazine allemand. Comme je le dis souvent, si des milliers de personnes disent quelque chose en provenance d’une seule source, cela ne signifie pas qu’il y a des milliers de sources. Cela est valable dans tous les domaines et pour toutes les directions autant celles qui valident que celles qui invalident un concept.

Dans mon domaine de l’ufologie et du paranormal, c’est un problème très sérieux. Les sources constituent la pierre d’achoppement de ce qui pourrait constituer une position valable et cohérente face à la réalité de la phénoménologie extraterrestre et paranormale. Elles sont confuses, parce qu’il est difficile d'en établir la crédibilité. Surtout depuis l’avènement d’Internet, on ne dénombre plus la quantité croissante de nouvelles absurdes qui démontrent l’existence ou la non-existence de... suite aux propos tenus par le Docteur Machin ou le Professeur X , comme si le sarrau blanc, le titre et la fonction étaient suffisants pour valider une position. C'est parfois très vrai et c,est parfois très faux. Il n'y plus aucune règle dirait-on.

Prenons le docteur John E Mack à titre d’exemple. Plusieurs croient qu’il est le seul à avoir défendu sa validation du phénomène des enlèvements extraterrestres. Mack n’a jamais dit que des extraterrestres enlevaient des gens. Mais il a dit qu’aucune maladie connue, actuelle, voire potentielle expliquait cette phénoménologie. Lorsque ses confrères, outrés qu’un psychiatre de grand renom, de Harvard, puisse ânonner une telle ineptie ont voulu le crucifier, il s’est défendu et a gagné son point au point que le Recteur de Harvard a mit fin aux attaques enjoignant plutôt les confrères de Mack l’aider dans sa démarche. Disons que les médias sont demeurés bouche bée.

Encouragé par Rockefeller ( oui oui de la famille des Illuminati !!!) Mack a alors fondé un groupe de recherche et mis au point un protocole d’interventions auprès des enlevés, absolument impeccable. Comme le raconte Caroline McLeod,  du groupe PEER[1]. Avec ses collègues, elle a préparé auprès de quarante enlevés et quarante autres personnes dites normales, une série très complexe de tests psychologiques et psychopathologiques dont Bell Object Relations and Reality testing Inventory, Schedule for Nonadaptive and Adaptive Personnality, Tellegen Absobtion Scale, Dissociative Experiences Scale, Missisipi Scale for Civilian Post-Traumatic Stress Disorder. Inventory of Childhood Memories and Imaginings, Creative Imagination Scale, Goodjjonsson Suggestibilirty Scale, Symptom Check list 90-Revised. Les résultats sont éloquents. Aucun des quarante enlevés n’affiche un désordre mental ou toute autre forme de psychopathologie. Il a été impossible d’établir une différence quelconque commune aux enlevés, avec le groupe de contrôle.

 John Mack était un médecin, un psychiatre, un historien à sa manière, après avoir rédigé la biographie de Laurence d’Arabie. Son adhésion à la recherche ufologique n’est pas un accident de parcours ou une anomalie de carrière, mais une extension parfaitement naturelle de son humanisme profond. Au lieu de se réfugier derrière le confortable déni professionnel que personne ne lui aurait reproché, bien au contraire, il a plutôt cherché à comprendre la nature du malaise dont semblaient souffrir tous ces gens, qui par centaines de milliers, se disaient enlevés par les extraterrestres.

À peine amorcée, sa recherche auprès de ses premiers sujets lui a clairement fait comprendre qu’aucun désordre mental, aucune tare psychologique, en fait, aucune psychopathologie ne venait expliquer les récits affolants de ses sujets. Il aurait pu s’arrêter là, reprendre le cours de ses travaux habituels et ne plus y revenir. Il a choisi de poursuivre, par amour pour la nature humaine. John E Mack était un amant de la vie et de l’esprit. Je l'ai connu comme tel et je l'ai aimé comme tel. Celui ou celle qui cherchera à en savoir plus sur Mack, découvrira la profondeur d’âme de cet homme, assoiffé de connaissances d’une part, mais surtout fasciné par le complexe mécanisme qui façonne l’être humain, son corps, son esprit, son âme, son cœur, tous entremêlés dans une danse cosmique aux relents d’infini.

Pour Mack, un être discret sur la place publique, l’élévation spirituelle n’était pas une illusion, un fantasme et moins encore l’opium du pauvre hère en quête de survie. Il écrit dans Passeport pour le Cosmos: « Dans ce chapitre, je vais tenter de démontrer que le phénomène des enlèvements extraterrestres est potentiellement l’un des agents de croissance spirituelle, de développement personnel et d’expansion de l’esprit les plus puissants qui existent présentement, affectant tout un chacun d’entre nous. »

Or voilà, personne n’a vraiment voulu s’intéresser à sa position malgré sa crédibilité et surtout ses travaux. Contrairement à Kagan qui émet sur le très tard dans sa vie (88 ans) une simple opinion basée sur 0 observation structurée du milieu des enfants scolarisés,  Mack lui s’est rendu sur le terrain pendant de nombreuses années avant de périr sous les roues d’un chauffard. Alors tout le monde s’emballe pour une seule source et tout le monde recule pour celles de Mack qui aura quand même réuni toute une équipe autour de lui. Avant de mourir.

Conclusion ? Quand un propos fait l’affaire de Paul si Jacques le dit, Jacques est un héros, mais si Pierre dit le contraire Pierre est un nul. Voilà comment se comporte la masse.  Hier je lisais les propos de certaines personnes à l’égard des excuses et des commentaires d’Éric Savail. Il était visible comme une grosse lumière fluo que les adeptes de Salvail sont prêts à lui pardonner alors que ceux qui ne l’ont jamais aimé l’accusent d’avoir engagé une compagnie de gestion pour écrire son texte et qu’il doit juste espérer se taper une nouvelle victime.

L’amour et la haine, voilà ce dont nous sommes capables, mais en ce qui a trait au jugement éclairé, en tant que masse populaire on repassera, c’est assez restreint, ici comme ailleurs.

Par contre la science n’a pas le droit elle d’agir de la sorte. Les médias non plus. Je suis pourtant forcé d’admettre que les scientifiques (CF l, Affaire Sokal) ne sont guère plus objectifs que la masse et qu’eux aussi ont un très gros ego, un territoire à protéger, une réputation à protéger et qu’ils sont affreusement subjectifs dès qu’une matière a des apparences douteuses, une épithète facile qu'ils accolent bcp trop rapidement d'ailleurs. C’est aussi laid et plus encore à voir que les extases ou les agonies de dame Public face au petit Éric dans la tourmente.

Dans ce cas de figure, quand aurons-nous vraiment l’heure juste sur un sujet ?  Ma réponse est la suivante. Tant et aussi longtemps qu’une idée, un concept, une réalité un sujet comme dit, aura en lui une charge émotive très élevée nous ne l’aurons jamais.  L’article de Borde le démontre : parce qu’un vieux savant fatigué va dans le sens de plusieurs mères en chaumière, c’est un Dieu. On parle de leur enfant et ça, c’est émotif. S’il avait parlé des corneilles ou des cafards, l’article n’aurait probablement jamais été publié parce que soyons lucides, les médias privilégient très souvent le facteur émotionnel, la charge émotive qui soutient une thématique. les médies carburent à l'action/réaction sans quoi les annonceurs qui ont horreur du drabe chercheront des couleurs plus vives pour vendre leur savonette ou leur "char" Sans doute plus vrai à la télévision que dans les grands quotidiens, mais de nos jours c’est la télé, voire Internet qui a la main haute sur la direction à donner à l’opinion publique.  Trump pourrait démissionner demain matin et les gens penseraient encore aux cochonneries de Rozon.

Alors, si vous attendez après la science ou les médias pour appuyer la recherche ufologique ou paranormale, sachez que la charge émotive entourant ces thématiques est beaucoup trop élevée pour que cela se réalise. Tous les témoins avec qui je travaille que ce soit ceux dans mes ouvrages ou dans mon émission sur les Faits Maudits sont unanimes : «  Quand tu parles de ça au monde ils te prennent pour un fou, un gars qui ne prend pas ses pilules."  C’est une constante à 100% depuis 50 ans. Ce n’est donc pas demain la veille que les témoignages en ce sens seront reçus calmement, posément avec l’intérêt de la recherche. On peut remercier pour cela tous les imbéciles et les crétins qui se sont amusés à fabriquer des canulars, tous les illuminés qui font de ces disciplines de véritables religions (dont une officielle au Québec). Donc après 50 ans, vous comprendrez que Il était une fois des extraterrestres et des humains est mon testament ufologique. J’en ai terminé avec cela. Plus rien que nous pourrions faire pour rationaliser ces thématiques ne changera rien à une perception émotive qui date du 18ème siècle, grâce aussi au travail efficace d’une Église intrusive, envahissante, malhonnête et disgracieuse. Ma prochaine cible d'ailleurs.

EN PASSANT DEMAIN, JE REÇOIS KARINE À MON ÉMISSION. Souffrant de bipolarité elle se demande si ces expériences sont authentiques ou pas. Une discusiion qui se rapproche donc de mes intercations avec Mack sur cette explication trop souvent répandue à l'effet ques témoins sont malades. Mais les malades siont-ils témoins eux ?. Demain à 10h00 aux FAITS MAUDITS.

L'AUTEUR EST ÉCRIVAIN DEPUIS PRÈS DE 50 ANS. VOYEZ ICI SES PLUS RÉCENTES PARUTIONS.



[1] Il s’est éteint suite au décès accidentel à Londres du docteur Mack en 2004.