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La méthode Reiser
Du nom de l’enquêteur principal du L.A.P.D dans les années 80, la méthode Reiser est utile afin d’atteindre deux objectifs. Lorsque le témoin peine à se concentrer mais également lorsque vous avez la solide impression que votre témoin ment effrontément. La mémoire et l’invention ne sollicitent pas les mêmes régions du cerveau. Pour coincer un menteur, il s’agit de mettre les souvenirs de son invention à l’épreuve. Or voilà, c’est une invention, il n’en a donc aucun souvenir à moins qu’il ait utilisé les méthodes d’imprégnation destinées aux agents de renseignements ce qui est peu probable. Voici comment cela fonctionne.
Numérotez les étapes de son récit.
Exemple :
1. Vous étiez à regarder la télévision.
2. Vous vous êtes levé pour aller prendre une boisson gazeuse
3. Près de la fenêtre vous avez vu une lueur à l’extérieur
4. Vous êtes allé voir à la fenêtre.
5. Vous êtes demeuré sur place pendant quelques minutes
6. Vous avez décidé de sortir à l’extérieur et vous êtes dirigé vers la porte arrière
7. Vous avez ouvert la porte et êtes sorti
8. Vous avez fermé la lumière de l’extérieur
9. Vous avez cherché dans le ciel
etc…
Plus vous divisez en étapes son récit, mieux c’est et n’hésitez pas à inclure quelques étapes avant l’observation et quelques étapes après.
Une fois qu’il a terminé, vous avez devant vous un récit de 35 ou 50 étapes. Maintenant, demandez à votre témoin de reprendre son récit… à l’envers.
Sa première réaction va être surprenante et révélatrice. Il prétendra que c’est impossible ou extrêmement ardu ce qui est très vrai quand l’histoire est inventée. Dites lui de rester calme, de se fermer les yeux et de passer de la dernière étape (lisez-lui) et de reculer. La seule façon d’y parvenir est de faire appel à sa mémoire. Théoriquement, la très grande majorité des témoins qui disent vrai vont y parvenir et, comme mentionné dans le précédent paragraphe, cela aura même le mérite de raviver certains souvenirs. Ca risque d’être long et laborieux mais ça marche. À l’inverse, un menteur n’y parvient jamais parce que son mensonge n’existe que dans un sens, celui qu’il a construit, non pas avec son vécu mais avec son imagination. Cela ne va dans le sens contraire, il ne peut pas reconstruire à l’envers une histoire inventée. Il ne peut faire appel à sa mémoire puisque les évènements n’ont pas existé. Il ne tarde pas à s’embrouiller et capitule en affirmant qu’il n’y parvient pas et s’en excuse.  Boucler vos affaires et bonsoir !
Lors de trois occasions, ce stratagème a fait en sorte que le témoin a avoué son canular à l’auteur ( Jean Casault) de ce document. En fait, il s’agissait surtout d’admettre de très larges exagérations plutôt qu’un canular entièrement monté. La méthode a été utilisée parce que l’enquêteur percevait de nombreux signes lui indiquant qu’il avait un fabulateur devant lui! En terminant, il est essentiel d’indiquer dans votre rapport final si le témoin à été testé Reiser et s’il a réussi ou échoué tout en élaborant, particulièrement s’il a échoué. Une fois encore, utilisez votre jugement. Un témoin qui dit vrai peut éprouver quand même des difficultés à raconter son histoire à l’envers, souvent parce qu’il ne se concentre pas suffisamment ou lutte inconsciemment contre le procédé qu’il trouve intimidant, voire humiliant. Il peut croire que vous le mettez à l’épreuve. En réalité, la méthode Reiser ne fait pas que déceler les fabulateurs elle a le mérite comme déjà dit de raviver la mémoire, d’allumer des zones mnémoniques. Prenez cet angle pour inciter le témoin à être testé Reiser et n’allez surtout pas lui dire que c’est pour savoir s’il vous ment en plein visage!
Aspect juridique
Il existe aussi une situation au cours de laquelle vos soupçons concernant l’honnêteté de votre témoin deviennent de plus en plus évidents. Habituellement les canulars sont spectaculaires, et en tant qu’enquêteur, vous êtes exposés au doute et vous craignez de vous faire mener en bateau. Le témoin est nerveux ou agité, les signes synergologiques sont révélateurs et il a échoué le test Reiser. Il est possible qu’à ce point vous ayez tout simplement envie de paqueter vos affaires et disparaître. Mais le dossier est fort, important, candidat à un output massif éventuellement et l’idée de le perdre vous agace.
N’abusez jamais de cette ressource de dernière instance mais dans un cas limite, il vous reste à carrément mettre votre témoin au pied du mur. Ce n’est pas une attitude sympathique ou jovialiste et elle peut mettre brutalement un terme à votre investigation. Il s’agit de rappeler au témoin que des frais sont engagés pour la recherche, incluant votre déplacement, le temps requis pour compléter l’enquête et le temps requis par d’autres pour en faire l’analyse. A cela s’ajoute la réputation et la crédibilité du ou des chercheurs qui éventuellement pourraient publier ou diffuser le résultat de leurs travaux. Bref en cas de canular volontaire, les chercheurs impliqués peuvent se garder le droit de mener des poursuites judiciaires à l’endroit d’un témoin qui - volontairement - a fait en sorte que les chercheurs perdent, temps, argent et crédibilité.
Après des années de tergiversations à se demander si la signature par le témoin d’une sorte d’affidavit serait utile au début de l’entretien, il a été déterminé qu’il valait mieux ne pas procéder de la sorte. Après quelques essais il a été démontré que le témoin qui signe un tel document va se contenter de raconter succinctement son expérience, oblitérera de nombreux éléments qui à ses yeux pourraient ne pas passer et être perçu comme un mensonge et de là comme un canular et de là s’exposer à des poursuites.  De là l’importance de ne pas brandir cet affidavit avant ou pendant l’entretien mais à la fin et uniquement si vous avez des soupçons. Mais encore, c’est une question de jugement c’est vous qui serez sur le terrain face au témoin, pas l’auteur. Donc soupçons ou pas, si à la fin de votre entretien vous ressentez le besoin de lui en parler, ce peut être une bonne idée, au moins de voir sa réaction. À vous de juger!
Retenez toutefois qu’après l’analyse du dossier, l’auteur usion peut requérir l’affidavit puisqu’il aura la responsabilité de le diffuser éventuellement. Ce sera probablement le cas si le dossier est très spectaculaire RR III ou IV qui sont habituellement les dossiers à la fois porteurs de ballons mais également d’excellents candidats aux canulars organisés par une organisation quelconque ou un Chevalier de la Vérité en quête de dénonciations. Parfois la simple idée de pouvoir être poursuivi en justice les font descendre de leur destrier assez rapidement. Dans les faits, cela ne s’est pas produit souvent - à notre connaissance - mais dans certains dossiers, cette mise en garde a eu un effet certain. Deux des témoins, de jeunes étudiants, se sont levés comme frappés par la foudre et ont quitté la pièce. L’enquêteur a compris et a mis un terme à l’entretien. Maintenant si vous sentez le besoin de lui mettre sous le nez une telle mise en garde, soyez diplomate et courtois.
(RAPPEL : Dites NON au piratage. Si vous avez reçu ce document et qu’il est identifié comme la propriété de Jean Casault  nous vous en remercions. Sinon, vous entretenez un système de piratage basé sur le vol pur et simple et n’avez aucune conscience des torts immenses que vous causez.)
AFFIDAVIT
Je, soussigné (e) ………………………………………………………………… (profession ou métier,) …………………………………………… résidant au ………………………………………………… ville de ……………………………………… , province de ……………………………………, déclare solennellement que tous les faits que j’ai rapporté à l’enquêteur ………………………………… suite à l’observation d’un ovni ou toute autre anomalie effectuée le ……………………………………… sont authentiques au meilleur de ma connaissance et de ma mémoire et que d’aucune manière, seul ou avec d’autres, j’ai menti, corrompu les faits, manipulé volontairement la vérité, ou inventer toute cette histoire et cela sans aucune raison précise ou pour des raisons personnelles ou pour attirer l’attention sur ma personne d’une part et/ou d’autre part nuire à la réputation et/ou la crédibilité dudit enquêteur et de toute autre personne associée à la recherche subséquente sur ce dossier.
Tous les faits mentionnés dans mon récit, oral, et/ou verbal, tous les dessins, graphiques ou photos concernant mon observation d’un ovni le …………………………………… sont vrais et authentiques au meilleur de ma connaissance. Je reconnais que si j’affirme ultérieurement avoir menti, que mon ou mes mensonges exposés volontairement par moi-même ou suite à une révélation provenant d’un élément extérieur, je m’expose à des poursuites judiciaires de la part de l’enquêteur et/ou de son représentant pour ses frais de déplacements, les heures perdues par l’enquête et l’analyse subséquente, ainsi que des frais en dommages punitifs exemplaires pour perte de crédibilité et de réputation si je choisissais d’exposer publiquement ma fraude.
En foi de quoi, j'ai signé (e) en présence de l’enquêteur  _____________________________ à ___________________________ ce_____  jour du mois de __________________________ de l’année 201______
Signature du témoin
Signature de l’enquêteur
Il est clair dans ce document que le témoin peut se tromper, commettre des erreurs d’appréciation, il peut avoir dit que l’objet était à 50 pieds et en mesurant vous constatez qu’il était à 150 pieds. Ce n’est pas de cela dont il est question. Il est bien écrit « au meilleur de ma connaissance ». Ce que ce document veut prévenir c’est un mensonge élaboré, songé, préparé, une fraude, un canular organisé et surtout les conséquences que cela peut avoir si éventuellement le témoin veut publiciser le fait que vous avez été bernés !
En revanche, affidavit ou pas, le témoin recevra de votre part cet engagement obligatoire que vous devez copier-coller et ajouter à vos dossiers lors d’une rencontre avec le témoin et lui remettre.
Engagement
Je, soussigné (e) …………………………………………… Aide-enquêteur délégué par le CEO résidant de la Ville de …………………………………… province de ………………………………, m’engage solennellement à ne jamais révéler au public ou à la presse l’identité du témoin …………………………………… sans son consentement écrit. Je reconnais m’exposer à des poursuites juridiques de la part du témoin ou sa succession si je choisissais d’exposer publiquement son identité sans son consentement écrit.
En foi de quoi j’ai signé(e) à ___________________________ ce_____  jour du mois de __________________________ de l’année ______
Les sauveurs du monde
De nombreux chercheurs reconnaissent qu'il y a trois types de témoins. Les témoins dits normaux, les monteurs de canulars et ceux qui souffrent de problèmes psychologiques plus ou moins graves. Ceux-ci sont des gens qui souffrent de désordres cognitifs, de sévères problèmes de personnalité, de délire religieux, etc. Les pathologies mentales sont nombreuses mais rares sont celles qui engendrent de véritables visions ou apparitions comme on l’a déjà vu plus haut. Ils appartiennent en général à l’AXE-1 défini par le DSM-IV de l’Association américaine de psychiatrie. Puisque de toute façon, nous n’avons aucun intérêt pour les témoignages n’ayant aucun incident visuel et faisant état de « voix entendues » entraînant le témoin à sauver le monde, nous avons cherché à déterminer ce qui pouvait entraîner de véritables hallucinations.  Sans revenir sur une longue liste de pathologies, nous pouvons résumer cependant en vous indiquant le trait commun qu’ont ces gens.
La très grande majorité des personnes atteintes de pathologies de ce genre ont la conviction profonde qu’ils sont des Choisis ou des Élus. Il n’existe aucune place dans leur discours pour le doute ou même quelque réserve. Ils sont insistants et tente d’établir un rapport dominant-dominé avec l’enquêteur. ILS ont la réponse, ILS savent ce qu’il en est et ne prêtent AUCUNE attention aux arguments que vous pouvez emmener. Les experts ont également affirmé que la plupart d’entre eux n’ont aucun sens de l’humour ce qu’effectivement nous avons pu constater. Ils sont diablement sérieux et pontifiants, parfois agressifs. Cet aspect est très important. Faites une allusion teintée d’humour sur un seul élément contenu dans leur observation et vous verrez leur réaction. S’ils s’offusquent outre mesure, s’emportent ou traitent votre propos avec mépris, il y a un problème. Contrairement aux véritables témoins qui sont prêt à écouter certaines explications alternatives à leur cas, ceux-ci peuvent même devenir agressifs si vous insistez. Ne poussez pas toutefois pas le bouchon trop loin en vous moquant du témoin. Ça c’est autre chose.
Leur verbe est hautain, parfois arrogant, ils ont une réponse philosophique, spirituelle ou religieuse à tous les problèmes du monde. Ils veulent rencontrer le Premier ministre ou toute autre autorité haut placée pour les informer de ce qui se passe. Ce n’est pas tant le discours qu’ils tiennent qui est révélateur, mais le ton sur lequel il est livré. Nous répétons ce point : ILS savent, ILS sont choisis, pas vous, ILS ont la vérité, etc. Récemment un témoin disant savoir où se trouve une base extraterrestre s’est indigné fortement parce que « l’ufologue que vous êtes » ne semble pas intéressé. Un autre fait parvenir régulièrement à tous les journalistes du Québec une sévère mise en garde provenant de son auguste personne!
Des témoins peuvent tenir un discours flyé et en discuter avec vous, mais ils n’auront pas cette attitude et ce ton et vous verrez alors la différence. Certains témoins authentiques ont en effet une certaine culture ufologique ce qui au demeurant n’est pas un crime, ni même un indice de canular. Ceux-là vont vouloir vous faire part de leur théorie sur ce qu’ils ont vu et vont étaler leur savoir à coups de références livresques ou télévisuelles.
Si vous les confrontez avec d’autres aspects qui mettent leur théories en pièces ou les fragilisent ils seront curieux, attentifs, poseront des questions, bref, ils vont se montrer intéressés alors que les Sauveurs du monde vont cracher dans votre soupe et vous annoncez derechef que vous n’êtes pas prêts à entendre LA vérité… Ces gens souffrent d’une psychose délirante chronique connue sous le nom de mégalomanie. Les ovnis font partie de leur vie également, vous pourriez remplir une vingtaine de formulaires à les entendre. Cela dit, n’allez pas juger trop rapidement celui ou celle qui a de nombreuses observations à son actif. Cet élément est douteux lorsque mit en parallèle avec leur complexe de Sauveur du monde. À l’inverse, vous avez les persécutés.
Les persécutés
Ces derniers peuvent être affligés d’un état paranoïde très intense. Ils sont convaincus que tout ce qui les entoure est une menace. Le chroniqueur sportif Brian Smith de CJOH a été tué par Jeffrey Arenburg en août 1995, un schizophrène convaincu que les médias d’information conspiraient tous contre lui. D’autres sont convaincus que des agents secrets suivent le moindre de leurs déplacements. Tout y passe jusqu’aux extraterrestres, les vampires et les démons évidemment.  Noter que cette peur n’est originaire d’aucun incident réel ou même irréel. Ces gens peuvent être dangereux et nous insisterons sur cet aspect, dans le paragraphe suivant d’autant plus que Arenburg a été libéré en 2009 malgré qu’il soit toujours considéré comme un danger pour la société.
Certaines personnes deviennent paranoïaques à la suite d’une série d’incidents réels ce qui complique les choses mais, de façon générale, on peut les reconnaître facilement. Ils ont le regard fuyant, s’interroge constamment sur une possible surveillance, refuse de parler au téléphone, tienne à vous rencontrer en secret, dans un endroit isolé, ce qui soit dit en passant n’est pas recommandé. Lors de l’entretien, ils sont tendus, nerveux, inquiets et peuvent éclater en sanglots ou vivre des épisodes psychotiques. Soyez  prudents. Mais il existe des cas où le témoin a effectivement été terrorisé et revivre son observation par le récit peut causer également de vives réactions. Rien n’est simple avec l’esprit humain.
C’est une question de jugement, d’expérience et d’intuition. Notez aussi qu’un malade psychiatrique peut aussi être un vrai témoin. Toutefois, nous préférons nous en tenir aux cas classiques d’observations. Il est déjà suffisamment difficile de véhiculer l’information avec des témoins normaux qui ne souffrent d’aucun handicap mental! De plus, les exposer de la sorte risque de leur causer plus de tort que de bien, sous la forme d’une profonde anxiété. Ces gens souffrent d’une psychose délirante paranoïaque. Il existe différents niveaux de gravité.
Ce qu’il y a à retenir de ces deux thématiques c’est qu’un Sauveur du monde ou un Persécuté ne l’est pas qu’au moment de répondre à vos questions concernant ce qu’il affirme avoir observé. Vous devriez le ressentir dès les tous premiers moments de l’entretien en abordant des aspects normaux de son existence. Il en a si peu. Le délire mystique ou autre est un réflexe naturel chez eux et se manifeste rapidement, parfois même dans les premières minutes ce qui vous donnera le goût d’inscrire fruit cake sur le formulaire et disparaître au plus vite. Ne le faites pas. Poursuivez jusqu’à la fin de sorte que vous puissiez être baigné dans son univers, en reconnaître les signes. C’est triste à dire mais cette personne devient votre sujet d’étude et vous en avez besoin. Un ufologue, sans être un thérapeute, doit absolument être en mesure de composer adroitement avec ces personnes, vous y gagnerez énormément en expérience à la fois humaine et ufologique.
Arthur Koestler, auteur controversé d’origine juive, a souvent critiqué la psychanalyse disant que de toutes les sciences, elle est celle qui a le moins évolué. L’ufologie et la psychologie tout comme la psychiatrie ne font pas bon ménage. Ce point de vue a également été rapporté dans Certitude ou Fiction de l’auteur de ces lignes en février 2010 chez Quebecor. Le milieu de la santé mentale ne veut rigoureusement rien entendre du phénomène ovni et encore moins du phénomène des enlèvements. Un témoin qui aborde cette question est aussitôt étiqueté à son corps défendant. Qu’il se compte chanceux de ne pas être interné. Le jargon de ces professions ne manque pas de termes, dans toutes les langues pour simplement dire à voix haute que le type est fou à lier, ou carrément patraque. C’est un jugement sur le banc qui ne donne aucune chance au témoin de recevoir le support dont il a besoin.
Vous n’êtes pas qualifié pour lui apporter l’aide dont il pourrait avoir effectivement besoin si ce dernier fait partie des deux catégories indiquées plus haut. Tout autant il est important pour vous d’apprendre à les reconnaître, tout autant il est humainement indispensable de prêter une oreille à leurs propos. Écoutez-les. Respectez-les. Ils n’ont pas besoin de savoir que leur dossier ne franchira jamais les limites de leur demeure. Cela dit, soyez vigilant.
Les dangers de l’ufologie
Avez-vous reçu récemment un courriel d’un pur étranger vous informant qu’il détient un secret vital pour l’avancée de l’ufologie? Peu probable. Vous n’êtes pas ufologue, vous n’êtes pas connu pour cela et les courriels bizarres que vous recevez vous offre plutôt de rapatrier les millions de dollars d’un Prince africain égaré, ou de bénéficier d’une offre époustouflante pour agrandir votre organe vital! Ici, au bureau de l’auteur par contre, c’est parfois au rythme de trois illuminés par jour que ça entre! Voici pourquoi. L’auteur en est à son X e ouvrage sur le phénomène ovni, il a accordé de nombreuses entrevues sur toutes les plate-formes médiatiques connues au Québec et son adresse courriel ainsi que son site Internet sont largement diffusés. Les témoins authentiques sont en très grande majorité des gens sains d’esprits, honnêtes, intègres et qui cherchent simplement à comprendre ce qu’ils ont vu. Leur observation n’est pas toujours récente et peut même remonter à plusieurs décennies.
Toutefois, la très grande majorité des gens qui souffrent d’une pathologie importante et d’ordre psychologique sont très attirés par l’intangible, le mystérieux, l’étrange et l’ésotérique. C’est comme du miel pour une fourmi. Ils pullulent! Il est plus facile pour eux d’évoluer dans un milieu baignant dans l’ésotérisme et le mystère que d’affronter les réalités du quotidien. Ils ont chacun leur marotte et la diversité ne manque pas : fantômes, voix célestes, ovnis, extraterrestres, contacts avec l’au-delà,  les vampires, Dieu, Jésus, la Vierge, bref tout y passe incluant une très forte tendance à tout avaler en matière de conspiration et de complots, ils ont même leur propre site internet pour s’abriter avec leur maladie. Pour eux Monsanto est Lucifer et L’Abominable Jean Charest est un Gris déguisé en Reptilien.
Ce dernier point complique la donne puisque effectivement il peut y avoir de véritables conspirations au sein d’organismes gouvernementaux, et ceux et celles qui prêtent foi à ces dernières ne souffrent pas nécessairement d’une psychose. Le profond malaise des psychotiques les rendent incapables de composer avec la réalité. Ils puisent alors dans l’Imaginaire collectif une thématique de vie qui correspond à leurs fantasmes. Depuis l’avènement du web, c’est… de la folie. Autrefois, les ufologues étaient rarement confrontés à ces pauvres gens, mais depuis 1995 et surtout depuis la désinsti et la libération de ceux qui ont commis un crime, c’est une véritable épidémie. Tant que vous demeurez sans intérêt pour eux vous êtes à l’abri, mais dès l’instant où vous êtes connu et réputé pour étudier le phénomène ufologique et que votre nom circule moindrement sur les blogs, les forums et l’ensemble des médias, vous devenez alors un attrait pour eux.
L’auteur sait très bien de quoi il parle! En général, ces gens sont inoffensifs et se lassent de vous harceler si vous ne répondez pas à leurs attentes mais ce n’est pas toujours le cas. Pour cette raison, vous devrez donc prendre certaines précautions si vous avez l’intention de vous faire connaître comme enquêteur.
N’utilisez JAMAIS vos coordonnées personnelles. Ne livrez jamais votre adresse civique, utilisez une boîte postale. Ne donnez jamais votre numéro de téléphone de la maison. Votre cellulaire est plus approprié et encore ne le rendez pas public. N’invitez jamais un témoin à votre résidence à moins d’être très bien informé et rassuré sur sa condition. Lorsque vous vous déplacez chez un témoin et que vous êtes seul, prévenez votre entourage et donnez les coordonnées de l’endroit précis où vous avez l’intention de vous rendre. Si aucun autre enquêteur n’est disponible et que vous préférez ne pas être seul, faites-vous accompagner par une personne de votre choix qui pourra à tout le moins servir d’observateur temporaire, mais au moins, vous ne serez pas seul. Si vous êtes une femme vous êtes encore plus à risque évidemment.
L’ufologie peut effectivement ne pas être pour vous si vous songez à reculer après avoir lu tout cela.  Voici la suite !.
Il est fort probable que si vous ne tenez pas compte de ces conseils rien ne vous arrivera, mais il suffit qu’un illuminé plus déterminé et plus agressif que les autres vous ait dans le collimateur pour en payer le prix. Dès qu’il a vos coordonnées personnelles vous êtes foutus! Faites également très attention avec Facebook, surtout au niveau de vos albums photos qui ne doivent jamais contenir d’images pouvant permettre à un étranger de connaître votre lieu de résidence.
En ce qui concerne vos correspondances électroniques c’est une autre affaire. Cette fois vous serez tentés de répondre aux élucubrations de certains. Parce que vous êtes enquêteur vous êtes forcément curieux. Insistez pour que le témoin livre tout son matériel par courriel avant de vous déplacer et avant même de discuter au téléphone. N’acceptez aucun pseudonyme et assurez-vous d’avoir toutes les coordonnées de la personne. S’il refuse, alors méfiez-vous ou ne faites plus rien et oubliez-le. Les courriels de type « hotmail » indiquent souvent que l’interlocuteur n’est pas pressé de s’identifier. Rappelez-vous que la très grande majorité des témoins sont des gens biens, corrects et décents. Ne tombez pas dans la paranoïa vous-même mais préservez votre intimité. Toutefois, il est essentiel que le témoin aussi soit protégé. La procédure à suivre lorsque qu’un dossier d’observation est référé à un enquêteur est d’abord pour l’auteur de permettre au témoin de pouvoir communiquer avec l’enquêteur désigné et de se faire une opinion afin de déterminer s’il accepte ou pas de le rencontrer. En terminant, voici l’essence de quelques extraits de courriels démontrant l’importance de demeurer prudent et méfiant. J’aurais pu utiliser trois pages !
« Vous ne savez pas tout cher monsieur, je suis en contact avec eux moi et je peux vous dire… »
« Pourquoi refusez-vous de venir chez-moi, il y a des ovnis ici presque toutes les semaines… »
« Je ne peux pas vous écrire ce que je sais, c’est trop dangereux, appelez-moi… »
« Vous ne me croyez pas? Vous me prenez pour un fou? Je ne suis pas fou monsieur, je sais très bien ce que je dis et je ne supporterai pas… »
Mot d’ordre : prudence!
Le cynisme
Nous sommes au 21e siècle. L’ufologie traverse une crise existentielle depuis ses débuts. Les témoins et les ufologues ont subit des décennies durant, l’ironie et le cynisme sans riposter. L’auteur croit qu’il est temps de mettre un terme au cynisme. L’ufologie a assez donné ! On dit que l’ironie est la défense des faibles. Qu’est donc le cynisme? Nettement un système de défense typique de gens qui vivent dans l’ignorance et la peur qu’elle engendre devant l’inconnu. Le cynisme s’exprime dans toutes les sphères de l’activité humaine. L’ufologue qui s’exprime en public est une proie facile quand on considère que les gens que l’on pourrait croire à l’abri sont également touchés.
Céline Dion a été interrogée par Larry King sur ses sentiments face aux désastres cumulés par le passage de deux ouragans dont Katrina en Nouvelle-Orléans. Céline Dion est une chanteuse internationale de haut niveau et certes pas une spécialiste des méthodes de sauvetage. Or voilà qu’elle implore en larmes qu’on fasse quelque chose et qu’importe les raisons, les excuses et les délais, « faites quelque chose ». C’est alors qu’elle a lâché cette petite phrase : « Take a kayak! ».
Les petits esprits pas très aiguisés et guidés par le cynisme n’ont retenu que cette phrase et encore aujourd’hui on s’amuse à rappeler avec un sourire niais, cette petite incartade irrationnelle, occultant la profondeur émotionnelle parfaitement justifiée d’un tel cri du cœur. Mais surtout, occultant le fait que le cynisme, s’il était justifié aurait alors du se concentrer sur l’inefficacité navrante des pseudo-experts en place qui par leur incompétence et leur immobilisme ont causé beaucoup plus de tort que le kayak de Céline Dion. En tant qu’enquêteur, et particulièrement si vous faites des déclarations publiques, vous serez descendu en flammes et attendez-vous à cela, particulièrement si vous n’êtes pas fermement bien campé sur vos deux jambes, solide comme un chêne et imperturbable. L’ufologue doit demeurer stoïque devant ces attaques, ces murmures, ces insinuations constantes. Stoïque mais tout en imposant le respect. Il doit être capable poliment, calmement et habilement de rappeler au cynique qui n’a jamais effectué une enquête de sa vie que son attitude dénote son ignorance crasse et que son opinion fondée sur son ignorance ne vaut que cela : une opinion parmi 7 milliards d’opinions! Une opinion n’est pas un argument! De nombreux scientifiques agissent aussi de la sorte en émettant une simple opinion mais que leur titre ronflant fait passer pour une analyse rigoureuse sans appel. Ça et ce qu’il prenne pour dessert le midi on n’en a rien à cirer !
Le cynisme comme déjà dit est le mécanisme de défense des pleutres. Ces derniers cherchent la petite bête noire qui vous détruira parce que c’est dans votre sort qu’ils puisent leurs énergies. Les cyniques n’ont généralement pas ce qu’il faut pour évoluer convenablement dans la société. Ils sont dépourvus et en ont été victimes eux-mêmes un jour ou l’autre dans leur vie. Ils connaissent de première main le pouvoir du dénigrement pour l’avoir vécu. Pour se redonner une image, renforcer leur esprit malingre et se donner l’impression d’être enfin quelqu’un, ils utilisent l’arme qui a massacré leur identité en espérant que vous aussi en subirez les conséquences faisant maintenant d’eux des prédateurs et non des proies. Ils sont légion. Certains bénéficient même d’une tribune publique et on les paie pour déverser leur fiel.
Un autre aspect dérivé du cynisme est la dissonance cognitive. Il s’agit d’une réaction humaine typique et fort répandue dans plusieurs domaines incluant l’ufologie bien sûr. Lorsqu’une personne est confrontée à de nouvelles croyances qui menacent d’incendier ce que nous appelons le Recueil de Croyances dans Certitude ou Fiction, un mécanisme tout à fait inconscient se met en branle : elle n’entend pas les arguments, déforme leur sens, change de sujet ou revient constamment sur son point à elle comme si rien n’avait été dit. La dissonance cognitive est particulièrement évidente dans un débat sur la politique, la droite ou la gauche, et la religion.
Si cela survient au moment de la lecture d’un article ou d’un livre la réaction est encore plus frappante. La personne cesse carrément de lire et ne se rend pas compte de son geste et ira jusqu’à prétendre avoir tout lu, tout compris mais qu’elle ne partage pas ce point de vue. Si la croyance menaçante est télédiffusée et que la personne ne peut changer de poste, son esprit va errer, se laisser distraire par n’importe quoi et dira simplement : « Oh, excuse-moi j’étais distrait je ne portais pas attention. » Par la suite, elle fera tout pour abréger le résumé qu’on lui en fera.  Si vous confrontez ces gens en leur rappelant leur manque total d’objectivité, ils peuvent alors devenir agressifs! Certaines mères confrontées au comportement incestueux de leur conjoint ont entretenu ce type de comportement pendant des décennies au point même d’oublier pour de bon les gestes criminels pourtant bien réels.
Ceci n’est qu’un conseil né d’une certaine expérience. À moins d’y être forcé par la tenue d’un débat publique ou radiophonique où là, vous devrez tenir le fort, évitez de discuter avec ces gens, c’est épuisant et cela n’aboutit jamais à rien d’autre qu’un festival d’idées reçues, de propos narquois et parfois même d’injures.
L’intuition ou le Principe de Résonance
Lorsqu’un policier effectue un interrogatoire, il cherche le plus souvent à incriminer le suspect, le forcer à révéler des détails qui serviront à le faire condamner. Rien dans leur méthode n’est utile à l’enquêteur puisque le but n’est certes pas de forcer le témoin à dire qu’il a vraiment observé un OVNI. Par contre, l’interrogatoire policier devient utile lorsque le suspect est condamné, emprisonné et qu’on cherche à établir son profil. Le spécialiste John Douglas du FBI a mit un point une façon de procédé qui finit par donner naissance à une nouvelle science appelée le béhaviorisme. Au centre d’entraînement du FBI à Quantico Virginie, il existe maintenant un département chargé de dresser le profil type des tueurs en série. John Douglas fut personnifié par Scott Glenn dans le célèbre film Le Silence des Agneaux avec Jodie Foster.
Après avoir étudié cette technique, il nous est devenu évident qu’il s’agissait en fait d’une très vieille technique utilisée il y a plusieurs milliers d’années par certaines sectes égyptiennes et, qu’en terme plus moderne, nous avons traduit par méthode empathique d’investigation. Avant d’expliquer cette méthode, il est essentiel de définir ce qu’est l’empathie dans le sens utile : la faculté de ressentir ce que l’autre ressent sans en subir les effets.
Vous n’avez pas oublié ce personnage de Star Trek New Generation, Diana Troy dont l’origine Betazoid lui conférait des qualités télépathiques amenuisées par sa génétique humaine. Elle parvenait à savoir si une personne cachait la vérité, mentait effrontément, si elle avait peur etc... Il est étonnant qu’on ait fait de ce personnage un mythe extraterrestre de science-fiction puisque de nombreux humains ont cette capacité. Des empathes. Toutefois, il n’est pas question ici de chercher à développer vos facultés extra-sensorielles mais de mettre en pratique l’aspect naturellement empathique de chacun d’entre nous. C’est l’intuition.
Premier mythe éculé : ce n’est pas une affaire de femme! Second mythe tout aussi poussiéreux : l’intuition n’est pas opposée à la raison. L’intuition est une connaissance qu’on ne peut justifier par des faits. Elle se rapproche davantage du sentiment, de l’impression qui relève davantage du monde émotionnel que de la réflexion cartésienne. La meilleure manière de décrire l’intuition dans ce Guide qui n’est quand même pas un ouvrage de philosophie comparée est d’utiliser des expressions familières qui vous rappelleront un certain vécu : le vôtre.
« Je n’aime pas cet endroit. Je ne peux pas dire pourquoi mais je n’aime pas alors, on s’en va. »
« Je n’aime pas ce type, il me fait froid dans le dos. Il paraît bien, il parle bien, il sourit et tout mais, je ne l’aime pas. »
« C’est bizarre, tout ce qu’il dit a beaucoup de sens mais, je n’en crois pas un mot. »
« J’aime bien ton ami, je ne le connais pas, je ne l’ai vu qu’une fois, mais il dégage quelque chose que j’aime bien. C’est fou hein? »
« Oui, je sais, j’avais dit que j’irais avec toi mais là, je ne sais pas, quelque chose me dit de rester à la maison, j’aime mieux ça comme ça. »
Vous avez noté que le verbe aimer revient souvent? Je n’aime pas! J’aime. Aimer n’est pas tributaire de la raison. On aime ou on n’aime pas et c’est une décision qui se prend sur le banc, sans raisonnement, sans arguments, sans faits pour justifier ce sentiment. Fait intéressant, les gens très rationnels qui le plus souvent vont nier l’existence de l’intuition utiliseront exactement le même processus pour déterminer leur réaction devant une personne ou un endroit ou une situation.
Personne ne peut déterminer avec précision où se situe le siège de l’intuition dans le cerveau humain bien que certains parlent de l’hémisphère droit et pour cette raison, l’intuition est souvent qualifiée de mystique, de spirituel ou d’ésotérique. L’Institut des sciences noétiques de Californie s’évertue à trouver la réponse. Chez les hommes, ont dit qu’ils ont du flair ou de l’instinct. C’est un terme utilisé pour assurer la galerie qu’on est un gars et pas une fille. C’est enfantin. L’intuition est une qualité intrinsèque à l’être humain, autant mâle que femelle et qui se développe comme toute autre faculté en vérifiant lorsque c’est possible, la pertinence d’une intuition. Personne n’a plus d’intuition qu’une autre, c’est uniquement que certaines gens vont cultiver leur intuition alors que d’autres vont l’ignorer.
L’intuition n’est toutefois pas une valeur sûre. Pas plus que la raison d’ailleurs. Dans le formulaire plus bas vous serez emmené à donner une note de crédibilité à votre témoin et l’enquêteur observateur sera également appelé à commenter l’entretien avec le témoin. Ne vous fiez pas qu’à votre intuition, vérifiez cette dernière qui surgira dans les premières secondes de votre entretien. Si elle se maintient tout au cours de celui-ci et même après, alors vous serez en mesure de justifier votre choix.
Lorsque le témoin raconte son aventure, décrit une scène ou répond à une question, il existe une forte chance qu’il démontre une émotion. IDENTIFIEZ cette émotion et VIVEZ-LA. C’est la portion empathique de l’intuition qui se distingue de la sympathie complaisante et de l’antipathie déplaisante. Ce n’est pas un exercice facile, mais il est essentiel de le faire pour accroître son ouverture. Si vous partagez son émotion avec sincérité, il s’ouvrira, livrera ses entrailles et il est certain que des détails enfouis dans sa mémoire ressurgiront. Autre phénomène : il est également possible que le témoin falsificateur vous livrera l’élément qui vous permettra de déterminer que son histoire est fausse. Plus un témoin sent votre complicité, plus il est également possible qu’il livre des informations qu’il s’était promis de ne pas révéler (fréquent dans les cas d’enlèvement). Cette méthode est toutefois à deux tranchants. Méfiez-vous de ne pas vous perdre dans ce témoin et d’oublier qu’en bout de piste vous êtes enquêteur et que vous aurez un rapport signé de votre main à soumettre au DEA pour diffusion. N’hésitez jamais à noter dans votre rapport final ce que vous avez vécu en tant que témoin empathique versus vos conclusions d’enquêteur. Rassurez-vous, tout ne sera pas rapporté intégralement dans l’analyse destinée à l’output!
Le témoin est un être humain
Ce n’est pas qu’un témoin d’une observation d’ovni que vous avez devant vous. C’est surtout un homme ou une femme qui a une existence, une vie. Il est sans doute aux prises avec toutes sortes de difficultés provenant de son milieu professionnel ou familial. Il a une maîtresse? Elle a un amant? Le fils est en prison? Il est sur le point de faire faillite?  Il se drogue en cachette? Il est alcoolique et le cache? Il vient de perdre son emploi? Il a eu une enfance terrible et votre présence joue un rôle déterminant dans la perception qu’il a de vous : vous êtes menaçant, ou rassurant et cela va déterminer son comportement durant l’entretien. Nous avons tous notre jardin secret. Les témoins aussi. Sachez que pour un témoin qui voit un OVNI alors qu'il est accompagné et qu'il ne veut pas que cela se sache, il risque de se glisser des contradictions. Le genre de relation de confiance que vous aurez établi lors de votre premier contact "confesseur" déterminera votre profondeur de fonctionnement en tant qu'investigateur.
Ceci dit, si vous découvrez que votre témoin était accompagné par une personne qui n’aurait pas du se trouver là, renoncez à ce deuxième témoin. Vous n'êtes pas un conseiller matrimonial et vous ne voulez pas que votre témoin se referme comme une huître. Ceci n'est qu’un exemple.  Lors d'enquête au cours de laquelle le jeune homme qui prétendait avoir vu un OVNI n'était pas vraiment seul... l’enquêteur a commis l'erreur de lui dire qu’il s’était aperçu de cela, ce qui lui a coûté plus cher en confidences de sa part que cela aurait rapporté en ayant la version du deuxième témoin. Il va de soi qu'en cas d'une observation à multiples témoins, chacun doit être rencontré séparément avec l'utilisation d'un questionnaire par témoin si leur description est importante.
Tout cela pour vous rappeler que vous n’êtes pas un thérapeute cela va sans dire mais vous devez constamment vous rappeler que votre témoin n’est pas une enregistreuse sur laquelle il suffit de pousser le bouton play pour qu’il débite son récit. Soyez patient, attentif, souple, flexible, compréhensif, humain et ne perdez jamais, au grand jamais, de vue que vous êtes en présence d’un être humain tout comme vous et non d’une machine. Cela paraît peut-être incongru à vos yeux d’insister sur ce point mais ça ne l’est pas. Loin de là.
L’auteur a eu l’opportunité sa vie durant, non seulement de mener des centaines d’enquêtes ufologiques mais également d’avoir mené des milliers d’entrevues pour le compte de stations de radio et ce jusqu’à tout récemment. Cette expérience lui a permis de commettre toutes les erreurs qu’on peut imaginer ayant eu à rencontrer à peu près tout ce qui se créé sur Terre depuis le tueur, le pédophile, le nécrophile, le fraudeur, le psychotique, le malade atteint de la Tourette, de schizophrénie, de paranoïa, des professionnels du Droit, de la Médecine, des politiciens véreux, charmeurs, menteurs jusqu’à l’os, d’autres à ce point habiles qu’il est impossible de les catégoriser, des gens biens, très biens, d’autres qu’on pourrait qualifier de saints et de saintes et bien sûr un tas de gens normaux, sans relief, parfois ternes et ennuyants comme une plage brumeuse et d’autres pétillants, joyeux, pleins d’humour, bref tout l’éventail du pire et du meilleur chez l’homme. Ce rappel n’a pour but que de vous convaincre d’une seule chose : l’élément humain dans une enquête ufologique est essentiel, primordial et ne doit jamais être mis de côté. Le respect de la dignité du témoin doit être une priorité absolue. Ne le perdez jamais de vue.
Cela dit, soyez rigoureux!
Maintenant que vous avez établi un bon contact personnalisé avec votre témoin, qu’il a confiance en vous et qu’il a tout raconté, reprenez son histoire, mais cette fois en éclaircissant les zones sombres. Soyez précis dans vos questions et aidez le témoin à l’être également. Vous devez VISUALISER CE QUE DIT LE TÉMOIN. Ce sera d’ailleurs votre défi de constater si ce que VOUS voyez dans votre esprit est conforme au graphique qu’il réalisera plus tard. En d’autres termes, soyez réservé dans vos « images mentales » et ne rendez pas l’ovni plus exotique qu’il ne l’est dans l’espoir de faire publier une bonne histoire. Évitez les « à peu près », les « peut-être ».  Cultivez ces points-là plus que les autres. Il arrive qu’en revenant souvent sur la même question vous allez découvrir, soit une contradiction flagrante ou alors à l’inverse, la mémoire du témoin sera stimulée et vous aurez une réponse plus précise.
Rappelez-vous du chapitre sur la vision de l’enquêteur. Il est tout à fait normal qu’en vous dirigeant chez le témoin c’est qu’au préalable vous vous êtes entretenu avec lui par courriel ou au téléphone. Vous avez déjà « votre petite idée ». Il y a de fortes chances que ce soit un ovni authentique, un vaisseau étranger à cette planète ou cette dimension. Parce que vous croyez en leur existence et que vous êtes convaincu. À l’inverse, les sceptiques (qui en général toutefois ne font jamais d’enquêtes sur le terrain) s’y rendraient avec eux aussi « leur petite idée » à l’effet qu’il s’agit d’un canular, d’une méprise ou d’une illusion. Ces deux attitudes sont à proscrire.  C’est une enquête que vous allez faire, pas une confirmation ou une infirmation. La seule attitude possible est de réserver votre jugement et votre appréciation. Partez du principe que votre témoin et son témoignage vont faire l’objet d’une enquête serrée et qu’en bout de piste et en bout de piste seulement, l’objet sera identifié comme naturel ou connu ou ne le sera pas.

 

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Code 1469

GUIDE DE L'ENQUÊTEUR UFOLOGIQUE (5)

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Dites NON  au piratage 



Un texte de Jean Casault du Centre d’Étude sur les Ovnis.
Illustrations de Jean Lavergne de  Digifilm.ca

La méthode Reiser

 Aspect juridique

 Affidavit

 Engagement

 Les sauveurs du monde

 Les dangers de l’ufologie

Le cynisme

 L’intuition

Le témoin est un être humain 

La méthode Reiser

Du nom de l’enquêteur principal du L.A.P.D dans les années 80, la méthode Reiser est utile afin d’atteindre deux objectifs. Lorsque le témoin peine à se concentrer mais également lorsque vous avez la solide impression que votre témoin ment effrontément. La mémoire et l’invention ne sollicitent pas les mêmes régions du cerveau. Pour coincer un menteur, il s’agit de mettre les souvenirs de son invention à l’épreuve. Or voilà, c’est une invention, il n’en a donc aucun souvenir à moins qu’il ait utilisé les méthodes d’imprégnation destinées aux agents de renseignements ce qui est peu probable. Voici comment cela fonctionne. 

Numérotez les étapes de son récit.Exemple :1. Vous étiez à regarder la télévision. 2. Vous vous êtes levé pour aller prendre une boisson gazeuse 3. Près de la fenêtre vous avez vu une lueur à l’extérieur 4. Vous êtes allé voir à la fenêtre. 5. Vous êtes demeuré sur place pendant quelques minutes 6. Vous avez décidé de sortir à l’extérieur et vous êtes dirigé vers la porte arrière 7. Vous avez ouvert la porte et êtes sorti. 8 Vous avez fermé la lumière de l’extérieur 9. Vous avez cherché dans le ciel etc…

Plus vous divisez en étapes son récit, mieux c’est et n’hésitez pas à inclure quelques étapes avant l’observation et quelques étapes après. Une fois qu’il a terminé, vous avez devant vous un récit de 35 ou 50 étapes. Maintenant, demandez à votre témoin de reprendre son récit… à l’envers. 

Sa première réaction va être surprenante et révélatrice. Il prétendra que c’est impossible ou extrêmement ardu ce qui est très vrai quand l’histoire est inventée. Dites lui de rester calme, de se fermer les yeux et de passer de la dernière étape (lisez-lui) et de reculer. La seule façon d’y parvenir est de faire appel à sa mémoire. Théoriquement, la très grande majorité des témoins qui disent vrai vont y parvenir et, comme mentionné dans le précédent paragraphe, cela aura même le mérite de raviver certains souvenirs. Ca risque d’être long et laborieux mais ça marche. À l’inverse, un menteur n’y parvient jamais parce que son mensonge n’existe que dans un sens, celui qu’il a construit, non pas avec son vécu mais avec son imagination. Cela ne va dans le sens contraire, il ne peut pas reconstruire à l’envers une histoire inventée. Il ne peut faire appel à sa mémoire puisque les évènements n’ont pas existé. Il ne tarde pas à s’embrouiller et capitule en affirmant qu’il n’y parvient pas et s’en excuse.  Boucler vos affaires et bonsoir !

Lors de trois occasions, ce stratagème a fait en sorte que le témoin a avoué son canular à l’auteur ( Jean Casault) de ce document. En fait, il s’agissait surtout d’admettre de très larges exagérations plutôt qu’un canular entièrement monté. La méthode a été utilisée parce que l’enquêteur percevait de nombreux signes lui indiquant qu’il avait un fabulateur devant lui! En terminant, il est essentiel d’indiquer dans votre rapport final si le témoin à été testé Reiser et s’il a réussi ou échoué tout en élaborant, particulièrement s’il a échoué. Une fois encore, utilisez votre jugement. Un témoin qui dit vrai peut éprouver quand même des difficultés à raconter son histoire à l’envers, souvent parce qu’il ne se concentre pas suffisamment ou lutte inconsciemment contre le procédé qu’il trouve intimidant, voire humiliant. Il peut croire que vous le mettez à l’épreuve. En réalité, la méthode Reiser ne fait pas que déceler les fabulateurs elle a le mérite comme déjà dit de raviver la mémoire, d’allumer des zones mnémoniques. Prenez cet angle pour inciter le témoin à être testé Reiser et n’allez surtout pas lui dire que c’est pour savoir s’il vous ment en plein visage!

Aspect juridique

Il existe aussi une situation au cours de laquelle vos soupçons concernant l’honnêteté de votre témoin deviennent de plus en plus évidents. Habituellement les canulars sont spectaculaires, et en tant qu’enquêteur, vous êtes exposés au doute et vous craignez de vous faire mener en bateau. Le témoin est nerveux ou agité, les signes synergologiques sont révélateurs et il a échoué le test Reiser. Il est possible qu’à ce point vous ayez tout simplement envie de paqueter vos affaires et disparaître. Mais le dossier est fort, important, candidat à un output massif éventuellement et l’idée de le perdre vous agace. 

N’abusez jamais de cette ressource de dernière instance mais dans un cas limite, il vous reste à carrément mettre votre témoin au pied du mur. Ce n’est pas une attitude sympathique ou jovialiste et elle peut mettre brutalement un terme à votre investigation. Il s’agit de rappeler au témoin que des frais sont engagés pour la recherche, incluant votre déplacement, le temps requis pour compléter l’enquête et le temps requis par d’autres pour en faire l’analyse. A cela s’ajoute la réputation et la crédibilité du ou des chercheurs qui éventuellement pourraient publier ou diffuser le résultat de leurs travaux. Bref en cas de canular volontaire, les chercheurs impliqués peuvent se garder le droit de mener des poursuites judiciaires à l’endroit d’un témoin qui - volontairement - a fait en sorte que les chercheurs perdent, temps, argent et crédibilité.

Après des années de tergiversations à se demander si la signature par le témoin d’une sorte d’affidavit serait utile au début de l’entretien, il a été déterminé qu’il valait mieux ne pas procéder de la sorte. Après quelques essais il a été démontré que le témoin qui signe un tel document va se contenter de raconter succinctement son expérience, oblitérera de nombreux éléments qui à ses yeux pourraient ne pas passer et être perçu comme un mensonge et de là comme un canular et de là s’exposer à des poursuites.  De là l’importance de ne pas brandir cet affidavit avant ou pendant l’entretien mais à la fin et uniquement si vous avez des soupçons. Mais encore, c’est une question de jugement c’est vous qui serez sur le terrain face au témoin, pas l’auteur. Donc soupçons ou pas, si à la fin de votre entretien vous ressentez le besoin de lui en parler, ce peut être une bonne idée, au moins de voir sa réaction. À vous de juger!

 

Retenez toutefois qu’après l’analyse du dossier, l’auteur  peut requérir l’affidavit puisqu’il aura la responsabilité de le diffuser éventuellement. Ce sera probablement le cas si le dossier est très spectaculaire RR III ou IV qui sont habituellement les dossiers à la fois porteurs de ballons mais également d’excellents candidats aux canulars organisés par une organisation quelconque ou un Chevalier de la Vérité en quête de dénonciations. Parfois la simple idée de pouvoir être poursuivi en justice les font descendre de leur destrier assez rapidement. Dans les faits, cela ne s’est pas produit souvent - à notre connaissance - mais dans certains dossiers, cette mise en garde a eu un effet certain. Deux des témoins, de jeunes étudiants, se sont levés comme frappés par la foudre et ont quitté la pièce. L’enquêteur a compris et a mis un terme à l’entretien. Maintenant si vous sentez le besoin de lui mettre sous le nez une telle mise en garde, soyez diplomate et courtois. 


AFFIDAVIT

 

 

Je, soussigné (e) ………………………………………………………………… (profession ou métier,) …………………………………………… résidant au ………………………………………………… ville de ……………………………………… , province de ……………………………………, déclare solennellement que tous les faits que j’ai rapporté à l’enquêteur ………………………………… suite à l’observation d’un ovni ou toute autre anomalie effectuée le ……………………………………… sont authentiques au meilleur de ma connaissance et de ma mémoire et que d’aucune manière, seul ou avec d’autres, j’ai menti, corrompu les faits, manipulé volontairement la vérité, ou inventer toute cette histoire et cela sans aucune raison précise ou pour des raisons personnelles ou pour attirer l’attention sur ma personne d’une part et/ou d’autre part nuire à la réputation et/ou la crédibilité dudit enquêteur et de toute autre personne associée à la recherche subséquente sur ce dossier. Tous les faits mentionnés dans mon récit, oral, et/ou verbal, tous les dessins, graphiques ou photos concernant mon observation d’un ovni le …………………………………… sont vrais et authentiques au meilleur de ma connaissance. Je reconnais que si j’affirme ultérieurement avoir menti, que mon ou mes mensonges exposés volontairement par moi-même ou suite à une révélation provenant d’un élément extérieur, je m’expose à des poursuites judiciaires de la part de l’enquêteur et/ou de son représentant pour ses frais de déplacements, les heures perdues par l’enquête et l’analyse subséquente, ainsi que des frais en dommages punitifs exemplaires pour perte de crédibilité et de réputation si je choisissais d’exposer publiquement ma fraude.
En foi de quoi, j'ai signé (e) en présence de l’enquêteur  _____________________________ à ___________________________ ce_____  jour du mois de __________________________ de l’année 201______
Signature du témoin
Signature de l’enquêteur

 

 

Il est clair dans ce document que le témoin peut se tromper, commettre des erreurs d’appréciation, il peut avoir dit que l’objet était à 50 pieds et en mesurant vous constatez qu’il était à 150 pieds. Ce n’est pas de cela dont il est question. Il est bien écrit « au meilleur de ma connaissance ». Ce que ce document veut prévenir c’est un mensonge élaboré, songé, préparé, une fraude, un canular organisé et surtout les conséquences que cela peut avoir si éventuellement le témoin veut publiciser le fait que vous avez été bernés !
En revanche, affidavit ou pas, le témoin recevra de votre part cet engagement obligatoire que vous devez copier-coller et ajouter à vos dossiers lors d’une rencontre avec le témoin et lui remettre.


Engagement
Je, soussigné (e) …………………………………………… Aide-enquêteur délégué par le CEO résidant de la Ville de …………………………………… province de ………………………………, m’engage solennellement à ne jamais révéler au public ou à la presse l’identité du témoin …………………………………… sans son consentement écrit. Je reconnais m’exposer à des poursuites juridiques de la part du témoin ou sa succession si je choisissais d’exposer publiquement son identité sans son consentement écrit.
En foi de quoi j’ai signé(e) à ___________________________ ce_____  jour du mois de __________________________ de l’année ______

Les sauveurs du monde

 

De nombreux chercheurs reconnaissent qu'il y a trois types de témoins. Les témoins dits normaux, les monteurs de canulars et ceux qui souffrent de problèmes psychologiques plus ou moins graves. Ceux-ci sont des gens qui souffrent de désordres cognitifs, de sévères problèmes de personnalité, de délire religieux, etc. Les pathologies mentales sont nombreuses mais rares sont celles qui engendrent de véritables visions ou apparitions comme on l’a déjà vu plus haut. Ils appartiennent en général à l’AXE-1 défini par le DSM-IV de l’Association américaine de psychiatrie. Puisque de toute façon, nous n’avons aucun intérêt pour les témoignages n’ayant aucun incident visuel et faisant état de « voix entendues » entraînant le témoin à sauver le monde, nous avons cherché à déterminer ce qui pouvait entraîner de véritables hallucinations.  Sans revenir sur une longue liste de pathologies, nous pouvons résumer cependant en vous indiquant le trait commun qu’ont ces gens.

 

La très grande majorité des personnes atteintes de pathologies de ce genre ont la conviction profonde qu’ils sont des Choisis ou des Élus. Il n’existe aucune place dans leur discours pour le doute ou même quelque réserve. Ils sont insistants et tente d’établir un rapport dominant-dominé avec l’enquêteur. ILS ont la réponse, ILS savent ce qu’il en est et ne prêtent AUCUNE attention aux arguments que vous pouvez emmener. Les experts ont également affirmé que la plupart d’entre eux n’ont aucun sens de l’humour ce qu’effectivement nous avons pu constater. Ils sont diablement sérieux et pontifiants, parfois agressifs. Cet aspect est très important. Faites une allusion teintée d’humour sur un seul élément contenu dans leur observation et vous verrez leur réaction.

 

S’ils s’offusquent outre mesure, s’emportent ou traitent votre propos avec mépris, il y a un problème. Contrairement aux véritables témoins qui sont prêt à écouter certaines explications alternatives à leur cas, ceux-ci peuvent même devenir agressifs si vous insistez. Ne poussez pas toutefois pas le bouchon trop loin en vous moquant du témoin. Ça c’est autre chose.

Leur verbe est hautain, parfois arrogant, ils ont une réponse philosophique, spirituelle ou religieuse à tous les problèmes du monde. Ils veulent rencontrer le Premier ministre ou toute autre autorité haut placée pour les informer de ce qui se passe. Ce n’est pas tant le discours qu’ils tiennent qui est révélateur, mais le ton sur lequel il est livré.

 

Nous répétons ce point : ILS savent, ILS sont choisis, pas vous, ILS ont la vérité, etc. Récemment un témoin disant savoir où se trouve une base extraterrestre s’est indigné fortement parce que « l’ufologue que vous êtes » ne semble pas intéressé. Un autre fait parvenir régulièrement à tous les journalistes du Québec une sévère mise en garde provenant de son auguste personne!

Des témoins peuvent tenir un discours flyé et en discuter avec vous, mais ils n’auront pas cette attitude et ce ton et vous verrez alors la différence. Certains témoins authentiques ont en effet une certaine culture ufologique ce qui au demeurant n’est pas un crime, ni même un indice de canular. Ceux-là vont vouloir vous faire part de leur théorie sur ce qu’ils ont vu et vont étaler leur savoir à coups de références livresques ou télévisuelles. 

 

Si vous les confrontez avec d’autres aspects qui mettent leur théories en pièces ou les fragilisent ils seront curieux, attentifs, poseront des questions, bref, ils vont se montrer intéressés alors que les Sauveurs du monde vont cracher dans votre soupe et vous annoncez derechef que vous n’êtes pas prêts à entendre LA vérité… Ces gens souffrent d’une psychose délirante chronique connue sous le nom de mégalomanie. Les ovnis font partie de leur vie également, vous pourriez remplir une vingtaine de formulaires à les entendre. Cela dit, n’allez pas juger trop rapidement celui ou celle qui a de nombreuses observations à son actif. Cet élément est douteux lorsque mit en parallèle avec leur complexe de Sauveur du monde. À l’inverse, vous avez les persécutés.

 

Les persécutés

Ces derniers peuvent être affligés d’un état paranoïde très intense. Ils sont convaincus que tout ce qui les entoure est une menace. Le chroniqueur sportif Brian Smith de CJOH a été tué par Jeffrey Arenburg en août 1995, un schizophrène convaincu que les médias d’information conspiraient tous contre lui. D’autres sont convaincus que des agents secrets suivent le moindre de leurs déplacements. Tout y passe jusqu’aux extraterrestres, les vampires et les démons évidemment.  Noter que cette peur n’est originaire d’aucun incident réel ou même irréel. Ces gens peuvent être dangereux et nous insisterons sur cet aspect, dans le paragraphe suivant d’autant plus que Arenburg a été libéré en 2009 malgré qu’il soit toujours considéré comme un danger pour la société.

Certaines personnes deviennent paranoïaques à la suite d’une série d’incidents réels ce qui complique les choses mais, de façon générale, on peut les reconnaître facilement. Ils ont le regard fuyant, s’interroge constamment sur une possible surveillance, refuse de parler au téléphone, tienne à vous rencontrer en secret, dans un endroit isolé, ce qui soit dit en passant n’est pas recommandé. Lors de l’entretien, ils sont tendus, nerveux, inquiets et peuvent éclater en sanglots ou vivre des épisodes psychotiques. Soyez  prudents. Mais il existe des cas où le témoin a effectivement été terrorisé et revivre son observation par le récit peut causer également de vives réactions. Rien n’est simple avec l’esprit humain. 

C’est une question de jugement, d’expérience et d’intuition. Notez aussi qu’un malade psychiatrique peut aussi être un vrai témoin. Toutefois, nous préférons nous en tenir aux cas classiques d’observations. Il est déjà suffisamment difficile de véhiculer l’information avec des témoins normaux qui ne souffrent d’aucun handicap mental! De plus, les exposer de la sorte risque de leur causer plus de tort que de bien, sous la forme d’une profonde anxiété. Ces gens souffrent d’une psychose délirante paranoïaque. Il existe différents niveaux de gravité.

Ce qu’il y a à retenir de ces deux thématiques c’est qu’un Sauveur du monde ou un Persécuté ne l’est pas qu’au moment de répondre à vos questions concernant ce qu’il affirme avoir observé. Vous devriez le ressentir dès les tous premiers moments de l’entretien en abordant des aspects normaux de son existence. Il en a si peu. Le délire mystique ou autre est un réflexe naturel chez eux et se manifeste rapidement, parfois même dans les premières minutes ce qui vous donnera le goût d’inscrire fruit cake sur le formulaire et disparaître au plus vite. Ne le faites pas. Poursuivez jusqu’à la fin de sorte que vous puissiez être baigné dans son univers, en reconnaître les signes. C’est triste à dire mais cette personne devient votre sujet d’étude et vous en avez besoin.

Un ufologue, sans être un thérapeute, doit absolument être en mesure de composer adroitement avec ces personnes, vous y gagnerez énormément en expérience à la fois humaine et ufologique. 

Arthur Koestler, auteur controversé d’origine juive, a souvent critiqué la psychanalyse disant que de toutes les sciences, elle est celle qui a le moins évolué. L’ufologie et la psychologie tout comme la psychiatrie ne font pas bon ménage. Ce point de vue a également été rapporté dans Certitude ou Fiction de l’auteur de ces lignes en février 2010 chez Quebecor. Le milieu de la santé mentale ne veut rigoureusement rien entendre du phénomène ovni et encore moins du phénomène des enlèvements. Un témoin qui aborde cette question est aussitôt étiqueté à son corps défendant. Qu’il se compte chanceux de ne pas être interné. Le jargon de ces professions ne manque pas de termes, dans toutes les langues pour simplement dire à voix haute que le type est fou à lier, ou carrément patraque. C’est un jugement sur le banc qui ne donne aucune chance au témoin de recevoir le support dont il a besoin.

 

Vous n’êtes pas qualifié pour lui apporter l’aide dont il pourrait avoir effectivement besoin si ce dernier fait partie des deux catégories indiquées plus haut. Tout autant il est important pour vous d’apprendre à les reconnaître, tout autant il est humainement indispensable de prêter une oreille à leurs propos. Écoutez-les. Respectez-les. Ils n’ont pas besoin de savoir que leur dossier ne franchira jamais les limites de leur demeure. Cela dit, soyez vigilant.

 

Les dangers de l’ufologie

 

Avez-vous reçu récemment un courriel d’un pur étranger vous informant qu’il détient un secret vital pour l’avancée de l’ufologie? Peu probable. Vous n’êtes pas ufologue, vous n’êtes pas connu pour cela et les courriels bizarres que vous recevez vous offre plutôt de rapatrier les millions de dollars d’un Prince africain égaré, ou de bénéficier d’une offre époustouflante pour agrandir votre organe vital! Ici, au bureau de l’auteur par contre, c’est parfois au rythme de trois illuminés par jour que ça entre! Voici pourquoi.

 

L’auteur en est à son X e ouvrage sur le phénomène ovni, il a accordé de nombreuses entrevues sur toutes les plate-formes médiatiques connues au Québec et son adresse courriel ainsi que son site Internet sont largement diffusés. Les témoins authentiques sont en très grande majorité des gens sains d’esprits, honnêtes, intègres et qui cherchent simplement à comprendre ce qu’ils ont vu. Leur observation n’est pas toujours récente et peut même remonter à plusieurs décennies.

Toutefois, la très grande majorité des gens qui souffrent d’une pathologie importante et d’ordre psychologique sont très attirés par l’intangible, le mystérieux, l’étrange et l’ésotérique. C’est comme du miel pour une fourmi. Ils pullulent! Il est plus facile pour eux d’évoluer dans un milieu baignant dans l’ésotérisme et le mystère que d’affronter les réalités du quotidien. Ils ont chacun leur marotte et la diversité ne manque pas : fantômes, voix célestes, ovnis, extraterrestres, contacts avec l’au-delà,  les vampires, Dieu, Jésus, la Vierge, bref tout y passe incluant une très forte tendance à tout avaler en matière de conspiration et de complots, ils ont même leur propre site internet pour s’abriter avec leur maladie. Pour eux Monsanto est Lucifer et L’Abominable Jean Charest est un Gris déguisé en Reptilien.

Ce dernier point complique la donne puisque effectivement il peut y avoir de véritables conspirations au sein d’organismes gouvernementaux, et ceux et celles qui prêtent foi à ces dernières ne souffrent pas nécessairement d’une psychose. Le profond malaise des psychotiques les rendent incapables de composer avec la réalité. Ils puisent alors dans l’Imaginaire collectif une thématique de vie qui correspond à leurs fantasmes. Depuis l’avènement du web, c’est… de la folie. Autrefois, les ufologues étaient rarement confrontés à ces pauvres gens, mais depuis 1995 et surtout depuis la désinsti et la libération de ceux qui ont commis un crime, c’est une véritable épidémie. Tant que vous demeurez sans intérêt pour eux vous êtes à l’abri, mais dès l’instant où vous êtes connu et réputé pour étudier le phénomène ufologique et que votre nom circule moindrement sur les blogs, les forums et l’ensemble des médias, vous devenez alors un attrait pour eux.

L’auteur sait très bien de quoi il parle! En général, ces gens sont inoffensifs et se lassent de vous harceler si vous ne répondez pas à leurs attentes mais ce n’est pas toujours le cas. Pour cette raison, vous devrez donc prendre certaines précautions si vous avez l’intention de vous faire connaître comme enquêteur.

N’utilisez JAMAIS vos coordonnées personnelles. Ne livrez jamais votre adresse civique, utilisez une boîte postale. Ne donnez jamais votre numéro de téléphone de la maison. Votre cellulaire est plus approprié et encore ne le rendez pas public. N’invitez jamais un témoin à votre résidence à moins d’être très bien informé et rassuré sur sa condition. Lorsque vous vous déplacez chez un témoin et que vous êtes seul, prévenez votre entourage et donnez les coordonnées de l’endroit précis où vous avez l’intention de vous rendre. Si aucun autre enquêteur n’est disponible et que vous préférez ne pas être seul, faites-vous accompagner par une personne de votre choix qui pourra à tout le moins servir d’observateur temporaire, mais au moins, vous ne serez pas seul. Si vous êtes une femme vous êtes encore plus à risque évidemment.

 

L’ufologie peut effectivement ne pas être pour vous si vous songez à reculer après avoir lu tout cela.  Voici la suite !. 
Il est fort probable que si vous ne tenez pas compte de ces conseils rien ne vous arrivera, mais il suffit qu’un illuminé plus déterminé et plus agressif que les autres vous ait dans le collimateur pour en payer le prix. Dès qu’il a vos coordonnées personnelles vous êtes foutus! Faites également très attention avec Facebook, surtout au niveau de vos albums photos qui ne doivent jamais contenir d’images pouvant permettre à un étranger de connaître votre lieu de résidence. 

 

 

En ce qui concerne vos correspondances électroniques c’est une autre affaire. Cette fois vous serez tentés de répondre aux élucubrations de certains. Parce que vous êtes enquêteur vous êtes forcément curieux. Insistez pour que le témoin livre tout son matériel par courriel avant de vous déplacer et avant même de discuter au téléphone. N’acceptez aucun pseudonyme et assurez-vous d’avoir toutes les coordonnées de la personne. S’il refuse, alors méfiez-vous ou ne faites plus rien et oubliez-le. Les courriels de type « hotmail » indiquent souvent que l’interlocuteur n’est pas pressé de s’identifier. Rappelez-vous que la très grande majorité des témoins sont des gens biens, corrects et décents. Ne tombez pas dans la paranoïa vous-même mais préservez votre intimité. Toutefois, il est essentiel que le témoin aussi soit protégé. La procédure à suivre lorsque qu’un dossier d’observation est référé à un enquêteur est d’abord pour l’auteur de permettre au témoin de pouvoir communiquer avec l’enquêteur désigné et de se faire une opinion afin de déterminer s’il accepte ou pas de le rencontrer. En terminant, voici l’essence de quelques extraits de courriels démontrant l’importance de demeurer prudent et méfiant. J’aurais pu utiliser trois pages !

 

« Vous ne savez pas tout cher monsieur, je suis en contact avec eux moi et je peux vous dire… »« Pourquoi refusez-vous de venir chez-moi, il y a des ovnis ici presque toutes les semaines… »« Je ne peux pas vous écrire ce que je sais, c’est trop dangereux, appelez-moi… »« Vous ne me croyez pas? Vous me prenez pour un fou? Je ne suis pas fou monsieur, je sais très bien ce que je dis et je ne supporterai pas… » 

 

Mot d’ordre : prudence!

Le cynisme

 

Nous sommes au 21e siècle. L’ufologie traverse une crise existentielle depuis ses débuts. Les témoins et les ufologues ont subit des décennies durant, l’ironie et le cynisme sans riposter. L’auteur croit qu’il est temps de mettre un terme au cynisme. L’ufologie a assez donné ! On dit que l’ironie est la défense des faibles. Qu’est donc le cynisme? Nettement un système de défense typique de gens qui vivent dans l’ignorance et la peur qu’elle engendre devant l’inconnu. Le cynisme s’exprime dans toutes les sphères de l’activité humaine. L’ufologue qui s’exprime en public est une proie facile quand on considère que les gens que l’on pourrait croire à l’abri sont également touchés.

Céline Dion a été interrogée par Larry King sur ses sentiments face aux désastres cumulés par le passage de deux ouragans dont Katrina en Nouvelle-Orléans. Céline Dion est une chanteuse internationale de haut niveau et certes pas une spécialiste des méthodes de sauvetage. Or voilà qu’elle implore en larmes qu’on fasse quelque chose et qu’importe les raisons, les excuses et les délais, « faites quelque chose ». C’est alors qu’elle a lâché cette petite phrase : « Take a kayak! ». 

Les petits esprits pas très aiguisés et guidés par le cynisme n’ont retenu que cette phrase et encore aujourd’hui on s’amuse à rappeler avec un sourire niais, cette petite incartade irrationnelle, occultant la profondeur émotionnelle parfaitement justifiée d’un tel cri du cœur. Mais surtout, occultant le fait que le cynisme, s’il était justifié aurait alors du se concentrer sur l’inefficacité navrante des pseudo-experts en place qui par leur incompétence et leur immobilisme ont causé beaucoup plus de tort que le kayak de Céline Dion.

En tant qu’enquêteur, et particulièrement si vous faites des déclarations publiques, vous serez descendu en flammes et attendez-vous à cela, particulièrement si vous n’êtes pas fermement bien campé sur vos deux jambes, solide comme un chêne et imperturbable. L’ufologue doit demeurer stoïque devant ces attaques, ces murmures, ces insinuations constantes. Stoïque mais tout en imposant le respect. Il doit être capable poliment, calmement et habilement de rappeler au cynique qui n’a jamais effectué une enquête de sa vie que son attitude dénote son ignorance crasse et que son opinion fondée sur son ignorance ne vaut que cela : une opinion parmi 7 milliards d’opinions! Une opinion n’est pas un argument! De nombreux scientifiques agissent aussi de la sorte en émettant une simple opinion mais que leur titre ronflant fait passer pour une analyse rigoureuse sans appel. Ça et ce qu’il prenne pour dessert le midi on n’en a rien à cirer !

Le cynisme comme déjà dit est le mécanisme de défense des pleutres. Ces derniers cherchent la petite bête noire qui vous détruira parce que c’est dans votre sort qu’ils puisent leurs énergies. Les cyniques n’ont généralement pas ce qu’il faut pour évoluer convenablement dans la société. Ils sont dépourvus et en ont été victimes eux-mêmes un jour ou l’autre dans leur vie. Ils connaissent de première main le pouvoir du dénigrement pour l’avoir vécu. Pour se redonner une image, renforcer leur esprit malingre et se donner l’impression d’être enfin quelqu’un, ils utilisent l’arme qui a massacré leur identité en espérant que vous aussi en subirez les conséquences faisant maintenant d’eux des prédateurs et non des proies. Ils sont légion. Certains bénéficient même d’une tribune publique et on les paie pour déverser leur fiel.

Un autre aspect dérivé du cynisme est la dissonance cognitive. Il s’agit d’une réaction humaine typique et fort répandue dans plusieurs domaines incluant l’ufologie bien sûr. Lorsqu’une personne est confrontée à de nouvelles croyances qui menacent d’incendier ce que nous appelons le Recueil de Croyances dans Certitude ou Fiction, un mécanisme tout à fait inconscient se met en branle : elle n’entend pas les arguments, déforme leur sens, change de sujet ou revient constamment sur son point à elle comme si rien n’avait été dit. La dissonance cognitive est particulièrement évidente dans un débat sur la politique, la droite ou la gauche, et la religion.

Si cela survient au moment de la lecture d’un article ou d’un livre la réaction est encore plus frappante. La personne cesse carrément de lire et ne se rend pas compte de son geste et ira jusqu’à prétendre avoir tout lu, tout compris mais qu’elle ne partage pas ce point de vue. Si la croyance menaçante est télédiffusée et que la personne ne peut changer de poste, son esprit va errer, se laisser distraire par n’importe quoi et dira simplement : « Oh, excuse-moi j’étais distrait je ne portais pas attention. » Par la suite, elle fera tout pour abréger le résumé qu’on lui en fera.  Si vous confrontez ces gens en leur rappelant leur manque total d’objectivité, ils peuvent alors devenir agressifs! Certaines mères confrontées au comportement incestueux de leur conjoint ont entretenu ce type de comportement pendant des décennies au point même d’oublier pour de bon les gestes criminels pourtant bien réels. 

 

Ceci n’est qu’un conseil né d’une certaine expérience. À moins d’y être forcé par la tenue d’un débat publique ou radiophonique où là, vous devrez tenir le fort, évitez de discuter avec ces gens, c’est épuisant et cela n’aboutit jamais à rien d’autre qu’un festival d’idées reçues, de propos narquois et parfois même d’injures.

 

L’intuition ou le Principe de Résonance

Lorsqu’un policier effectue un interrogatoire, il cherche le plus souvent à incriminer le suspect, le forcer à révéler des détails qui serviront à le faire condamner. Rien dans leur méthode n’est utile à l’enquêteur puisque le but n’est certes pas de forcer le témoin à dire qu’il a vraiment observé un OVNI. Par contre, l’interrogatoire policier devient utile lorsque le suspect est condamné, emprisonné et qu’on cherche à établir son profil. Le spécialiste John Douglas du FBI a mit un point une façon de procédé qui finit par donner naissance à une nouvelle science appelée le béhaviorisme. Au centre d’entraînement du FBI à Quantico Virginie, il existe maintenant un département chargé de dresser le profil type des tueurs en série. John Douglas fut personnifié par Scott Glenn dans le célèbre film Le Silence des Agneaux avec Jodie Foster.

Après avoir étudié cette technique, il nous est devenu évident qu’il s’agissait en fait d’une très vieille technique utilisée il y a plusieurs milliers d’années par certaines sectes égyptiennes et, qu’en terme plus moderne, nous avons traduit par méthode empathique d’investigation. Avant d’expliquer cette méthode, il est essentiel de définir ce qu’est l’empathie dans le sens utile : la faculté de ressentir ce que l’autre ressent sans en subir les effets. 

Vous n’avez pas oublié ce personnage de Star Trek New Generation, Diana Troy dont l’origine Betazoid lui conférait des qualités télépathiques amenuisées par sa génétique humaine. Elle parvenait à savoir si une personne cachait la vérité, mentait effrontément, si elle avait peur etc... Il est étonnant qu’on ait fait de ce personnage un mythe extraterrestre de science-fiction puisque de nombreux humains ont cette capacité. Des empathes. Toutefois, il n’est pas question ici de chercher à développer vos facultés extra-sensorielles mais de mettre en pratique l’aspect naturellement empathique de chacun d’entre nous. C’est l’intuition.

Premier mythe éculé : ce n’est pas une affaire de femme! Second mythe tout aussi poussiéreux : l’intuition n’est pas opposée à la raison. L’intuition est une connaissance qu’on ne peut justifier par des faits. Elle se rapproche davantage du sentiment, de l’impression qui relève davantage du monde émotionnel que de la réflexion cartésienne. La meilleure manière de décrire l’intuition dans ce Guide qui n’est quand même pas un ouvrage de philosophie comparée est d’utiliser des expressions familières qui vous rappelleront un certain vécu : le vôtre.

« Je n’aime pas cet endroit. Je ne peux pas dire pourquoi mais je n’aime pas alors, on s’en va. »« Je n’aime pas ce type, il me fait froid dans le dos. Il paraît bien, il parle bien, il sourit et tout mais, je ne l’aime pas. »« C’est bizarre, tout ce qu’il dit a beaucoup de sens mais, je n’en crois pas un mot. »« J’aime bien ton ami, je ne le connais pas, je ne l’ai vu qu’une fois, mais il dégage quelque chose que j’aime bien. C’est fou hein? »« Oui, je sais, j’avais dit que j’irais avec toi mais là, je ne sais pas, quelque chose me dit de rester à la maison, j’aime mieux ça comme ça. »

Vous avez noté que le verbe aimer revient souvent? Je n’aime pas! J’aime. Aimer n’est pas tributaire de la raison. On aime ou on n’aime pas et c’est une décision qui se prend sur le banc, sans raisonnement, sans arguments, sans faits pour justifier ce sentiment. Fait intéressant, les gens très rationnels qui le plus souvent vont nier l’existence de l’intuition utiliseront exactement le même processus pour déterminer leur réaction devant une personne ou un endroit ou une situation. 

Personne ne peut déterminer avec précision où se situe le siège de l’intuition dans le cerveau humain bien que certains parlent de l’hémisphère droit et pour cette raison, l’intuition est souvent qualifiée de mystique, de spirituel ou d’ésotérique. L’Institut des sciences noétiques de Californie s’évertue à trouver la réponse. Chez les hommes, ont dit qu’ils ont du flair ou de l’instinct. C’est un terme utilisé pour assurer la galerie qu’on est un gars et pas une fille. C’est enfantin. L’intuition est une qualité intrinsèque à l’être humain, autant mâle que femelle et qui se développe comme toute autre faculté en vérifiant lorsque c’est possible, la pertinence d’une intuition. Personne n’a plus d’intuition qu’une autre, c’est uniquement que certaines gens vont cultiver leur intuition alors que d’autres vont l’ignorer.

L’intuition n’est toutefois pas une valeur sûre. Pas plus que la raison d’ailleurs. Dans le formulaire plus bas vous serez emmené à donner une note de crédibilité à votre témoin et l’enquêteur observateur sera également appelé à commenter l’entretien avec le témoin. Ne vous fiez pas qu’à votre intuition, vérifiez cette dernière qui surgira dans les premières secondes de votre entretien. Si elle se maintient tout au cours de celui-ci et même après, alors vous serez en mesure de justifier votre choix. 

Lorsque le témoin raconte son aventure, décrit une scène ou répond à une question, il existe une forte chance qu’il démontre une émotion. IDENTIFIEZ cette émotion et VIVEZ-LA. C’est la portion empathique de l’intuition qui se distingue de la sympathie complaisante et de l’antipathie déplaisante. Ce n’est pas un exercice facile, mais il est essentiel de le faire pour accroître son ouverture. Si vous partagez son émotion avec sincérité, il s’ouvrira, livrera ses entrailles et il est certain que des détails enfouis dans sa mémoire ressurgiront. Autre phénomène : il est également possible que le témoin falsificateur vous livrera l’élément qui vous permettra de déterminer que son histoire est fausse. Plus un témoin sent votre complicité, plus il est également possible qu’il livre des informations qu’il s’était promis de ne pas révéler (fréquent dans les cas d’enlèvement). Cette méthode est toutefois à deux tranchants. Méfiez-vous de ne pas vous perdre dans ce témoin et d’oublier qu’en bout de piste vous êtes enquêteur et que vous aurez un rapport signé de votre main à soumettre au DEA pour diffusion. N’hésitez jamais à noter dans votre rapport final ce que vous avez vécu en tant que témoin empathique versus vos conclusions d’enquêteur. Rassurez-vous, tout ne sera pas rapporté intégralement dans l’analyse destinée à l’output!

 

Le témoin est un être humain

 

Ce n’est pas qu’un témoin d’une observation d’ovni que vous avez devant vous. C’est surtout un homme ou une femme qui a une existence, une vie. Il est sans doute aux prises avec toutes sortes de difficultés provenant de son milieu professionnel ou familial. Il a une maîtresse? Elle a un amant? Le fils est en prison? Il est sur le point de faire faillite?  Il se drogue en cachette? Il est alcoolique et le cache? Il vient de perdre son emploi? Il a eu une enfance terrible et votre présence joue un rôle déterminant dans la perception qu’il a de vous : vous êtes menaçant, ou rassurant et cela va déterminer son comportement durant l’entretien. Nous avons tous notre jardin secret. Les témoins aussi. Sachez que pour un témoin qui voit un OVNI alors qu'il est accompagné et qu'il ne veut pas que cela se sache, il risque de se glisser des contradictions. Le genre de relation de confiance que vous aurez établi lors de votre premier contact "confesseur" déterminera votre profondeur de fonctionnement en tant qu'investigateur. 

Ceci dit, si vous découvrez que votre témoin était accompagné par une personne qui n’aurait pas du se trouver là, renoncez à ce deuxième témoin. Vous n'êtes pas un conseiller matrimonial et vous ne voulez pas que votre témoin se referme comme une huître. Ceci n'est qu’un exemple.  Lors d'enquête au cours de laquelle le jeune homme qui prétendait avoir vu un OVNI n'était pas vraiment seul... l’enquêteur a commis l'erreur de lui dire qu’il s’était aperçu de cela, ce qui lui a coûté plus cher en confidences de sa part que cela aurait rapporté en ayant la version du deuxième témoin. Il va de soi qu'en cas d'une observation à multiples témoins, chacun doit être rencontré séparément avec l'utilisation d'un questionnaire par témoin si leur description est importante.

Tout cela pour vous rappeler que vous n’êtes pas un thérapeute cela va sans dire mais vous devez constamment vous rappeler que votre témoin n’est pas une enregistreuse sur laquelle il suffit de pousser le bouton play pour qu’il débite son récit. Soyez patient, attentif, souple, flexible, compréhensif, humain et ne perdez jamais, au grand jamais, de vue que vous êtes en présence d’un être humain tout comme vous et non d’une machine. Cela paraît peut-être incongru à vos yeux d’insister sur ce point mais ça ne l’est pas. Loin de là.  

L’auteur a eu l’opportunité sa vie durant, non seulement de mener des centaines d’enquêtes ufologiques mais également d’avoir mené des milliers d’entrevues pour le compte de stations de radio et ce jusqu’à tout récemment. Cette expérience lui a permis de commettre toutes les erreurs qu’on peut imaginer ayant eu à rencontrer à peu près tout ce qui se créé sur Terre depuis le tueur, le pédophile, le nécrophile, le fraudeur, le psychotique, le malade atteint de la Tourette, de schizophrénie, de paranoïa, des professionnels du Droit, de la Médecine, des politiciens véreux, charmeurs, menteurs jusqu’à l’os, d’autres à ce point habiles qu’il est impossible de les catégoriser, des gens biens, très biens, d’autres qu’on pourrait qualifier de saints et de saintes et bien sûr un tas de gens normaux, sans relief, parfois ternes et ennuyants comme une plage brumeuse et d’autres pétillants, joyeux, pleins d’humour, bref tout l’éventail du pire et du meilleur chez l’homme. Ce rappel n’a pour but que de vous convaincre d’une seule chose : l’élément humain dans une enquête ufologique est essentiel, primordial et ne doit jamais être mis de côté. Le respect de la dignité du témoin doit être une priorité absolue. Ne le perdez jamais de vue.Cela dit, soyez rigoureux!

Maintenant que vous avez établi un bon contact personnalisé avec votre témoin, qu’il a confiance en vous et qu’il a tout raconté, reprenez son histoire, mais cette fois en éclaircissant les zones sombres. Soyez précis dans vos questions et aidez le témoin à l’être également. Vous devez VISUALISER CE QUE DIT LE TÉMOIN. Ce sera d’ailleurs votre défi de constater si ce que VOUS voyez dans votre esprit est conforme au graphique qu’il réalisera plus tard. En d’autres termes, soyez réservé dans vos « images mentales » et ne rendez pas l’ovni plus exotique qu’il ne l’est dans l’espoir de faire publier une bonne histoire. Évitez les « à peu près », les « peut-être ».  Cultivez ces points-là plus que les autres. Il arrive qu’en revenant souvent sur la même question vous allez découvrir, soit une contradiction flagrante ou alors à l’inverse, la mémoire du témoin sera stimulée et vous aurez une réponse plus précise. 

Rappelez-vous du chapitre sur la vision de l’enquêteur. Il est tout à fait normal qu’en vous dirigeant chez le témoin c’est qu’au préalable vous vous êtes entretenu avec lui par courriel ou au téléphone. Vous avez déjà « votre petite idée ». Il y a de fortes chances que ce soit un ovni authentique, un vaisseau étranger à cette planète ou cette dimension. Parce que vous croyez en leur existence et que vous êtes convaincu. À l’inverse, les sceptiques (qui en général toutefois ne font jamais d’enquêtes sur le terrain) s’y rendraient avec eux aussi « leur petite idée » à l’effet qu’il s’agit d’un canular, d’une méprise ou d’une illusion. Ces deux attitudes sont à proscrire.  C’est une enquête que vous allez faire, pas une confirmation ou une infirmation. La seule attitude possible est de réserver votre jugement et votre appréciation. Partez du principe que votre témoin et son témoignage vont faire l’objet d’une enquête serrée et qu’en bout de piste et en bout de piste seulement, l’objet sera identifié comme naturel ou connu ou ne le sera pas.

SIXIÈME PARTIE