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Le parfum de l’Âme
Prose en fleurs fânées de CASAULT
( Alors que je venais tout juste de recevoir mes ordres de missions qui ont donné naissance au début de mes écrits méta-ufologiques en août 2009, je fus possédé par un Esprit de mes anciens Amis, juché sur son nuage et prodigue de mots et d'images on ne peut plus vaporeux. On sent une tristesse dans ce texte mais l'envol est réel, bien défini et bien après le méfait je vopus l'offre en partage.)
Est-ce un scandale que l’âme humaine soit piégée dans un corps ? N’est-ce pas un miracle, plutôt, que chaque corps humain recèle une âme ? » Lorsque Nancy Huston  s’interroge sur l’étrangeté de l’âme, qui selon elle, tient du miracle, elle inverse la nature et sans donner raison à ces petits esprits qui adulent neurones et raison, elle oublie l’essentiel.  C’est l’âme, grands dieux qui piège un corps et non l’inverse, qu’est cette scabreuse image, véhiculée par ces porteurs de la bonne nouvelle.
Faut-il absolument mourir et pourrir pour enfin capter dans l’aura diaphane des êtres, la substance même de la vie ?
Nous sommes aux premiers bâillements du siècle de ce troisième millénaire et malgré la décrépitude des chasubles qui moisissent dans les sacristies, l’influence du paternalisme à outrance des porte-parole officiels de Dieu, se fait encore sentir. Quelque part dans un secteur vulnérable de la pensée collective, malgré les relents athéistes maladroitement exprimés, nous piaffons du pied et larmes aux joues, nous hurlons comme des enfants bagarreurs du côté cour du Jardin d’Enfance parce que nous ne serions que des enfants. Des enfants de Dieu disent-ils mais tout de même, de sales petits mômes fort mal élevés et qu’il faut constamment materner afin d’éviter qu’ils ne s’entretuent. Pour un Jésus ou un Allah en chiffon, un ballon de plutonium, une chaudière de pétrole ou le plus souvent, les quelques sous de leurs petits cochons.
Il en serait ainsi à jamais, malheur à nous, si nous ne faisions que receler une âme. Or voilà, brusque réalité, on s’éveille de grâce, nous sommes un Esprit entouré d’un contenant de carbone liquéfié plus ou moins résistant et dont le mérite suprême est de nous faire oublier, qui nous sommes, de sorte que par cette odyssée magnifique qu’est l’existence, nous puissions apprendre quelque valeur. Par la force des dents jusqu’à ce qu’elles se brisent, j’en conviens, mais ainsi va-t-elle la vie. Et de dents, l’Esprit n’en a guère besoin, lorsque par une belle mort, il retourne à la maison.
C’est ainsi que marine, la plus transcendante vision de l’espèce humaine, depuis des siècles et des siècles, notamment dans la pensée amérindienne et celle des autres authentiques penseurs qui fleurissent de temps à autre en une terre fertile à l’ouverture.
Mais quelles sont ces palabres, qui donc est cet exubérant, qui du haut d’une suffisance qu’il n’a certes pas gagné, tente de diluer ainsi la pensée unique si chère à notre télencéphale ?  Il a dit quoi? Que nous étions Esprits, Esprits entourés d’une malodorante mixture de terre noire et d’eau pas très propre ? Son navire gîte par tribord et va couler comme une pierre, il s’est heurté de plein fouet aux récifs de la fantaisie, ce prosélyte du Verseau. Alors, dans ce cas, ces enfants que nos femmes expulsent à grands cris, ne seraient que des relents de vapeur ésotérique ? Ils sont quoi ces enfants ? Il va le dire ça ?
Que de colère n’est-il pas vrai lorsque d’un coup de mots bien acérés, on déchiquette le savoureux et surtout le très précieux concept de la majesté de l’homme et de son règne bien arrivé sur Terre. Soit, il n’est guère amusant de se faire ainsi ramener à si peu, quasi une cousine de la paramécie. Comment ne pas réagir autrement, il est naturel pour un demi-dieu d’être humilié lorsqu’il est saisi par les cheveux et projeté tout en bas de l’Olympe comme Zeus le fit pour Até.  « J’étais un dieu, me voilà bouseux, si j’écoute ce malandrin, » disent-ils, un coulis de bave à la bouche déformée par un rictus, frisant la hargne..
Que de jérémiades, que de lamentations. Très bien je vais m’incliner et causer comme requis, sur les enfants. C’est d’ailleurs avec une certaine fierté,  dissimulée à aucun jugement de mes pairs, que je m’affiche comme une belle réussite du grand boom des années d’après ces deux grandes guerres.  Vous savez ces combats de collégiens pour lesquels chaque camp remet des médailles pour bien avoir étriper l’autre ? Parlant de camp, c’est bien de cela qu’il s’agit. Un camp de vacances pour Esprit à la recherche de lui-même dans les tourments de la chair. De cela, la Terre est prodigue. Quelle école magnifique ! Et c’est fort bien ainsi. On ne gravit pas l’Everest en consultant la biographie de Sir Hillary, on n’y parvient qu’en soufflant comme un bœuf, bonbonne aux lèvres, bleu comme un glacier et sans doute bleu tout simple au sommet, dont on ne reviendra sans doute jamais.  Elle ne fait guère de cadeau la vie et c’est fort bien ainsi.
C’est par le merveilleux apprentissage des cors aux pieds, de l’arthrite rhumatismale, du cancer de la peau et de l’autre qui rend cocu, sans parler des emplois perdus, qu’on évolue. Si moi, Esprit, j’avais préféré la plénitude absolue de l’infini, dans un ailleurs indéfini, tout pépère et guilleret, j’y serais demeuré, je ne serais pas descendu avec mes gros sabots incarnés, me coincer dans des entrailles obscures pour me faire éjecter comme un malpropre, après quoi, une neuvaine?
J’ai bien voulu moi, me ratatiner dans la chair et goûter tant au fiel qu’au miel. C’est ma décision, pas la tienne maman de mon cœur ! C’est très sympa d’avoir utilisé toutes les ressources de ton cerveau limbique pour m’entourer de langes et de caresses et crois-le, j’apprécie, je ne suis pas un Esprit boudeur, mais, que tout soit bien limpide ici : c’est moi le patron ! Tôt ou tard tu verras bien. Garçon ou fille d’ailleurs. Cette histoire de sexe n’est qu’un prétexte à faire des textes pleins d’épithètes et de ce temps-çi, pour des miettes. Faut pas me la faire hein ! Je sais très bien que c’est pas la fête dans ce patelin. Pas un jour sans une tuile.  Et il y en aura pour chacun, les hères et les huiles.
Vivre ici pour un Esprit, c’est comme se coltiner en aveugle sur une poutre mal assurée de largeur inégale, au-dessus d’un trou béant puant le chaos. Et c’est fort bien ainsi. De cette manière, je deviens expert en la matière. Et par cette matière, je deviens expert en la manière. En fait, je suis un héros, un vrai. Chaque éveil dans ce miasme du quotidien, est une gigantesque montagne brumeuse que je gravis au péril du peu de bonheur qu’on veut bien m’accorder. Je prends des coups, je donne des coups et le couchant venu, je peux me panser, penser et en bout de nuit, rêver un peu à la Maison.
Diantre, je vous bouscule ? Vous le sentez bien dans les reins, c’est cela ? Alors oui, je vous pousse hors des ornières de la tradition ancestrale voulant que chair, sang, os et peau sont l’aboutissement suprême de la condition humaine. D’une ruade, je vous pousse encore et vous chasse des ornières de cette autre tradition, plus éloquente et bien soutenue, voulant que cette petite flamme fragile qui scintille dans votre cœur, est préservée par l’amour du petit Jésus. Petite langue de feu sur laquelle il saura bien souffler dessus, presque méchamment, si péché après péché, vous ne calmez  point vos ardeurs !
Vous ne tarissez pas d’imprécations à mon endroit alors qu’au fond, bien au fond, mes propos sont un écho de ce qui se meut gracieusement au fond, mais bien au fond, de votre pensée. Mais prêtez l’oreille à vos propres réponses, grands dieux, vous n’êtes pas si gourds, cette voix si calme et si juste, qui telle Orphée se fait entendre dans votre enfer, n’est que l’arcane du paraclet qu’est votre véritable essence.
Alors quelles étranges questions ! Où va l’espèce, que sera son règne, que deviendrons-nous ?  L’espèce, elle évolue, son règne dépend des enfants qui suivront et nous deviendrons ce que nous choisirons, alors des mômes, faites-en que diable. Toi mâle bien dressé, va dans l’alcôve où elle se love, et dessine sur son corps qui frémit, les images du désir et comme l’alchimiste qui pilonne le creuset, transformez tous deux le plomb de vos chairs incendiées et voyez jaillir l’or des cieux. Un autre petit Esprit en sera très content !
C’est ainsi qu’on peuple un Jardin. Ce n’est pas en beuglant, en écumant de rage ou de peine, en niant la vie comme la mort, en s’arrachant les neurones pour être bien certain de ne rien piger, qu’on entend le chant des anges. Mais oui, mais oui, le chant des anges, j’ai bien dis le chant des anges, cessez donc de rameuter le personnel de l’Union des Rationalistes chaque fois qu’on ose lever les yeux sur autre chose qu’une saleté d’éprouvette, comme si un peu de poésie en science était une infamie.  D’accord, vous l’aurez voulu ! On va causer ensemble sur le chant des anges.
C’est toute une musique, dit la chanson et celle des anges est toute une chanson. Je subodore un questionnement ici. Il préfère les ailés, les lumineux ou les terrifiants avec un glaive de flammes?
Ah cynisme quand tu les tiens. Bon je serai magnanime et répondrai à vos collégiennes suspicions. Le chant des anges est dans le vent, il se meut dans le clapotis des vagues, il pétille dans le feu, il gémit dans l’acte, il soupire après, il est dans le rire du petit et s’alimente de cette lueur fabuleuse qui illumine ses mirettes. Le chant des anges est dans le calme, l’abandon, il est très zen le chant des anges, il n’a pas de drapeau, pas de frontières, il n’est pas plus femme et féministe, qu’homme et gommé de machisme. Le chant des anges n’est pas un miracle, c’est une fuite dans l’éther, c’est le roucoulement du chat, le pépiement de l’oiseau mais aussi le son du café qui s’installe bien au chaud au fond d’une  tasse, c’est la porte du métro qui s’ouvre, celle du bureau qui se ferme, c’est encore le retour du rire du petit, face au vôtre et il est aussi dans le dernier souffle d’un Esprit, qui  malgré les larmes des autres, se rue avec joie, enfin, de retour lui aussi, à la Maison.
Tout ce qui n’est pas un chant des anges n’est qu’un chahut grossier et vulgaire que nos sens ont à subir, par les mots tragiques qu’on lit ou qu’on entend, par les gestes pleutres des glauques de la rue. Et dire qu’on les paie grassement pour être si moyens et si petits, ces revendeurs de tumultes. Ils sont partout, ils ont un seau bien remplie de fèces et autres déjections émanant une odeur pugnace qu’ils répandent, avec grande précision, sur la poutre branlante qui surplombe leur petit monde. C’est eux qui puent le chaos. Apparemment, la chose publique doit les écouter, les lire et leur obéir, car ils sont les maîtres du désespoir, oui ils sont ces professeurs du désespoir, désespérance qu’ils alimentent comme un prédateur en mal de proies. Ils sont en charge du malheur et le cultivent dans l’obscurité, comme l’ergot du seigle et houspillant, tarabustant le fort, le faible, l’échaudé, le prudent comme le méfiant, ils distribuent à prix fort les denrées de leurs boutiques infernales et que nous, fascinés par cette peste, Dieu sait pourquoi, nous achetons frénétiquement, avec en signe de gratitude, un curieux sourire un peu niais.
Alors là, oui je m’inquiète un peu pour l’espèce. Mais ce grand singe velu qu’est le Sapiens finira bien ses jours comme tous les autres pithèques non ? Sous peu, ne verrons-nous pas l’homo noeticus jaillir des entrailles de nos femmes, comme autant de petits espoirs régénérant par leur esprit, leur vieille âme, cette pauvre Gaïa souffrante et mourante ?
Allez, faites d’autres esprits entourés de chair, par centaines et par milliers et lorsqu’ils jailliront à la lumière, prenez bien soin de ne jamais oublier cette suave odeur qui s’échappe de leur premier halètement, tout juste avant leur cri du cœur ! C’est le parfum de l’Âme.
Jean Casault
7 juillet 2009
Code 1187
Le parfum de l’Âme

Prose en fleurs fânées de CASAULT

argaiv1970

 

( Alors que je venais tout juste de recevoir mes ordres de missions qui ont donné naissance au début de mes écrits méta-ufologiques à l'été 2009, je fus possédé par un Esprit de mes anciens Amis, juché sur son nuage et prodigue de mots et d'images on ne peut plus vaporeux. On sent une tristesse dans ce texte mais l'envol est réel, bien défini et bien après le méfait je vous l'offre en partage.)

Est-ce un scandale que l’âme humaine soit piégée dans un corps ? N’est-ce pas un miracle, plutôt, que chaque corps humain recèle une âme ? » Lorsque Nancy Huston  s’interroge sur l’étrangeté de l’âme, qui selon elle, tient du miracle, elle inverse la nature et sans donner raison à ces petits Esprits qui adulent neurones et raison, elle oublie l’essentiel.  C’est l’âme, grands dieux qui piège un corps et non l’inverse, qu’est cette scabreuse image, véhiculée par ces porteurs de la bonne nouvelle.

Faut-il absolument mourir et pourrir pour enfin capter dans l’aura diaphane des êtres, la substance même de la vie ? 

Nous sommes aux premiers bâillements du siècle de ce troisième millénaire et malgré la décrépitude des chasubles qui moisissent dans les sacristies, l’influence du paternalisme à outrance des porte-parole officiels de Dieu, se fait encore sentir. Quelque part dans un secteur vulnérable de la pensée collective, malgré les relents athéistes maladroitement exprimés, nous piaffons du pied et larmes aux joues, nous hurlons comme des enfants bagarreurs du côté cour du Jardin d’Enfance parce que nous ne serions que des enfants. Des enfants de Dieu disent-ils mais tout de même, de sales petits mômes fort mal élevés et qu’il faut constamment materner afin d’éviter qu’ils ne s’entre-tuent. Pour un Jésus ou un Allah en chiffon, un ballon de plutonium, une chaudière de pétrole ou le plus souvent, les quelques sous de leurs petits cochons.

Il en serait ainsi à jamais, malheur à nous, si nous ne faisions que receler une âme. Or voilà, brusque réalité, on s’éveille de grâce, nous sommes un Esprit entouré d’un contenant de carbone liquéfié plus ou moins résistant et dont le mérite suprême est de nous faire oublier, qui nous sommes, de sorte que par cette odyssée magnifique qu’est l’existence, nous puissions apprendre quelque valeur. Par la force des dents jusqu’à ce qu’elles se brisent, j’en conviens, mais ainsi va-t-elle la vie. Et de dents, l’Esprit n’en a guère besoin, lorsque par une belle mort, il retourne à la maison.C’est ainsi que marine, la plus transcendante vision de l’espèce humaine, depuis des siècles et des siècles, notamment dans la pensée amérindienne et celle des autres authentiques penseurs qui fleurissent de temps à autre en une terre fertile à l’ouverture.

Mais quelles sont ces palabres, qui donc est cet exubérant, qui du haut d’une suffisance qu’il n’a certes pas gagné, tente de diluer ainsi la pensée unique si chère à notre télencéphale ?  Il a dit quoi? Que nous étions Esprits, Esprits entourés d’une malodorante mixture de terre noire et d’eau pas très propre ? Son navire gîte par tribord et va couler comme une pierre, il s’est heurté de plein fouet aux récifs de la fantaisie, ce prosélyte du Verseau. Alors, dans ce cas, ces enfants que nos femmes expulsent à grands cris, ne seraient que des relents de vapeur ésotérique ? Ils sont quoi ces enfants ? Il va le dire ça ?

Que de colère n’est-il pas vrai lorsque d’un coup de mots bien acérés, on déchiquette le savoureux et surtout le très précieux concept de la majesté de l’homme et de son règne bien arrivé sur Terre. Soit, il n’est guère amusant de se faire ainsi ramener à si peu, quasi une cousine de la paramécie. Comment ne pas réagir autrement, il est naturel pour un demi-dieu d’être humilié lorsqu’il est saisi par les cheveux et projeté tout en bas de l’Olympe comme Zeus le fit pour Até.  « J’étais un dieu, me voilà bouseux, si j’écoute ce malandrin, » disent-ils, un coulis de bave à la bouche déformée par un rictus, frisant la hargne..

Que de jérémiades, que de lamentations. Très bien je vais m’incliner et causer comme requis, sur les enfants. C’est d’ailleurs avec une certaine fierté,  dissimulée à aucun jugement de mes pairs, que je m’affiche comme une belle réussite du grand boom des années d’après ces deux grandes guerres.  Vous savez ces combats de collégiens pour lesquels chaque camp remet des médailles pour bien avoir étriper l’autre ? Parlant de camp, c’est bien de cela qu’il s’agit. Un camp de vacances pour Esprit à la recherche de lui-même dans les tourments de la chair. De cela, la Terre est prodigue. Quelle école magnifique ! Et c’est fort bien ainsi. On ne gravit pas l’Everest en consultant la biographie de Sir Hillary, on n’y parvient qu’en soufflant comme un bœuf, bonbonne aux lèvres, bleu comme un glacier et sans doute bleu tout simple au sommet, dont on ne reviendra sans doute jamais.  Elle ne fait guère de cadeau la vie et c’est fort bien ainsi. 

C’est par le merveilleux apprentissage des cors aux pieds, de l’arthrite rhumatismale, du cancer de la peau et de l’autre qui rend cocu, sans parler des emplois perdus, qu’on évolue. Si moi, Esprit, j’avais préféré la plénitude absolue de l’infini, dans un ailleurs indéfini, tout pépère et guilleret, j’y serais demeuré, je ne serais pas descendu avec mes gros sabots incarnés, me coincer dans des entrailles obscures pour me faire éjecter comme un malpropre, après quoi, une neuvaine?

J’ai bien voulu moi, me ratatiner dans la chair et goûter tant au fiel qu’au miel. C’est ma décision, pas la tienne maman de mon cœur ! C’est très sympa d’avoir utilisé toutes les ressources de ton cerveau limbique pour m’entourer de langes et de caresses et crois-le, j’apprécie, je ne suis pas un Esprit boudeur, mais, que tout soit bien limpide ici : c’est moi le patron ! Tôt ou tard tu verras bien. Garçon ou fille d’ailleurs. Cette histoire de sexe n’est qu’un prétexte à faire des textes pleins d’épithètes et de ce temps-çi, pour des miettes. Faut pas me la faire hein ! Je sais très bien que c’est pas la fête dans ce patelin. Pas un jour sans une tuile.  Et il y en aura pour chacun, les hères et les huiles.

Vivre ici pour un Esprit, c’est comme se coltiner en aveugle sur une poutre mal assurée de largeur inégale, au-dessus d’un trou béant puant le chaos. Et c’est fort bien ainsi. De cette manière, je deviens expert en la matière. Et par cette matière, je deviens expert en la manière. En fait, je suis un héros, un vrai. Chaque éveil dans ce miasme du quotidien, est une gigantesque montagne brumeuse que je gravis au péril du peu de bonheur qu’on veut bien m’accorder. Je prends des coups, je donne des coups et le couchant venu, je peux me panser, penser et en bout de nuit, rêver un peu à la Maison. 

Diantre, je vous bouscule ? Vous le sentez bien dans les reins, c’est cela ? Alors oui, je vous pousse hors des ornières de la tradition ancestrale voulant que chair, sang, os et peau sont l’aboutissement suprême de la condition humaine. D’une ruade, je vous pousse encore et vous chasse des ornières de cette autre tradition, plus éloquente et bien soutenue, voulant que cette petite flamme fragile qui scintille dans votre cœur, est préservée par l’amour du petit Jésus. Petite langue de feu sur laquelle il saura bien souffler dessus, presque méchamment, si péché après péché, vous ne calmez  point vos ardeurs !

Vous ne tarissez pas d’imprécations à mon endroit alors qu’au fond, bien au fond, mes propos sont un écho de ce qui se meut gracieusement au fond, mais bien au fond, de votre pensée. Mais prêtez l’oreille à vos propres réponses, grands dieux, vous n’êtes pas si gourds, cette voix si calme et si juste, qui telle Orphée se fait entendre dans votre enfer, n’est que l’arcane du paraclet qu’est votre véritable essence. 
Alors quelles étranges questions ! Où va l’espèce, que sera son règne, que deviendrons-nous ?  L’espèce, elle évolue, son règne dépend des enfants qui suivront et nous deviendrons ce que nous choisirons, alors des mômes, faites-en que diable. Toi mâle bien dressé, va dans l’alcôve où elle se love, et dessine sur son corps qui frémit, les images du désir et comme l’alchimiste qui pilonne le creuset, transformez tous deux le plomb de vos chairs incendiées et voyez jaillir l’or des cieux. Un autre petit Esprit en sera très content !

C’est ainsi qu’on peuple un Jardin. Ce n’est pas en beuglant, en écumant de rage ou de peine, en niant la vie comme la mort, en s’arrachant les neurones pour être bien certain de ne rien piger, qu’on entend le chant des anges. Mais oui, mais oui, le chant des anges, j’ai bien dis le chant des anges, cessez donc de rameuter le personnel de l’Union des Rationalistes chaque fois qu’on ose lever les yeux sur autre chose qu’une saleté d’éprouvette, comme si un peu de poésie en science était une infamie.  D’accord, vous l’aurez voulu ! On va causer ensemble sur le chant des anges. 

C’est toute une musique, dit la chanson et celle des anges est toute une chanson. Je subodore un questionnement ici. Il préfère les ailés, les lumineux ou les terrifiants avec un glaive de flammes?Ah cynisme quand tu les tiens. Bon je serai magnanime et répondrai à vos collégiennes suspicions. Le chant des anges est dans le vent, il se meut dans le clapotis des vagues, il pétille dans le feu, il gémit dans l’acte, il soupire après, il est dans le rire du petit et s’alimente de cette lueur fabuleuse qui illumine ses mirettes.

Le chant des anges est dans le calme, l’abandon, il est très zen le chant des anges, il n’a pas de drapeau, pas de frontières, il n’est pas plus femme et féministe, qu’homme et gommé de machisme. Le chant des anges n’est pas un miracle, c’est une fuite dans l’éther, c’est le roucoulement du chat, le pépiement de l’oiseau mais aussi le son du café qui s’installe bien au chaud au fond d’une  tasse, c’est la porte du métro qui s’ouvre, celle du bureau qui se ferme, c’est encore le retour du rire du petit, face au vôtre et il est aussi dans le dernier souffle d’un Esprit, qui  malgré les larmes des autres, se rue avec joie, enfin, de retour lui aussi, à la Maison. 

Tout ce qui n’est pas un chant des anges n’est qu’un chahut grossier et vulgaire que nos sens ont à subir, par les mots tragiques qu’on lit ou qu’on entend, par les gestes pleutres des glauques de la rue. Et dire qu’on les paie grassement pour être si moyens et si petits, ces revendeurs de tumultes. Ils sont partout, ils ont un seau bien remplie de fèces et autres déjections émanant une odeur pugnace qu’ils répandent, avec grande précision, sur la poutre branlante qui surplombe leur petit monde. C’est eux qui puent le chaos.

Apparemment, la chose publique doit les écouter, les lire et leur obéir, car ils sont les maîtres du désespoir, oui ils sont ces professeurs du désespoir, désespérance qu’ils alimentent comme un prédateur en mal de proies. Ils sont en charge du malheur et le cultivent dans l’obscurité, comme l’ergot du seigle et houspillant, tarabustant le fort, le faible, l’échaudé, le prudent comme le méfiant, ils distribuent à prix fort les denrées de leurs boutiques infernales et que nous, fascinés par cette peste, Dieu sait pourquoi, nous achetons frénétiquement, avec en signe de gratitude, un curieux sourire un peu niais. 

Alors là, oui je m’inquiète un peu pour l’espèce. Mais ce grand singe velu qu’est le Sapiens finira bien ses jours comme tous les autres pithèques non ? Sous peu, ne verrons-nous pas l’homo noeticus jaillir des entrailles de nos femmes, comme autant de petits espoirs régénérant par leur esprit, leur vieille âme, cette pauvre Gaïa souffrante et mourante ? 

Allez, faites d’autres Esprits entourés de chair, par centaines et par milliers et lorsqu’Ils jailliront à la lumière, prenez bien soin de ne jamais oublier cette suave odeur qui s’échappe de leur premier halètement, tout juste avant leur cri du cœur ! C’est le parfum de l’Âme qui s'exhale. 

Jean Casault 
St-Rédempteur
7 juillet 2009