LE RÉCIT FABULEUX DE MADELEINE ET LES "DRILLEURS"
UNE ENQUETE SPECTRALE DE CASAULT
1997. Toute la famille y est ! Madeleine, son frère, les sœurs, les autres frères et les parents. Dans le grand chalet, le feu du poêle crépite et on frissonne à  l'idée d'avoir passé une longue journée de ski de fond au froid. Les conversations vont bon train et comme c'est souvent le cas en famille, on évoque des souvenirs. Roger, le frère de Madeleine, repasse dans sa tête les endroits où toute la famille a vécu et Dieu sait s'il y en a eu des déménagements de toutes sortes. On rit, on s'amuse et pendant ce temps, Madeleine et ses sœurs s'activent dans la cuisine en écoutant distraitement les réparties comiques de l'un et de l'autre.
Roger change un peu de ton et de conversation en ramenant à la surface, l'époque où ils vivaient sur la rue Beechwood à Vanier, en Ontario, tout juste en face de la portion québécoise de l’Outaouais. « Moi ce qui m 'achale quand je repense à cette maison-là, c 'est le maudit rêve pas possible que j’ai fait là. Pis on rit pas, j'avais 10 ans bon yeu, pis je décroche pas, ça me revient  souvent. »
Madeleine tend l'oreille. Ce n'est pas souvent qu'elle entend parler son frère de la sorte, il n'est pas du genre à raconter ses rêves. Elle est curieuse et s’approche pour entendre la suite. « Je me suis réveillé dans la nuit parce que du monde drillait   ça se peux-tu ? Là, je regarde dehors, pis ces 3 ou 4 gars tout en blanc, ils sont là en train de driller quand d'un coup… »
« ...Roger ? »
C'est Madeleine qui vient de surgir dans le salon, un couteau à éplucher dans les mains. Elle regarde son frère le plus sérieusement du monde, s'assis sur un tabouret et lui dit aussitôt. « Roger, tu vas me dire que d'un coup, ils se sont retournés pour regarder dans la même direction. »
Roger ne parle plus, il devient blanc comme un linge, repose son verre et ne comprend pas. Comment se fait-il que sa sœur aînée puisse savoir ce qui s'est passé dans son rêve, son rêve à lui, qu'il n'arrive pas à oublier presque vingt ans plus tard et qu'il raconte pour la première fois à la famille.
Madeleine lui explique alors : « Roger, ce n'est pas un rêve que tu as fait, Ghislaine (leur sœur) et moi étions dans notre chambre cette nuit-là et nous aussi on s'est fait réveiller par un bruit de jack hammer  et il y avait des hommes dehors, tout en blanc, de la tête aux pieds, ils étaient cinq. Ghislaine pleurait, elle voulait rien savoir. » Roger n'est pas certain s'il veut entendre la suite. Cela ne lui plaît pas du tout, un malaise s’installe et c’est d’un ton frustré et agressif qu’il discarte l’explication de Madeleine et met un terme à l’histoire, en changeant de sujet.
Cette petite réunion de famille, très révélatrice pour Madeleine, s'achèvera avec un énorme point d'interrogation. C’est l'aboutissement d'un questionnement vieux de vingt ans. Il y avait donc un troisième témoin ! continuera-t-elle de penser, malgré les objections de son frère. Mais qui étaient ces hommes en blanc ? D'autres épisodes dans l'adolescence de Madeleine sont extrêmement troublants mais elle commence à s'inquiéter sérieusement des propos de sa propre fille de 8 ans, Julie.
Le coordonnateur des enquêtes du CEIPI, Richard Guilbeault et Denis Marquis rencontrent Madeleine. Les discussions vont bon train. Il est décidé que Julie sa fille, ne subira pas de sessions d’hypnose. « J'ai trop peur »  dira Madeleine,
Toutefois, après avoir entendu l’histoire du chalet et du rêve présumé de son frère, il est décidé que je pourrais procéder à une régression avec Madeleine et explorer l'épisode des hommes en blanc. À ce moment, j’ignore tout de l'histoire, mais accepte de recevoir Madeleine et Roger. Voici ce qui en est ressorti.
Madeleine et Roger sont assis avec moi, en présence d'Hélène  ma femme dont la formation professionnelle d’analyste lui donne cette capacité d’intégrer froidement toutes données avec une rigueur déconcertante, faisant d’elle un critique extrêmement apprécié. Richard Guilbeault est également présent. Madeleine m'explique alors qu'elle veut comprendre ce premier épisode au cours duquel elle a été réveillée par des sons de marteau-piqueur. J'apprends alors ce qui s'est passé durant la rencontre familiale après l’excursion de ski de fond. Roger écoute tout ce qui se dit mais il est plus distant, il se cale dans son fauteuil et ne parle pas. Il donne l’impression d’avoir été forcé de se déplacer ici et préférerait être à des années-lumières de ce bureau. Interrogé sur ce point, il répond un peu trop rapidement « Moi je dis que c'est un rêve, ça peut pas être autre chose. » Par contre, il est incapable d'expliquer comment il est possible que ses deux sœurs aient vécu le même rêve, la même nuit !
Certains chercheurs vont alors proposer le transfert inconscient de données. Cela signifie que Roger, plus jeune, aurait raconté son rêve à ses sœurs, qui l'auraient oublié pour ensuite le rapatrier dans leurs propres souvenirs, comme un événement vécu. Sur ce point, Roger admet n’avoir aucun souvenir d’en avoir parlé avant cette rencontre au Chalet mais il ne peut le jurer. Ce phénomène, qui à la rigueur peut expliquer comment un rêve paraît être plus tard une réalité est la cryptomnésie. Mais ici, cela ne s’applique aucunement puisque Roger, Ghislaine et Madeleine auraient tous fait le même rêve. Cela est impossible. Quant à l’idée qu’un rêve raconté puisse à la longue, devenir une réalité, elle ne tient pas la route. Ce genre de situation a même été proposé pour expliquer vainement le cas de Betty et Bamey Hill. Dans le cas de Madeleine, Ghislaine et Roger, cela est impossible également compte tenu du transfert identique de données à deux personnes et non une seule. Déjà que ce transfert inconscient de données est très hypothétique, les spécialistes s’entendent à dire qu’il faudrait un contexte émotionnel très puissant et surtout maintes fois renouvelé, pour qu’un rêve raconté devienne une réalité pour deux personnes. Ce contexte et ces circonstances n’ont jamais existés et sur ce point, Roger reconnaît finalement que ce rêve n’a été raconté qu’une seule fois, au chalet.
Madeleine aura vécu trois épisodes importants.
1. Les hommes en blanc qui font du marteau-piqueur en pleine nuit, sur une rue peu achalandée du centre-ville de Vanier en Ontario.
2. Une gigantesque lumière en plein bois alors que Madeleine, âgée de 14 ans, dort dans une cabane dans les arbres.
3. Un mystérieux objet qui se pose sur la voiture d'un ami causant une panique folle chez ce dernier et un calme profond chez elle.
Voici donc la retranscription exacte de l'hypno-analyse pratiquée le 18 janvier 1997, dans nos bureaux du CEIPI à Hull.
Dans ce premier épisode, Madeleine n'a que très peu de souvenirs : cinq hommes en blanc, qu'elle n'arrive pas à décrire, travaillent avec un marteau-piqueur et soudainement pointent leur regard dans la même direction. Puis, un des hommes se retourne et la regarde. Elle ne voit pas son visage. C'est alors qu'une auto passe, les hommes disparaissent mais la lumière vive qui les entoure demeure. C'est tout. Rencontre spectrale ?
CASAULT: Tu dors dans ta chambre avec Ghislaine, tu as douze ans, tu demeures sur la rue Beechwood à Vanier, c'est alors qu'un bruit te réveille. Quel est ce bruit Madeleine ?
MADELEINE : Y a quelqu'un qui drille dehors !
CASAULT: Qui drille ? Qu'est-ce que tu veux dire par-là  ?
MADELEINE: Ben... avec un jack hammer. Je veux  aller voir.
CASAULT: Qu'est-ce que tu fais pour aller voir ?
MADELEINE: Je vais à la fenêtre.
CASAULT: As-tu peur ?
MADELEINE: Non, je suis curieuse.
CASAULT: La fenêtre est-elle ouverte ou fermée ?
MADELEINE: Elle est ouverte, c'est l'été, il fait chaud.
CASAULT: Qu'est-ce que tu vois ?
MADELEINE: Il y a des hommes, ils ont... ils ont un chapeau, un drôle de
chapeau...
CASAULT: Pourquoi dis-tu un drôle de chapeau ?
MADELEINE: Parce que c 'est pas comme un chapeau de construction...
CASAULT: C'est pas des gars de construction ?
MADELEINE: Non, ils sont différents. Ils ont... je ne sais pas... c'est bizarre. Je ne peux pas dire, ils ont quelque chose qui clique pas...
CASAULT: Ce sont des enfants ou des adultes ?
MADELEINE: Des hommes, ce sont des hommes, mais j'ai de la misère à voir...
Je renforce alors sa mémoire, en lui faisant geler l'image. Son inconscient a enregistré des
images oubliées et cette technique permet de les ramener à la surface.
MADELEINE: Ce sont leurs yeux...
CASAULT: Qu'est-ce qu'ils ont leurs yeux?
MADELEINE: Ils sont renfoncés...
CASAULT: Dis-moi Madeleine, ces hommes-là, ils sont proches ou loin de la fenêtre ?
MADELEINE: Ils sont proches, à une dizaine de pieds.
CASAULT: Alors tu les vois bien ?
MADELEINE: Oui mais ils sont de côté, je ne les vois pas de face.
CASAULT: De quelle couleur sont leurs vêtements ?
MADELEINE: Oh, c 'est blanc, tout est blanc, leurs mains sont blanches...
CASAULT: Vois-tu leurs pieds ?
MADELEINE: Non...
CASAULT : Est-ce qu'ils ont des bottes ?
(J'essaie intentionnellement de tromper Madeleine en la ramenant à la possible explication des travailleurs de la construction.)
MADELEINE: Non je ne vois pas leurs pieds, il y a trop de lumière, ils ont des jambes mais...
CASAULT: D'où vient cette lumière…d'en haut ? ( Je dirige le sujet une fois de plus intentionnellement pour vérifier sa résistance aux suggestions imposées. C'est une pratique courante dans la mesure ou l'opérateur l'indique clairement, comme c'est le cas actuellement. )
MADELEINE: Non elle ne vient pas de nulle part, c'est d'eux autres qu'elle vient... celui qui drille...
CASAULT: II drille avec quoi ?
MADELEINE: Un jack hammer ?
CASAULT: Tu as déjà vu un jack hammer?
MADELEINE: Oui.
CASAULT: Et c'est la même chose...
MADELEINE: Non, c'est pas pareil, ça fait le même bruit mais, il est plus long, plus pointu et plus gros.
CASAULT : Quelle couleur a-t-il ?
MADELEINE: Blanc comme tout le reste...
CASAULT : Alors tout est blanc ?
M. Oui, sauf les yeux...
CASAULT : Qu'ont-ils les yeux ?
MADELEINE: Ils sont noirs... renfoncés, je ne sais pas... ils regardent la même affaire, ils pointent...
CASAULT : Combien sont-ils ? Compte-les!
MADELEINE: Ils sont cinq. (Elle compte et ses yeux indiquent un REM (rapid eye mouvement.}
CASAULT : Ils sont tous de la même grandeur ?
MADELEINE: Non, celui qui drille est plus petit que les autres.
CASAULT : Est-ce qu'il y a un chef là -dedans?
MADELEINE: Y'en a un qui pointe vers en avant, vers le haut... (Madeleine revient d'elle-même au point précis où elle était rendue au moment où je l'ai interrompu. Elle ignore ma question.)
CASAULT : Qu'est-ce qu'il y a  ?
MADELEINE: Je ne sais pas.. Y'en a un qui me regarde.
CASAULT : As-tu peur ?
MADELEINE: Oui. (Elle se crispe légèrement.)
CASAULT : Et Ghislaine ?
MADELEINE: Oh, Ghislaine elle a peur, elle pleure, elle est retournée dans son lit dès qu'elle a vu les hommes. Elle ne veut pas revenir à la fenêtre mais moi je veux qu 'elle reste avec moi. Celui qui me regarde, y'é pas comme les autres.
CASAULT : Qu'a-t-il de différent ?
MADELEINE: Son visage... son visage est différent, ses yeux sont différents, sont pas renfoncés comme les autres, ils brillent, on dirait qu 'il y a une lueur dedans... il veut venir me chercher... y'en a un qui met sa main sur son épaule et dit que non. Ghislaine est avec moi... y'a une auto qui va passer et Ghislaine me dit : Regarde, avec l'auto ils vont s'en aller...
CASAULT : Ils sont dans le milieu de la rue?
MADELEINE: Non, ils sont justes à côté de la maison. Ils sont partis.
CASAULT : Je ne comprends pas !
MADELEINE: Quand l'auto a passé, ils ont disparus, c'est fini... je ne les vois plus.
CASAULT : Est-ce qu'ils sont revenus plus tard ?
MADELEINE: J'entends encore le bruit, ils sont là mais, je ne les vois plus.
CASAULT : Le même bruit ?
MADELEINE: Oui la drille... Ghislaine est allée se recoucher... elle a peur encore...
Je fais avancer Madeleine dans le temps, quelques minutes. En pré-entrevue elle affirmait être simplement aller se recoucher, sans plus.
MADELEINE: II me regarde... il est assis sur le bord de la fenêtre...
CASAULT : Qui est assis sur le bord de la fenêtre ?
MADELEINE: Lui...
CASAULT : Reviens en arrière Madeleine, reviens au moment où l'un des hommes te regardait directement.
MADELEINE: (Après quelques secondes) il me regarde, il veut venir me chercher et l'autre dit non.
CASAULT: II a parlé?
MADELEINE: Non, mais je sais qu 'il veut venir me chercher, mais l'autre ne veut pas, il met la main sur son épaule et l'auto passe.. :
CASAULT: Ils n'ont jamais parlé ?
MADELEINE: Non. Je ne les entends pas mais je sais qu 'ils se parlent.
CASAULT: Sont-ils revenus ?
(En théorie, Madeleine devrait revenir par elle-même à l'épisode de l'homme assis sur la fenêtre. J'attends simplement qu'elle le dise à nouveau sans que j'aie à lui rappeler ce détail. )
MADELEINE: Ils sont là, j'ai une couverte sur la tête, mais ils sont là, il est assis sur la fenêtre...
CASAULT: Qu'est-ce qu'il fait là ?
MADELEINE: il veut venir me chercher.
CASAULT: Tu le vois bien ?
MADELEINE: Non, j'ai les yeux fermés ben tight, Ghislaine dort, elle ne veut pas se réveiller.
CASAULT: As-tu peur ?
MADELEINE: Un peu, je sais qu 'il est là, il est juste à côté de moi...
Figure 1
CASAULT: Est-ce qu'il te touche ?
MADELEINE: Non...
CASAULT: II te parle ?
MADELEINE: Non… il faut que j'oublie...
CASAULT: Pourquoi ?
MADELEINE: II faut que j'oublie...
CASAULT: Qui a dit ça ?
MADELEINE: Il le faut, faut que j 'oublie... il faut que j'oublie tout ça. (Longue pause) Il est parti, là. Il n 'est plus là. Il est parti...
CASAULT: Et le bruit ?
MADELEINE: C'est fini...
Pour Madeleine, le moment le plus poignant fut lorsqu'un des hommes l'a regardé directement. Elle a tenté de le dessiner mais peine perdue, Madeleine n'a pas ce talent en elle. Nous avons donc passé au crible toutes les illustrations possibles et inimaginables dans nos filières. C'est avec conviction, et pointant du doigt fermement cette image, que Madeleine a déterminé qu'il s'agissait là de son homme en blanc, en peinture. Assez curieusement, il s'agit d'une image considérée par Whitley Strieber comme étant la seule photographie authentique jamais produite.
Ean admettant que ces « ouvriers » n’étaient pas humains il estr évidenmt qu’ils n’étaient pas viosibles pour tous ce qui fait de ce dossier une affaire spectrale. ( Exctrait du livre
Code 966
LE RÉCIT FABULEUX DE MADELEINE ET DES "DRILLEURS"

UNE ENQUETE SPECTRALE DE CASAULT

argaiv1942

 

Toute la famille y est ! Madeleine, son frère, les sœurs, les autres frères et les parents. Dans le grand chalet, le feu du poêle crépite et on frissonne à  l'idée d'avoir passé une longue journée de ski de fond au froid. Les conversations vont bon train et comme c'est souvent le cas en famille, on évoque des souvenirs. Roger, le frère de Madeleine, repasse dans sa tête les endroits où toute la famille a vécu et Dieu sait s'il y en a eu des déménagements de toutes sortes. On rit, on s'amuse et pendant ce temps, Madeleine et ses sœurs s'activent dans la cuisine en écoutant distraitement les réparties comiques de l'un et de l'autre. 

 Roger change un peu de ton et de conversation en ramenant à la surface, l'époque où ils vivaient sur la rue Beechwood à Vanier, en Ontario, tout juste en face de la portion québécoise de l’Outaouais. « Moi ce qui m 'achale quand je repense à cette maison-là, c 'est le maudit rêve pas possible que j’ai fait là. Pis on rit pas, j'avais 10 ans bon yeu, pis je décroche pas, ça me revient  souvent. »   Madeleine tend l'oreille. Ce n'est pas souvent qu'elle entend parler son frère de la sorte, il n'est pas du genre à raconter ses rêves. Elle est curieuse et s’approche pour entendre la suite.

« Je me suis réveillé dans la nuit parce que du monde drillait  ça se peux-tu ? Là, je regarde dehors, pis ces 3 ou 4 gars tout en blanc, ils sont là en train de driller quand d'un coup… »    « ...Roger ? »   C'est Madeleine qui vient de surgir dans le salon, un couteau à éplucher dans les mains. Elle regarde son frère le plus sérieusement du monde, s'assis sur un tabouret et lui dit aussitôt. « Roger, tu vas me dire que d'un coup, ils se sont retournés pour regarder dans la même direction. »   Roger ne parle plus, il devient blanc comme un linge, repose son verre et ne comprend pas. Comment se fait-il que sa sœur aînée puisse savoir ce qui s'est passé dans son rêve, son rêve à lui, qu'il n'arrive pas à oublier presque vingt ans plus tard et qu'il raconte pour la première fois à la famille.

 Madeleine lui explique alors : « Roger, ce n'est pas un rêve que tu as fait, Ghislaine (leur sœur) et moi étions dans notre chambre cette nuit-là et nous aussi on s'est fait réveiller par un bruit de jack hammer  et il y avait des hommes dehors, tout en blanc, de la tête aux pieds, ils étaient cinq. Ghislaine pleurait, elle voulait rien savoir. »

Roger n'est pas certain s'il veut entendre la suite. Cela ne lui plaît pas du tout, un malaise s’installe et c’est d’un ton frustré et agressif qu’il discarte l’explication de Madeleine et met un terme à l’histoire, en changeant de sujet.   Cette petite réunion de famille, très révélatrice pour Madeleine, s'achèvera avec un énorme point d'interrogation. C’est l'aboutissement d'un questionnement vieux de vingt ans. Il y avait donc un troisième témoin ! continuera-t-elle de penser, malgré les objections de son frère. Mais qui étaient ces hommes en blanc ? 

Le coordonnateur des enquêtes du CEIPI que je dirigeais à l'époque, Richard Guilbeault et Denis Marquis rencontrent Madeleine. Les discussions vont bon train. Après avoir entendu l’histoire du chalet et du rêve présumé de son frère, il est décidé que je pourrais procéder à une régression hypnotique avec Madeleine et explorer l'épisode des hommes en blanc. À ce moment, j’ignore tout de l'histoire, mais accepte de recevoir Madeleine et Roger chez-moi. Voici ce qui en est ressorti. 

 Madeleine et Roger sont assis avec moi, en présence d'Hélène  ma femme dont la formation professionnelle d’analyste lui donne cette capacité d’intégrer froidement toutes données avec une rigueur déconcertante, faisant d’elle un critique extrêmement apprécié. Richard Guilbeault est également présent. Madeleine m'explique alors qu'elle veut comprendre ce premier épisode au cours duquel elle a été réveillée par des sons de marteau-piqueur. J'apprends alors ce qui s'est passé durant la rencontre familiale après l’excursion de ski de fond. Roger écoute tout ce qui se dit mais il est plus distant, il se cale dans son fauteuil et ne parle pas.

Il donne l’impression d’avoir été forcé de se déplacer ici et préférerait être à des années-lumières de ce bureau. Interrogé sur ce point, il répond un peu trop rapidement « Moi je dis que c'est un rêve, ça peut pas être autre chose. » Par contre, il est incapable d'expliquer comment il est possible que ses deux sœurs aient vécu le même rêve, la même nuit !   Certains chercheurs vont alors proposer le transfert inconscient de données. Cela signifie que Roger, plus jeune, aurait raconté son rêve à ses sœurs, qui l'auraient oublié pour ensuite le rapatrier dans leurs propres souvenirs, comme un événement vécu. Sur ce point, Roger admet n’avoir aucun souvenir d’en avoir parlé avant cette rencontre au Chalet mais il ne peut le jurer.

Ce phénomène, qui à la rigueur peut expliquer comment un rêve paraît être plus tard une réalité est la cryptomnésie. Mais ici, cela ne s’applique aucunement puisque Roger, Ghislaine et Madeleine auraient tous fait le même rêve. Cela est impossible. Quant à l’idée qu’un rêve raconté puisse à la longue, devenir une réalité, elle ne tient pas la route. Ce genre de situation a même été proposé pour expliquer vainement le cas de Betty et Bamey Hill. Dans le cas de Madeleine, Ghislaine et Roger, cela est impossible également compte tenu du transfert identique de données à deux personnes et non une seule.

Déjà que ce transfert inconscient de données est très hypothétique, les spécialistes s’entendent à dire qu’il faudrait un contexte émotionnel très puissant et surtout maintes fois renouvelé, pour qu’un rêve raconté devienne une réalité pour deux personnes. Ce contexte et ces circonstances n’ont jamais existés et sur ce point, Roger reconnaît finalement que ce rêve n’a été raconté qu’une seule fois, au chalet.    Madeleine aura vécu trois épisodes importants.

   1. Les hommes en blanc qui font du marteau-piqueur en pleine nuit, sur une rue peu achalandée du centre-ville de Vanier en Ontario.   2. Une gigantesque lumière en plein bois alors que Madeleine, âgée de 14 ans, dort dans une cabane dans les arbres.   3. Un mystérieux objet qui se pose sur la voiture d'un ami causant une panique folle chez ce dernier et un calme profond chez elle. Dans cet article nous allons nous concentrer sur la première affaire.

 Voici donc la retranscription exacte de l'hypno-analyse pratiquée le 18 janvier 1997, dans nos bureaux du CEIPI à Hull.   Dans ce premier épisode, Madeleine n'a que très peu de souvenirs : cinq hommes en blanc, qu'elle n'arrive pas à décrire, travaillent avec un marteau-piqueur et soudainement pointent leur regard dans la même direction. Puis, un des hommes se retourne et la regarde. Elle ne voit pas son visage. C'est alors qu'une auto passe, les hommes disparaissent mais la lumière vive qui les entoure demeure. C'est tout. Rencontre spectrale ? Voyons voir ce que nous révèle la séance d'hypnose.

CASAULT: Tu dors dans ta chambre avec Ghislaine, tu as douze ans, tu demeures sur la rue Beechwood à Vanier, c'est alors qu'un bruit te réveille. Quel est ce bruit Madeleine ?MADELEINE : Y a quelqu'un qui drille dehors !

CASAULT: Qui drille ? Qu'est-ce que tu veux dire par-là  ?

MADELEINE: Ben... avec un jack hammer. Je veux  aller voir.

CASAULT: Qu'est-ce que tu fais pour aller voir ?

MADELEINE: Je vais à la fenêtre.

CASAULT: As-tu peur ?

MADELEINE: Non, je suis curieuse.

CASAULT: La fenêtre est-elle ouverte ou fermée ?

MADELEINE: Elle est ouverte, c'est l'été, il fait chaud.

CASAULT: Qu'est-ce que tu vois ?

MADELEINE: Il y a des hommes, ils ont... ils ont un chapeau, un drôle dechapeau...

CASAULT: Pourquoi dis-tu un drôle de chapeau ?

 MADELEINE: Parce que c 'est pas comme un chapeau de construction...

CASAULT: C'est pas des gars de construction ?

MADELEINE: Non, ils sont différents. Ils ont... je ne sais pas... c'est bizarre. Je ne peux pas dire, ils ont quelque chose qui clique pas...

CASAULT: Ce sont des enfants ou des adultes ?

MADELEINE: Des hommes, ce sont des hommes, mais j'ai de la misère à voir...Je renforce alors sa mémoire, en lui faisant geler l'image. Son inconscient a enregistré desimages oubliées et cette technique permet de les ramener à la surface.

MADELEINE: Ce sont leurs yeux...

CASAULT: Qu'est-ce qu'ils ont leurs yeux?

MADELEINE: Ils sont renfoncés...

CASAULT: Dis-moi Madeleine, ces hommes-là, ils sont proches ou loin de la fenêtre ?

MADELEINE: Ils sont proches, à une dizaine de pieds.

CASAULT: Alors tu les vois bien ?

MADELEINE: Oui mais ils sont de côté, je ne les vois pas de face.

CASAULT: De quelle couleur sont leurs vêtements ?

MADELEINE: Oh, c 'est blanc, tout est blanc, leurs mains sont blanches...

CASAULT: Vois-tu leurs pieds ?

MADELEINE: Non...

CASAULT : Est-ce qu'ils ont des bottes ?(J'essaie intentionnellement de tromper Madeleine en la ramenant à la possible explication des travailleurs de la construction.)

MADELEINE: Non je ne vois pas leurs pieds, il y a trop de lumière, ils ont des jambes mais...

CASAULT: D'où vient cette lumière…d'en haut ? ( Je dirige le sujet une fois de plus intentionnellement pour vérifier sa résistance aux suggestions imposées. C'est une pratique courante dans la mesure ou l'opérateur l'indique clairement, comme c'est le cas actuellement. )

MADELEINE: Non elle ne vient pas de nulle part, c'est d'eux autres qu'elle vient... celui qui drille...

CASAULT: II drille avec quoi ?

MADELEINE: Un jack hammer ?

 CASAULT: Tu as déjà vu un jack hammer?

MADELEINE: Oui.

CASAULT: Et c'est la même chose...

MADELEINE: Non, c'est pas pareil, ça fait le même bruit mais, il est plus long, plus pointu et plus gros.

CASAULT : Quelle couleur a-t-il ?

MADELEINE: Blanc comme tout le reste...

CASAULT : Alors tout est blanc ?

MADELEINE. Oui, sauf les yeux...

CASAULT : Qu'ont-ils les yeux ?

MADELEINE: Ils sont noirs... renfoncés, je ne sais pas... ils regardent la même affaire, ils pointent...

CASAULT : Combien sont-ils ? Compte-les!

MADELEINE: Ils sont cinq. (Elle compte et ses yeux indiquent un REM (rapid eye mouvement.}

CASAULT : Ils sont tous de la même grandeur ?

MADELEINE: Non, celui qui drille est plus petit que les autres.

CASAULT : Est-ce qu'il y a un chef là -dedans?

MADELEINE: Y'en a un qui pointe vers en avant, vers le haut... (Madeleine revient d'elle-même au point précis où elle était rendue au moment où je l'ai interrompu. Elle ignore ma question.)

CASAULT : Qu'est-ce qu'il y a  ?

MADELEINE: Je ne sais pas.. Y'en a un qui me regarde.

CASAULT : As-tu peur ?

MADELEINE: Oui. (Elle se crispe légèrement.)

CASAULT : Et Ghislaine ?

MADELEINE: Oh, Ghislaine elle a peur, elle pleure, elle est retournée dans son lit dès qu'elle a vu les hommes. Elle ne veut pas revenir à la fenêtre mais moi je veux qu 'elle reste avec moi. Celui qui me regarde, y'é pas comme les autres.

CASAULT : Qu'a-t-il de différent ?

MADELEINE: Son visage... son visage est différent, ses yeux sont différents, sont pas renfoncés comme les autres, ils brillent, on dirait qu 'il y a une lueur dedans... il veut venir me chercher... y'en a un qui met sa main sur son épaule et dit que non. Ghislaine est avec moi... y'a une auto qui va passer et Ghislaine me dit : Regarde, avec l'auto ils vont s'en aller...

CASAULT : Ils sont dans le milieu de la rue?

MADELEINE: Non, ils sont justes à côté de la maison. Ils sont partis.

CASAULT : Je ne comprends pas !

MADELEINE: Quand l'auto a passé, ils ont disparus, c'est fini... je ne les vois plus.

CASAULT : Est-ce qu'ils sont revenus plus tard ?

MADELEINE: J'entends encore le bruit, ils sont là mais, je ne les vois plus.

CASAULT : Le même bruit ?

MADELEINE: Oui la drille... Ghislaine est allée se recoucher... elle a peur encore...

CASAULT (Je fais avancer Madeleine dans le temps, quelques minutes. En pré-entrevue elle affirmait être simplement aller se recoucher, sans plus)

.MADELEINE: II me regarde... il est assis sur le bord de la fenêtre..

.CASAULT : Qui est assis sur le bord de la fenêtre ?

MADELEINE: Lui...

CASAULT : Reviens en arrière Madeleine, reviens au moment où l'un des hommes te regardait directement.

MADELEINE: (Après quelques secondes) il me regarde, il veut venir me chercher et l'autre dit non.

CASAULT: II a parlé?

MADELEINE: Non, mais je sais qu 'il veut venir me chercher, mais l'autre ne veut pas, il met la main sur son épaule et l'auto passe..

CASAULT: Ils n'ont jamais parlé ?

MADELEINE: Non. Je ne les entends pas mais je sais qu 'ils se parlent.

CASAULT: Sont-ils revenus ? (En théorie, Madeleine devrait revenir par elle-même à l'épisode de l'homme assis sur la fenêtre. J'attends simplement qu'elle le dise à nouveau sans que j'aie à lui rappeler ce détail. )

MADELEINE: Ils sont là, j'ai une couverte sur la tête, mais ils sont là, il est assis sur la fenêtre...

CASAULT: Qu'est-ce qu'il fait là ?

MADELEINE: il veut venir me chercher.

CASAULT: Tu le vois bien ?

MADELEINE: Non, j'ai les yeux fermés ben tight, Ghislaine dort, elle ne veut pas se réveiller.

CASAULT: As-tu peur ?

MADELEINE: Un peu, je sais qu 'il est là, il est juste à côté de moi...

CASAULT: Est-ce qu'il te touche ?

MADELEINE: Non...

CASAULT: II te parle ?

MADELEINE: Non… il faut que j'oublie...

CASAULT: Pourquoi ?MADELEINE: II faut que j'oublie...

CASAULT: Qui a dit ça ?

MADELEINE: Il le faut, faut que j 'oublie... il faut que j'oublie tout ça. (Longue pause) Il est parti, là. Il n 'est plus là. Il est parti...

CASAULT: Et le bruit ?

MADELEINE: C'est fini...

Pour Madeleine, le moment le plus poignant fut lorsqu'un des hommes l'a regardé directement. Elle a tenté de le dessiner mais peine perdue, Madeleine n'a pas ce talent en elle. Nous avons donc passé au crible toutes les illustrations possibles et inimaginables dans nos filières. C'est avec conviction, et pointant du doigt fermement cette image ( celle en haut de l'article), que Madeleine a déterminé qu'il s'agissait là de son homme en blanc, en peinture.

Assez curieusement, il s'agit d'une image considérée par Whitley Strieber comme étant la seule photographie authentique jamais produite. En admettant que ces « ouvriers » n’étaient pas humains il est évident qu’ils n’étaient pas visibles pour tous ce qui fait de ce dossier une affaire spectrale.

( Extrait du livre de CASAULT : Certitude ou Fiction)