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Objets lumineux fixes non familiers. Assurez-vous que le témoin est familier avec l’environnement où s’est produite l’observation. Si c’est un témoin de passage qui ne connaît pas l’endroit, assurez-vous de la présence ou non de phares giratoires au sommet d’une tour, de lumières en permanence sur des sites élevés comme une montagne quasi invisible de nuit, de panneaux publicitaires particuliers et souvent des enseignes lumineuses à l’allure différente. Certaines fêtes foraines peuvent avoir commandé des feux d’artifices, des projecteurs de nuits etc… Tout cela ne pourrait jamais être une explication alternative à un cas solide de RR, mais il vaut mieux vous préparer quand même à identifier ces faux ovnis… Comme déjà indiqué, le CEO ne déléguera jamais un  enquêteur sur les lieux d’une observation de ce genre de toute manière à moins que ce soit dans le but de l’initier au terrain, ce qui n’est pas exclus et il en sera prévenu.
Roulottes
citernes
Au sol, les objets responsables de méprises sont souvent des citernes, des camions citernes, des roulottes de camping notamment de marque Airstream, ou Starstream en aluminium et lorsque l’ovni décrit est lumineux ce sont parfois des enseignes dont l’angle est bizarre ou des phares de voitures dans la brume. Un témoin jurait avoir vu un objet au sol atterrir devant lui et disparaître. Il circulait en voiture dans un secteur qui ne lui était pas familier. Il y avait un peu de brume. Son ovni était un véhicule stationné au bas d’une colline avec une boîte de métal attachée à l’arrière. Soudain un véhicule de type Jeep avec de multiples phares sur le toit a surgi de la colline (dont il ne soupçonnait pas l’existence) donnant l’impression de se poser. La Jeep a tout fermé et notre témoin a posé les yeux sur le dernier objet qu’il a vu soit le reflet des phares sur la boîte de métal. Il nous a raconté son histoire en riant parce qu’il a décidé d’aller voir lui-même l’ovni posé au sol et c’est en s’avançant qu’il a vu la Jeep, la boîte de métal et surtout la colline. Mystère résolu. Vigilance accrue lorsque le témoin n’est pas du coin !
En terrain inconnu, un témoin pas du coin peut très bien ne pas distinguer la forme d’une colline ou d’une petite montagne à l’horizon. Il en va de même de certaines tours de transmission dotées d’un phare giratoire. La méprise viendra alors le plus souvent d’un chercheur de soucoupes, soit un individu fasciné par le sujet et qui rêve de voir sa première soucoupe volante. Dans le jargon ufologique ce sont des soucoupistes qui soucoupisent tout et n’importe quoi. Ce n’est pas un drame dans la mesure où un effort est démontré dans le but d’identifier proprement la source de cette méprise fréquente.
Derrière une petite colline, des campeurs font un feu de joie assez important. Il s’en échappe des étincelles et des fragments de braise qui s’envolent. Derrière cette colline un marcheur, muni d’un cellulaire alerte un enquêteur qu’il connaît bien et lui décrit un ballet d’ovnis dans le ciel. Voilà, ce sont des choses qui se sont produites (à 4h00 du matin!!!) et qui arrivent encore et comme vous n’avez pas plus envie que nous d’enquêter sur de telles observations, vous comprenez maintenant pourquoi nous limitons nos interventions aux dossiers de RR. Par contre, rien ne vous interdit de vous y atteler comme déjà dit, afin d’acquérir une certaine expérience sur le terrain qui n’est certes pas négligeable.
étincelles
Voilà donc les exemples les plus fréquents de méprises mais il en existe d’autres causés par des éléments disparates réunis au même endroit et qu’aucun ufologue ne peut prévoir. Une fête foraine, un évènement spécial, ou la présence d’objets hétéroclites inhabituels peuvent causer d’autres méprises.
Le formulaire du guide tente de tout prévoir mais cela est impossible, il deviendrait trop lourd et son but est d’être user friendly comme le disent les informaticiens. Selon le dossier sur lequel vous allez travailler, vous devrez vous servir de votre intuition et lorsque vous serez en route, vous devrez observer les caractéristiques de l’environnement si bien sûr l’observation coïncide avec le domicile ou le secteur du témoin. Vous devrez mentalement prendre note des structures étranges qui le soir ou la nuit peuvent prendre des allures particulières et en faire part au témoin qui normalement devrait être en mesure de les identifier immédiatement et de vous rassurer.  Il est possible que des changements soient survenus depuis peu, comme une grande citerne ou toute autre structure qui jusqu’alors était plongée dans l’obscurité et qui depuis peu est éclairée, de nouvelles tours, un nouveau parc de balle, etc.
Le formulaire vous demande de décrire les conditions météo. Ce n’est pas pour rien, particulièrement s’il y avait de la brume, une condition qui modifie tout, amplifie la diffusion de l’éclairage, etc. Ce n’est pas évident, mais vous devez penser à tout!
Les canulars volontaires et involontaires
Ils sont rares, mais ils existent. Habituellement ce sont des gens qui veulent attirer l’attention parce qu’ils vivent une existence terne. Ils ont besoin de stimulant. On les retrouve habituellement dans les salles d’urgence affichant de sérieux problèmes de santé et sont pourtant retournés chez-eux avec une Tylenol dans l’estomac. Ce ne sont pas des menteurs organisés mais des affabulateurs, des gens qui vont prendre une situation réelle et dans notre cas de figure, l’observation de quelque chose et largement en exagérer l’importance. La taille de l’objet est le plus souvent l’élément ciblé. S’ils sentent que leur histoire ne passe pas ils vont en rajouter, bien conscient d’exagérer mais c’est plus fort qu’eux. Ils se sentent seuls, ignorés, voire abandonnés et votre présence et l’attention que vous leur prêtez est précieuse. Ce sont des canulars mais quasi involontaires. Vous devriez, le sachant, être en mesure de les identifier  par la méthode Reiser expliquée plus loin.
L’autre amateur de canular est plus difficile à détecter. Il cherche ses 15 minutes de gloire et veut qu’on parle de lui ou à la rigueur de son histoire. Cette dernière est très souvent une formidable invention, très élaborée. Il commettra souvent l’erreur d’y ajouter des photos ou ira jusqu’à fabriquer des traces, encore visibles ou qu’il dira disparues mais qu’il a pu photographier. Sachant que la très grande majorité des témoins privilégient l’anonymat et la discrétion, un tel comportement peut être suspect. Si un tel témoin insiste pour être photographié, filmé ou présenté à un journaliste dites-lui simplement que votre protocole d’intervention est contraire à cela. Observez sa réaction. Comme le veut l’expression populaire, lorsqu’un témoin cherche la visibilité à tout prix, il y a anguille sous roche puisque la très grande majorité d’entre eux  sont extrêmement discrets.95% exigent l’anonymat, 4% acceptent de divulguer leur identité 1% sont prêts à tout pour être en photo. Pourquoi ? Mais encore, ne tirez pas de conclusions hâtives, il peut simplement vouloir faire connaître son histoire et se moque éperdument des conséquences. Également, si un ufologue est témoin, c’est l’inverse. En raison de ses recherches il va insister pour que son dossier soit connu ce qui ne peut être considéré comme obligatoirement suspect dans un tel contexte.
Notez aussi que la rigueur de l’anonymat est proportionnel au statut social et professionnel du témoin.
Le troisième type est plutôt malsain. Ils se recrutent le plus souvent chez les jeunes qui veulent faire la démonstration que les enquêteurs ufologues sont naïfs et facile à duper. Tenter d’humilier les autres leur donne ce qu’ils n’ont pas : un peu d’importance. Leur canular est également très élaboré mais ils ne sont pas seuls, ils n’aiment pas jouer leur comédie sans un public et veulent être admirés après coup par leurs amis pour la réussite de leur coup. Très souvent donc, ils seront plusieurs à assister à l’entretien. Si de nombreux témoins se présentent, il est alors quasi essentiel de travailler à deux. Surveillez les sourires, les œillades, l’esquisse même d’un sourire. Ils n’attendent rien d’autre de votre part qu’un grand intérêt, voire une fascination afin de se nourrir de votre grande naïveté. Le cas échéant, ils peuvent tout avouer sur place pour rigoler un bon coup ou pis encore, en faire part au public lorsque leur observation sera diffusée.
Découvrir qu’il s’agit de l’un ou l’autre de ces canulars n’est pas aisé. L’expérience y est pour beaucoup mais il existe un sens que vous pouvez utiliser. L’intuition! Eh oui, le flair du policier, le bon vieux pif. Si en vous entretenant avec votre témoin vous avez l’impression de ne pas le sentir, de vous méfier, de trouver plus qu’un seul mais plusieurs éléments qui ne collent pas ou qui collent trop bien, tout ça mis ensemble est suffisant pour cocher « faible » à la mention taux de crédibilité sur votre formulaire. C’est le principe de résonance. Demeurez poli, ne faites allusion à rien, indiquez votre intention de regarder tout ça de plus près et filez en douce. Ou alors comptez sur la tendance naturelle qu’a l’être humain de se réconcilier avec lui-même et les autres et ce malgré les apparences. En effet, celui qui volontairement vous trompe avec un canular a l’esprit tordu. Il y a une certaine malice derrière ce geste et il y a fort à parier que cela n’a rien à voir avec vous personnellement. Il cherche à blesser quelqu’un et cela pourrait très bien être lui-même. En demeurant sur place et en emmenant le faux témoin à révéler sa supercherie sans le placer dans une situation intenable, c’est lui qui tentera de mettre un terme à sa comédie. Mais au fond ce n’est pas votre travail, vous êtes enquêteur et pas thérapeute. Alors placez une note de faible crédibilité et qu’on en parle plus.
Soyez assuré qu’avec une mention de faible crédibilité, le CEO ne diffusera jamais cette enquête. Cela est frustrant pour un enquêteur mais signifie qu’il a fait du bon boulot, qu’il a pris de l’expérience et qu’éventuellement il tombera sur un témoin authentique! Si le témoin s’affole, insiste, c’est qu’il y a de grandes chances que votre intuition était juste. Ce sera le cas si c’est lui qui vous rappelle  plus tard en insistant pour que vous reveniez le voir...Un témoin, un vrai, ne sent pas le besoin de convaincre outre mesure. Il vous fait confiance et soudainement vous vous levez pour quitter. Il haussera les épaules et se dira simplement que vous ne le croyez pas et préférera lui aussi mettre un terme à l’entretien. Il agira de la sorte parce qu’il préfère ne plus en parler que de passer pour un fou ou un menteur. Le mot d’ordre est simple : il vaut mieux perdre un cas réel que diffuser une méprise, une illusion et pis encore un canular! L’auteur a la fâcheuse réputation d’avoir la gâchette ultra-sensible.
Nous verrons plus loin l’importance de travailler à deux. Observer un témoin et déterminer s’il ment ou dit la vérité est surtout le travail de l’observateur, une tâche et non un titre. Il n’est pas là pour gérer le formulaire mais pour observer les réactions du témoin. N’étant pas concentré sur un formulaire, il peut prendre une certaine perspective et s’apercevoir que le témoin a de curieuses réactions. Il doit alors en prendre note discrètement tout en associant cette réaction à l’aspect qui est développé dans le dialogue entre lui et l’autre enquêteur. « Le témoin semblait beaucoup plus nerveux lorsque l’enquêteur a parlé de xxxx » En terminant, avant que ne le demandiez : Vous ne serez jamais testé par l’auteur avec un canular organisé. Il n’a pas de temps à perdre avec ces manœuvres douteuses.
Ne soyez pas « ufolologue »
Il n’y a pas d’erreur de frappe! Les Américains ont une belle expression : A wannabe : Who wants to be. Un ufolologue ne cherche pas à déterminer la nature, l’origine et le but d’éventuels visiteurs venant d’ailleurs. Il veut tripper. Les plus jeunes habituellement sont de cette catégorie. L’auteur n’a pas de préjugés contre les jeunes rassurez-vous. Il a simplement été jeune lui aussi ! Ils ont déjà arpenté les cimetières de nuit pour se faire peur, ils cherchent des endroits présumés hantés pour voir un fantôme ou ressentir une forte montée d’adrénaline. Ils ressentent un frisson de plaisir juste à l’idée d’entendre un récit fabuleux. Ils vont en mettre, ils vont graisser la roue et vont pondre un rapport d’enquête à ce point explicite que celui de Roswell ferait figure de gnognotte. Si moindrement vous avez le sentiment d’appartenir à cette catégorie, si vous écumez le web en ayant des orgasmes youtubiens que vous voulez partager avec la planète entière, personne ne tiendra compte de vos enquêtes. Particulièrement l’auteur de ce document qui a un odorat fabuleux pour les détecter.
Une enquête ufologique est quelque chose de sérieux. Les témoins authentiques d’évènements réels ne sont pas des poupées de cire avec lesquelles on s’amuse. Ils ont une vie, une existence propre et surtout ils sont extrêmement nerveux. Ils ne sont pas ravis de raconter leur récit et craignent de passer pour des illuminés.  Anecdote : Il y a plusieurs années de cela, voire près de 40 ans, nous avons rencontré deux témoins qui selon ce que nous pensions, nous avaient tout raconté de A à Z. Quinze ans plus tard, ils ont fait la connaissance d’un autre ufologue et lors de l’entretien, l’un des témoins a ajouté un élément très important qui n’était pas ressorti auparavant. Cet ufologue nous connaissait et a demandé au témoin pourquoi il avait occulté cet élément critique. La réponse du témoin fut typique et nous la citons : « On aime beaucoup monsieur Casault, il a été correct et tout, mais à l’époque, j’avais encore peur de passer pour un malade. Je ne suis pas certain qu’il m’aurait cru. Faudra qu’on lui dise. On n’a pas été corrects avec lui. »
Donc même en situation de confiance, rassuré, prêt à s’ouvrir, un témoin va toujours se garder une petite gêne s’il n’est pas entièrement convaincu qu’il peut vous faire confiance. La crainte d’être ridiculisé est beaucoup plus grande que d’être mal cité. Il importe donc que l’auteur de ce document qui délèguera un enquêteur à sa place, ne fasse pas l’erreur d’envoyer quelqu’un qui ne cherche qu’à tripper! Cette attitude sera perçue par le témoin et le dossier en sera grandement affecté. Vous éviterez aussi, de grâce, de lui jouer ça à la x-files avec des expressions issues du jargon ufologique pour l’impressionner et lui montrer que vous êtes un savant ufologue ! Et de grâce ne vous habillez pas comme un détective ou un espion, genre t-shirt noir et lunettes fumées !!! On a eu ça déjà au Québec on n’en veut plus ! Si ce genre de trucs vous branchent , essayez les scouts, les cadets ou la Réserve Dans certains cas ca paye.
L’entretien avec le témoin
Il s’agit bien de cela, un entretien. Si le témoin habite une résidence conventionnelle, sonnez à la porte avant et non celle du côté. Cette dernière est la porte des beaux-frères, des livreurs et des vendeurs. Par contre, vous présenter chez un témoin en costume de ville, verres fumés, cravate et chemise blanche, une mallette à la main, un ordinateur portable, l’air sérieux et déterminé et vous asseoir à la table de cuisine avec ce dernier en lui demandant dès le départ s’il se drogue ou pas, s’il est traité pour soigner les effets de son état paranoïde, pour ensuite lui montrer des graphiques et prendre des mesures de son champ peut paraître très professionnel. Mais c’est complètement idiot! Agir de la sorte serait faire preuve d’un amateurisme hollywoodien choquant et n’aurait qu’un effet contre-productif. Ça aussi on a eu et on en veut plus !
En d’autres termes, l’enquêteur qui veut tripper les week-end ou l’autre qui veut jouer aux hommes en noir ou à la police, n’a aucun intérêt aux yeux du CEO. Soyez donc vêtu convenablement tout simplement et prévoyez toutefois une excursion à l’extérieur dans ce qui pourrait être un champ de boue. Revenons maintenant sur un point extrêmement important.
Il est rare que les témoins acceptent de raconter leur expérience. On estime à 5% le nombre de témoins qui acceptent de parler de ce qu’ils ont observé. Devenez donc un confident. Au téléphone ou par courriel, c’est autre chose mais en personne, ne commencez jamais à parler de son observation. Donnez-lui le goût de vous présenter sa ou son conjoint, ses enfants et même le chien. Faites-le parler de ses goûts personnels que ce soit dans le domaine du sport, de la télévision, des voyages etc. L’idée n’est pas de passer des heures là-dessus mais de faire en sorte que chacun soit en confiance.
C’est durant ces instants que vous évaluerez votre témoin en fonction des éléments à découvrir et dont la narration en a été effectuée plus haut. Est-il le candidat d’une grosse méprise, d’un canular ?  Si cela est possible et que vous y êtes invité, observez son environnement, les photographies ou peintures sur les murs, les livres dans sa bibliothèque, bref son milieu de vie. Est-ce un témoin qui s’intéresse à tout ou à très peu de choses ? Parlez-lui un peu de ce qui se passe dans le monde, des découvertes récentes, de technologie etc. Cernez son cadre culturel afin de déterminer ce dernier en fonction de son observation et de ses remarques. Rappelez-vous, l’ufologie n’est très souvent que témoignages!
Répondez brièvement à leurs questions sur vos connaissances, vos expériences, les cas sur lesquels vous avez travaillez. SOYEZ DISCRET et ne révélez JAMAIS qu'un dossier vous a fait rire, que le témoin était comme ceci ou cela. Vous aurez de ce genre de situations. Gardez-les pour vous! Le témoin a enfin quelqu'un qui l'écoute, c'est sa parade, sa fête. Ne prenez pas la vedette, vous ne sortez pas de la série X Files!!! De plus ne perdez pas de vue que le ridicule d’une situation peut se retourner contre eux, c’est à dire que si vous montrez ouvertement que vous avez déjà rigolé au sujet d’un cas, rien ne vous empêche de le faire pour le leur. Les témoins ne sont pas stupides!
Donc idéalement, lorsque vous pénétrez dans la résidence d’un témoin vous le faites en dégageant l’image de celui ou celle qui vient l’aider à comprendre ce qu’il a vu et vécu. Vous faites connaissance, vous démontrez un intérêt pour les aspects de sa vie personnelle qu’il veut bien étaler et normalement c’est le témoin qui va initier la phase ufologique de votre rencontre. Il est fréquent qu’un témoin ait observé un ovni plus d’une fois dans sa vie. Demandez-lui de se concentrer sur celui qui lui semble primaire, donc plus important. Bien que cela ne soit mentionné nulle part dans le formulaire de manière directe, assurez-vous d’inclure un rapport succinct sur les autres observations secondaires. Par contre, si une seconde observation est quasi aussi importante que la première, alors vous n’aurez d’autre choix que d’utiliser un second formulaire.
Ce qui sera intéressant pour vous et votre collègue c’est de noter son comportement pour chacune de ces observations. Laissez-le parler, raconter, à sa façon ce qu’il a vu, ne l’interrompez surtout pas avec des questions si son débit est continu, laissez-le terminer. Vous avez étudié votre formulaire et vous savez ce qu’il contient, alors autant que possible pendant son récit ne prenez des notes que sur des aspects dévoilés par le témoin qui ne sont pas inclus dans le formulaire. Quand il aura terminé son récit et qu’il vous regardera en ayant l’air de dire « Vous en pensez quoi? » sa plus grande crainte est que vous ne le croyez pas et c’est sans doute pour cette raison qu’il n’aura pas encore tout dit. Évitez donc d’avoir l’air sceptique ou hyper-convaincu lors de son débriefing. Un enquêteur habile est celui qui cache son jeu incluant le fait qu’il est déjà au courant de certains aspects de l’observation. N’allez pas lui dire : « Il me semblait qu’à un moment l’objet a changé de couleur non ? » C’est à lui de s’en souvenir, pas à vous de lui rappeler. Lorsque tout sera terminé, et qu’il n’aura toujours pas évoqué ce changement de couleur alors là, confrontez-le doucement et observez sa réaction.
Le témoin a terminé son récit nous voilà donc rendu à la partie critique de votre rencontre. Vous devez démontrer que vous respectez ses propos et que vous êtes là pour recueillir le plus d’informations possible afin de l’aider à comprendre ce qu’il a vu. Indiquez alors votre intention d’utiliser un formulaire à cette fin en ajoutant que grâce à ce dernier, certains éléments qu’il a oublié vont peut-être ressortir. C’est alors le moment d’utiliser votre formulaire.
Anecdotes utiles
Voici quelques anecdotes utiles pour vous. Elles ont été vécues par l’auteur au cours de ses années sur le terrain. Ne les prenez pas au pied de la lettre, elles ne sont que des exemples de situations que vous pourriez vivre dans des modes différents mais présentant des similarités.
La vieille dame était convaincue de voir de nombreux ovnis par sa fenêtre. Rendu sur les lieux j’ai eu beau regarder partout je ne voyais que la lune. Notant qu’elle avait des marques sur  le nez mais pas de lunettes, je lui offert les miennes. Juste au cas. « Oh… la lune! » Moi-même sans lunettes, étant myope, la lune m’apparaissait comme divisée en plusieurs sections, donnant l’impression que plusieurs objets en formation se trouvaient là.
Deux jeunes filles étaient convaincues que l’objet qui s’était déplacé dans leur champ avait laissé une matière blanchâtre sur une clôture. Elles n’avaient jamais vu cette substance auparavant. C’était l’époque au cours de laquelle en France on rapportait des « cheveux d’ange » s’échappant des ovnis. Après avoir fouillé dans son secteur, j’ai découvert de la « bave de crapaud » une substance très commune mais qu’elles n’avaient jamais remarqué.
Une dame jurait avoir été réveillée par des lumières très intenses dans son appartement et que clouée sur son lit elle était parcourues de fourmillements désagréables et qu’elle a finalement perdue conscience. Les lumières avaient un aspect translucide ce qui m’agaçait. Un cauchemar? En m’informant auprès de différents médecins, j’ai fini par apprendre qu’une forte crise d’hypoglycémie pouvait entraîner ce genre de réactions. Interrogé sur ce sujet, le témoin a effectivement reconnu souffrir de diabète avancé et à son réveil, s’être sentie beaucoup mieux après avoir absorbé un breuvage sucré.
Un homme d’une cinquantaine d’année vivant seul, prétendait avoir vu un ovni se balader dans le ciel, quelque part. Son témoignage était imprécis, empli de contradictions. Après quelques instants il a complètement changé de sujet. Une heure plus tard je découvris que j’étais presque le sosie de son fils décédé dix ans plus tôt dans un accident de voiture. Il m’avait vu dans un journal local. Très gentiment je lui ai fais admettre que son histoire d’ovni n’était qu’un prétexte à « revoir son fils ». Triste mais bien réel. Ce même scénario s’est reproduit dans un autre contexte plus sensible, lié directement à la solitude d’une… jeune divorcée. Ne souriez pas c’est plus fréquent qu’on ne le croit et des deux côtés de la clôture et même dessus!
À l’inverse, comme déjà dit plus haut, un couple témoin d’une stupéfiante observation m’aura caché pendant plus de trente ans avoir également observé des occupants près de l’objet posé au sol. « Nous avions le sentiment que ce que nous t’avons dit à l’époque était suffisamment fou et n’avons pas voulu tout te dire. C’était trop! »
Travailler à deux
Idéalement, il est de loin préférable de travailler à deux. La technique qui s’impose alors est celle de l’opérateur et de l’observateur et qui n’est pas la version ufologique du good cop bad cop.  C’est à vous deux de déterminer qui jouera le rôle d’opérateur et qui jouera le rôle d’observateur, en permanence ou en alternance durant l’entretien.
La tâche de l’observateur consiste à tenir compte du comportement du témoin, les variations de ce dernier et comme on le verra tout juste après ce chapitre, le non verbal. Un témoin va modifier son comportement et sa gestuelle selon ce qu’il entend. L’interprétation relève d’une science exploitée par certains types de psychologues comportementalistes ou synergologues alors ne vous attendez pas à devenir un détecteur de mensonges sur deux pattes en un week-end. Il y a toutefois des signes majeurs qui ne trompent pas et certains sont indiqués par le non-verbal alors que d’autres se manifestent par l’attitude.
De sympathique et enjoué, le témoin devient plus sombre et fermé. Cela peut signifier deux choses et vous devrez noter après quelle phase de l’enquête cela est survenu. Soit, il se sent menacé de livrer des informations qu’il préfère ne pas livrer, soit il se sent coincé et son mensonge va être éventé. L’observateur devra en faire part à l’opérateur au débriefing, mais d’aucune façon ne doit interrompre l’enquête pour un petit laïus à deux dans le coin de la cuisine. L’observateur devra repérer les sourires, les hésitations et si d’autres personnes sont dans la pièce il doit également percevoir discrètement leurs réactions.
C’est l’observateur qui sera en mesure de comparer avec l’opérateur l’ambiance générale de la rencontre, son intuition à l’affût. Il ne lui est pas interdit de poser des questions, bien au contraire et lorsque cela se produit, l’opérateur change de rôle et c’est à lui de bien observer le témoin et non pas d’en profiter pour aller aux toilettes ou fumer une cigarette dehors.
Le non verbal
La méthode d’enquête prônée par ce document tient compte du langage non verbal, des variations du tonus facial, des yeux, des lèvres, des sourires furtifs, de la position des mains, etc.  Le ton de la voix est observé, les intonations, les borborygmes (sons ou bruits qui se veulent des mots) les expressions, etc. Il s’agit en somme de déterminer si la nervosité du témoin est causée naturellement par votre interrogatoire ou par le fait qu’il sait fort bien que rien de ce qu’il raconte n’est vrai. Un cours complet sur le non verbal est impensable dans ce document. Par contre, certains gestes du corps du témoin démontrent qu’il vit des émotions.
Un témoin qui avale sa salive est légèrement contrarié, s’il le fait très souvent. De deux choses l’une : il a terriblement soif et comme il est chez-lui, il ira se chercher un verre d’eau ou alors, il est vraiment très contrarié. Parce qu’il ment et se sent coincé? Parce qu’il ne veut pas tout dire?
L’observation de l’ensemble de son comportement vous sera utile pour le déterminer. Les bras croisés indiquent la défensive, mais attention elle ne signifie pas qu’il ment mais simplement qu’il se méfie de vous, il n’est pas convaincu que vous le croyez et n’est pas convaincu que vous allez le traiter correctement. Rassurez-le immédiatement. On parle aussi du pouce bien au chaud, enfermé dans le poing du témoin et qui indique un malaise, démontrant que le témoin ne se sent pas dans son propre élément. Alimentez la conversation pour libérer ce pouce et poursuivez.
Par contre, s’il cesse de vous regarder dans les yeux et se gratte le nez, ce n’est pas bon signe. Il ment ou modifie sensiblement la vérité soit en exagérant ou en occultant des aspects de ce qu’il vous dit à ce moment-là et soyez prudent, cela ne touche pas nécessairement l’ensemble du témoignage mais cette section précise. S’il ne fait que toucher son nez ou ses lèvres du bout du doigt c’est autre chose, il réfléchit. S’il se pince le nez c’est qu’il est en profond désaccord mais ne veut pas le dire. S’il porte la main à sa bouche en la couvrant c’est que son témoignage achève, il n’a plus envie de vous parler. Même chose s’il se frotte l’oreille, non pas le lobe ou le dessus de l’oreille mais le centre. Réagissez! S’il touche son menton du doigt c’est qu’il sait très bien où il va, il va révéler ce qu’il pense vraiment. Tout passe par les extrémités : mains, nez, oreilles, menton, pieds, mais aussi le regard.
Lorsque vous demandez au témoin de préciser un détail sur son observation ses yeux regardent vers le haut : il cherche à imager sa réponse, c’est bon signe. Il regarde vers sa gauche (donc votre droite) c’est qu’il fait appel à ses souvenirs, donc à une chose qu’il a vécu. S’il regarde vers la droite, (donc votre gauche) il y a des chances qu’il soit en train de fabriquer une réponse à partir de son imagination!
Exemple : Vous demandez au témoin de décrire avec détails l’objet qu’il a vu dans son champ. Le témoin fait une pause (il se prépare), se recule (donc, il vous craint) et pose son regard vers sa droite (votre gauche). Il est donc en train de fabriquer l’objet et non d’en décrire la forme en utilisant sa mémoire. Il y a de fortes chances qu’il soit en train d’inventer ou d’améliorer son observation. Ce peut être un très gros mensonge (il n’a absolument rien vu) ou une modification de la vérité (il n’a pas vu l’objet aussi clairement qu’il le prétend mais tient à vous faire croire qu’il est un bon témoin et ce pour toutes sortes de raisons).
Soyez toutefois très prudent dans l’interprétation de ces signes du corps. La nervosité, le stress ne sont pas automatiquement des signes de tromperie. Ce n’est pas une science exacte. Il existe des centaines d’autres signes qui peuvent renforcer ou annuler votre interprétation. Ne tirez pas trop de conclusions, surtout hâtives.
Un témoin qui affiche tous les signes visibles d’un mensonge peut effectivement cacher un élément très important mais qui n’a rien à voir avec son observation. J’ai vécu : une culture hydroponique dans son sous-sol ou un congélateur rempli de ce qu’un braconnier sait faire, le genre à maltraiter sa conjointe ou ses enfants et malgré tout être un témoin authentique. Il peut avoir négligé de faire sa déclaration d’impôts, etc. En d’autres termes, les squelettes dans son placard peuvent être d’origine terrestre!!!
Les gens qui ont quelque chose du genre à cacher n’aiment pas être questionnés. C’est un guide simple, sans plus. Ce que vous devez noter, à défaut d’être un synergologue ce sont les changements brusques, les modifications du comportement. Les spécialistes du détecteur de mensonge posent toujours des questions simples au début d’une session alors que le sujet est branché sur leur appareil. Votre nom est bien Jean Tremblay? Vous demeurez à Loretteville? Vous avez 34 ans? Vous êtes marié à Ginette Crevier de Neufchâtel et vous avez eu trois enfants? Le spécialiste note sur son appareil les indicateurs de « vérité ». Après quoi, il s’enfonce dans les détails et finalement en arrive aux questions « qui tuent ». Avez-vous tué Nicole Lapointe?  La variation des indicateurs de stress va indiquer si le sujet ment ou pas, mais ce test n’est pas reconnu par les tribunaux en raison des facteurs de stress à ce genre de test. Comment pensez-vous faire mieux sans tout cet appareillage?
Observez! Observez le comportement du témoin lors de discussions aimables sur son milieu, sa famille et ne posez pas de questions, laissez-le vider son sac. Si, au cours de l’entretien ufologique son comportement se modifie brusquement à certains moments, il y a lieu de se poser des questions. Mais seulement cela! Rien de plus! De toute façon vous n’allez pas l’arrêter et le mettre en prison…Vous ne publierez pas son dossier. C’est le pire qui peut arriver.
Plusieurs témoins
Il est fréquent que plus d’un témoin se présente pour une seule et même observation. Plusieurs diront qu’il est nécessaire de séparer ces témoins au moment de l’entretien et c’est exact mais écoutez ce qu’ils ont à dire ensemble en premier lieu. Ceci vous permettra de dégager le témoin principal des témoins secondaires mais également cela vous permettra de découvrir s’ils ont tous vu la même chose. Dans certains cas, il est possible que certains aient observé des détails importants alors que les autres n’en ont rien vu et vont aller jusqu’à ne pas comprendre comment il se fait qu’il en soit ainsi. Il sera question plus loin du syndrome de Magellan qui peut être à l’origine de cette situation mais il est possible également que dans certaines circonstances, des témoins voient ce que d’autres ne voient pas et ce en raison d’une manifestation directe de l’objet. Des ovnis filmés à Hessdalen en Norvège par une équipe d’universitaires, en 2007, se transforment littéralement sous nos yeux. Certains ufologues prétendent qu’un témoin peut ne pas voir un objet s’il est situé dans un espace temps très particulier mais qu’un autre situé à quelques pas de lui pourra observer.
Les découvertes de la mécanique quantique ont démontré que la lumière se comporte comme une onde ou une particule ou les deux à la fois. Ce mystère peut-il s’appliquer à la dynamique de certaines observations d’ovni? L’ufologue Jacques Vallée suggère même que certains témoignages peuvent présenter des aspects aussi physiques que psychiques et cite notamment le cas de Fatima alors que des manifestations à la fois visibles et matérielles ont accompagné des manifestations que l’on pourrait qualifier de spirituelles. C’est le terrain de chasse privilégié de la Nouvelle Ufologie.
Vallée explique notamment que le niveau 1 des observations décrit un objet physique ayant des effets dérivant de la matérialité absolue. Par contre, il existe des observations de niveau 2 qui démontrent les mêmes effets que le niveau précédent mais soudainement deviennent fantomatiques ou hallucinantes. Un objet change littéralement de forme, disparaît brutalement, passe à travers des formes solides comme le sol ou des bâtiments et dans certains cas, le témoin enlevé dira que l’intérieur de l’objet est beaucoup plus considérable que l’extérieur. A cela s’ajoute une quantité incroyable d’autres effets qui peuvent ne pas être partagés par tous les témoins. C’est pourquoi une rencontre séparée s’impose entre le témoin principal (celui qui semble avoir la description la plus détaillée) et les témoins secondaires. Une fois ces rencontres terminées, l’ufologue devra tenir compte des disparités et les faire ressortir à chaque fois dans le rapport concernant le témoin principal.
Ex : Le témoin A affirme que l’objet était entièrement silencieux (témoin B et C croient pourtant qu’un bourdonnement se faisait entendre.) Éventuellement, il sera utile également d’effectuer un rapprochement entre les disparités. Le témoin B qui entend un bourdonnement n’a pas vu l’objet à la même distance et n’a pas observé le pilier sombre sous l’objet au moment du décollage. Et ainsi de suite. Comme le DEA le rappellera souvent dans ce document, ce ne sont pas les formulaires qui vont devenir important pour l’analyse, mais le RAPPORT FINAL et il devra être rédigé très clairement, et tenir compte de tous les aspects importants. La réputation d’un ufologue repose non seulement sur sa rigueur mais sur sa capacité de narrer les évènements avec clarté, précision et concision. Si le témoin est confus ne le soyez pas et débrouillez-vous pour que l’analyse du DEA soit effectuée à partir des clarifications que vous aurez effectuées avec le témoin.
RR IV ?
Si le témoin fait allusion à un enlèvement, cochez la case du formulaire à cette fin. Des dispositions spéciales sont alors prises par la suite par l’auteur afin d’élaborer sur cet aspect de son observation. Vous serez partie prenante de ces dispositions mais votre première tâche consiste à enquêter d’abord et avant tout sur l’aspect technique de l’observation elle-même.
Un « crime » a été commis
Malgré ce qui a pu être dit plus tôt, un enquêteur en ufologie n’est pas un homme de science ou un technicien de laboratoire. C’est un policier. Il enquête parce qu’un crime a été commis et que son témoin en a été victime. Il n’y a pas vraiment eu de crime ou de victime en soi mais c’est la disposition d’esprit qu’il faut avoir. Vous cherchez des éléments de preuves ou à tout le moins des indices qui vont vous permettre de déterminer la nature de l’observation. Vous avez déjà vu un policier se présenter chez un témoin avec un formulaire? On ne peut vous demander de l’apprendre par cœur, mais soyez attentif à ne pas dépendre uniquement du formulaire et n’ayez surtout pas l’air d’un agent de recensement ou de sondage! Comme déjà dit, ne commencez pas votre entretien avec un formulaire de 25 pages, à la main, des crayons de couleur, une règle et un compas, vous allez peut-être l’impressionner mais vous risquez aussi de l’affoler!
Comme déjà mentionné plusieurs personnes n’aiment pas ce qui est officiel, ça les rend nerveux, ils se ferment, oublient des choses et deviennent confus. C’est le syndrome du douanier. On a beau ne rien avoir à déclarer, les questions de l’agent des douanes nous font suer. A un point même que notre confusion risque de nous faire passer pour des menteurs ce que nous ne sommes pas. Personnellement, je n’aime pas les douanes, ça m’énerve. De retour  d’un petit voyage à Old Orchard, n’ayant rien d’illégal à cacher, j’ai hésité, eut un blanc lorsque le douanier m’a simplement demandé d’où je venais. Servez-vous de votre jugement, chaque témoin est différent, aucune règle ne s’applique quant au moment le plus judicieux pour utiliser les formulaires.
Le témoin vous offre une bière? Acceptez-là, et soyez tout simplement raisonnable, ce n’est qu’un signe d’amitié et c’est très bien. Deux, c’est autre chose mais une c’est très bien. Personne ne vous accusera d’avoir été saoul au travail. A ce stage, vous avez compris ce dont il est question. Vous êtes là pour savoir ce qui s’est vraiment passé et vous le faites d’une manière intelligente, civilisée, agréable, courtoise et efficace.
Entrevue cognitive
Un témoin qui observe un ovni de très près peut subir un choc post-traumatique plus ou moins sérieux mais dont les effets les plus immédiats sont une perte partielle du souvenir d’éléments de son expérience. Sa nervosité s’exprime par une frustration de ne pouvoir se rappeler certains détails. Une bonne façon de remédier à cela est de le mettre en confiance et de lui faire se souvenir d’autres expériences qui peuvent avoir un contexte en commun. Si à titre d’exemple son observation s’est faite sur le bord d’un lac, faites-lui se souvenir d’une partie de pêche mémorable ou d’une excursion à son chalet. S’il était en compagnie de sa conjointe et des enfants au retour d’une soirée au cinéma, faites-le évoquer ce même type de souvenir avec ses propres parents. La parenté de souvenirs anciens non affectés par son traumatisme peut déclencher un rappel de circonstances semblables dans le présent.
La méthode d’entrevue cognitive est actuellement utilisée depuis quelques années par certains corps policiers non pas dans le but de faire avouer un crime à un suspect, ce pourquoi ils ont toujours été formés, mais pour permettre à un témoin ou une victime de se souvenir avec plus de précisions certaines scènes reliées à un crime. L’entrevue cognitive est un concept relativement récent et part du principe que la mémoire d’un témoin qui fonctionne comme une caméra vidéo, c’est à dire dans l’ordre, est un mythe. Vous découvrirez dans quelques instants la méthode Reiser qui utilise à d’autres fins ce concept mais peut se révéler très utile.
La technique de l’entrevue cognitive est complexe et ardue et les praticiens en hypnose ont une bonne longueur d’avance parce qu’elle nécessite une formation rigoureuse mais certains éléments peuvent néanmoins être appliqués. L’un d’eux en particulier consiste à laisser le témoin exprimer sa pensée, élaborer sur son expérience et avec l’aide de l’enquêteur, mettre à jour tous les éléments de son observation. Une façon d’aider le témoin à y parvenir avant de passer à l’étape même de l’entrevue cognitive est de lui faire dessiner tout ce qu’il a vu tout en lui demandant d’expliquer ce qu’il dessine au fur et à mesure. L’effort fourni pour dessiner génère une mémorisation effective. Puis, l’enquêteur demande alors au témoin de « se déplacer » de changer de perspective et de décrire la scène comme si quelqu’un d’autre, d’un autre angle, voyait la scène. Exemple : « Vous dites que l’objet était entre vous et la grange, droit devant vous. Très bien. Supposons que vous vous déplacez pour vous mettre de côté, selon vous de quoi l’objet aurait-il eut l’air? »  La pertinence de cette question n’est pas de déterminer ce qu’effectivement l’objet aurait eu l’air mais, de forcer le témoin à cibler sa mémoire sur son observation. Vous n’avez pas idée du processus électrochimique que cela engendre dans le cerveau! J’ai utilisé cette technique avec succès dans le cas de Jacques (Affaire Jacques et Lucie).
Une autre méthode inspirée de l’entrevue cognitive consiste à demander au témoin de se fermer les yeux. C’est presque de l’hypnose, vous le guidez pas à pas, en lui rappelant les éléments clefs de son expérience. Vous posez des questions sur l’environnement dans le genre : « L’air est-il frais? Est-ce qu’il y a des odeurs etc.? » Vous avancez de la sorte et lorsque le témoin s’interromps et ouvre les yeux pour élaborer, demandez-lui de fermer les yeux de nouveau et de reprendre son récit là ou il est rendu. L’entrevue cognitive présuppose une excellente relation de confiance entre l’enquêteur et le témoin. Il vaut mieux ne pas utiliser cette méthode si vous n’êtes pas à l’aise plutôt que de tout bousiller.
Une autre technique consiste à demander aux témoins de raconter son histoire dans le désordre. Ou à l’envers. Pour mieux comprendre, voyons une méthode destinée à découvrir si le témoin ment. Lorsque vous aurez maîtrisé cette méthode (Reiser) et que vous constatez que le témoin dit la vérité, sa mémoire s’en trouvera ravivée. Par contre s’il ment, cela devient fort utile. Voyons cela de plus près.

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GUIDE DE L'ENQUÊTEUR UFOLOGIQUE (4)

 

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Dites NON  au piratage 



Un texte de Jean Casault du Centre d’Étude sur les Ovnis.
Illustrations de Jean Lavergne de  Digifilm.ca

Les canulars volontaires et involontaires

 Ne soyez pas ufolologue

 L’entretien avec le témoin

 Anecdotes utiles

 Travailler à deux

 Le non verbal

 Plusieurs témoins

 RR IV ?

 Un crime a été commis

 Entrevue cognitive

 

(Illustration de EDC Studio)

 

Objets lumineux fixes non familiers.

Assurez-vous que le témoin est familier avec l’environnement où s’est produite l’observation. Si c’est un témoin de passage qui ne connaît pas l’endroit, assurez-vous de la présence ou non de phares giratoires au sommet d’une tour, de lumières en permanence sur des sites élevés comme une montagne quasi invisible de nuit, de panneaux publicitaires particuliers et souvent des enseignes lumineuses à l’allure différente. Certaines fêtes foraines peuvent avoir commandé des feux d’artifices, des projecteurs de nuits etc… Tout cela ne pourrait jamais être une explication alternative à un cas solide de RR, mais il vaut mieux vous préparer quand même à identifier ces faux ovnis… Comme déjà indiqué, le CEO ne déléguera jamais un  enquêteur sur les lieux d’une observation de ce genre de toute manière à moins que ce soit dans le but de l’initier au terrain, ce qui n’est pas exclus et il en sera prévenu.

 

 

Au sol, les objets responsables de méprises sont souvent des citernes, des camions citernes, des roulottes de camping notamment de marque Airstream, ou Starstream en aluminium et lorsque l’ovni décrit est lumineux ce sont parfois des enseignes dont l’angle est bizarre ou des phares de voitures dans la brume. Un témoin jurait avoir vu un objet au sol atterrir devant lui et disparaître. Il circulait en voiture dans un secteur qui ne lui était pas familier. Il y avait un peu de brume. Son ovni était un véhicule stationné au bas d’une colline avec une boîte de métal attachée à l’arrière. Soudain un véhicule de type Jeep avec de multiples phares sur le toit a surgi de la colline (dont il ne soupçonnait pas l’existence) donnant l’impression de se poser. La Jeep a tout fermé et notre témoin a posé les yeux sur le dernier objet qu’il a vu soit le reflet des phares sur la boîte de métal. Il nous a raconté son histoire en riant parce qu’il a décidé d’aller voir lui-même l’ovni posé au sol et c’est en s’avançant qu’il a vu la Jeep, la boîte de métal et surtout la colline. Mystère résolu.

 

Vigilance accrue lorsque le témoin n’est pas du coin ! En terrain inconnu, un témoin pas du coin peut très bien ne pas distinguer la forme d’une colline ou d’une petite montagne à l’horizon. Il en va de même de certaines tours de transmission dotées d’un phare giratoire. La méprise viendra alors le plus souvent d’un chercheur de soucoupes, soit un individu fasciné par le sujet et qui rêve de voir sa première soucoupe volante. Dans le jargon ufologique ce sont des soucoupistes qui soucoupisent tout et n’importe quoi. Ce n’est pas un drame dans la mesure où un effort est démontré dans le but d’identifier proprement la source de cette méprise fréquente.

 

Derrière une petite colline, des campeurs font un feu de joie assez important. Il s’en échappe des étincelles et des fragments de braise qui s’envolent. Derrière cette colline un marcheur, muni d’un cellulaire alerte un enquêteur qu’il connaît bien et lui décrit un ballet d’ovnis dans le ciel. Voilà, ce sont des choses qui se sont produites (à 4h00 du matin!!!) et qui arrivent encore et comme vous n’avez pas plus envie que nous d’enquêter sur de telles observations, vous comprenez maintenant pourquoi nous limitons nos interventions aux dossiers de RR. La vue stéréoscopique de l'être humain lui permet d'évaluer si un objet est proche ou loin mais cette capacité varie considérablement d'une personne à l'autre. Par contre, rien ne vous interdit de vous y atteler comme déjà dit, afin d’acquérir une certaine expérience sur le terrain qui n’est certes pas négligeable.

Voilà donc les exemples les plus fréquents de méprises mais il en existe d’autres causés par des éléments disparates réunis au même endroit et qu’aucun ufologue ne peut prévoir. Une fête foraine, un évènement spécial, ou la présence d’objets hétéroclites inhabituels peuvent causer d’autres méprises.

Le formulaire du guide tente de tout prévoir mais cela est impossible, il deviendrait trop lourd et son but est d’être user friendly comme le disent les informaticiens. Selon le dossier sur lequel vous allez travailler, vous devrez vous servir de votre intuition et lorsque vous serez en route, vous devrez observer les caractéristiques de l’environnement si bien sûr l’observation coïncide avec le domicile ou le secteur du témoin. Vous devrez mentalement prendre note des structures étranges qui le soir ou la nuit peuvent prendre des allures particulières et en faire part au témoin qui normalement devrait être en mesure de les identifier immédiatement et de vous rassurer.  Il est possible que des changements soient survenus depuis peu, comme une grande citerne ou toute autre structure qui jusqu’alors était plongée dans l’obscurité et qui depuis peu est éclairée, de nouvelles tours, un nouveau parc de balle, etc. Le formulaire vous demande de décrire les conditions météo. Ce n’est pas pour rien, particulièrement s’il y avait de la brume, une condition qui modifie tout, amplifie la diffusion de l’éclairage, etc. Ce n’est pas évident, mais vous devez penser à tout!

Les canulars volontaires et involontaires

Ils sont rares, mais ils existent. Habituellement ce sont des gens qui veulent attirer l’attention parce qu’ils vivent une existence terne. Ils ont besoin de stimulant. On les retrouve habituellement dans les salles d’urgence affichant de sérieux problèmes de santé et sont pourtant retournés chez-eux avec une Tylenol dans l’estomac. Ce ne sont pas des menteurs organisés mais des affabulateurs, des gens qui vont prendre une situation réelle et dans notre cas de figure, l’observation de quelque chose et largement en exagérer l’importance. La taille de l’objet est le plus souvent l’élément ciblé. S’ils sentent que leur histoire ne passe pas ils vont en rajouter, bien conscient d’exagérer mais c’est plus fort qu’eux. Ils se sentent seuls, ignorés, voire abandonnés et votre présence et l’attention que vous leur prêtez est précieuse. Ce sont des canulars mais quasi involontaires. Vous devriez, le sachant, être en mesure de les identifier  par la méthode Reiser expliquée plus loin.

L’autre amateur de canular est plus difficile à détecter. Il cherche ses 15 minutes de gloire et veut qu’on parle de lui ou à la rigueur de son histoire. Cette dernière est très souvent une formidable invention, très élaborée. Il commettra souvent l’erreur d’y ajouter des photos ou ira jusqu’à fabriquer des traces, encore visibles ou qu’il dira disparues mais qu’il a pu photographier. Sachant que la très grande majorité des témoins privilégient l’anonymat et la discrétion, un tel comportement peut être suspect. Si un tel témoin insiste pour être photographié, filmé ou présenté à un journaliste dites-lui simplement que votre protocole d’intervention est contraire à cela. Observez sa réaction. Comme le veut l’expression populaire, lorsqu’un témoin cherche la visibilité à tout prix, il y a anguille sous roche puisque la très grande majorité d’entre eux  sont extrêmement discrets.95% exigent l’anonymat, 4% acceptent de divulguer leur identité 1% sont prêts à tout pour être en photo. Pourquoi ? Mais encore, ne tirez pas de conclusions hâtives, il peut simplement vouloir faire connaître son histoire et se moque éperdument des conséquences. Également, si un ufologue est témoin, c’est l’inverse. En raison de ses recherches il va insister pour que son dossier soit connu ce qui ne peut être considéré comme obligatoirement suspect dans un tel contexte.Notez aussi que la rigueur de l’anonymat est proportionnel au statut social et professionnel du témoin.  

Le troisième type est plutôt malsain. Ils se recrutent le plus souvent chez les jeunes qui veulent faire la démonstration que les enquêteurs ufologues sont naïfs et facile à duper. Tenter d’humilier les autres leur donne ce qu’ils n’ont pas : un peu d’importance. Il peut s'agir aussi de sceoptiques invétérés qui vont tout faire pour vous piéger.( rare) Leur canular est également très élaboré mais ils ne sont pas seuls, ils n’aiment pas jouer leur comédie sans un public et veulent être admirés après coup par leurs amis pour la réussite de leur coup. Très souvent donc, ils seront plusieurs à assister à l’entretien. Si de nombreux témoins se présentent, il est alors quasi essentiel de travailler à deux. Surveillez les sourires, les œillades, l’esquisse même d’un sourire. Ils n’attendent rien d’autre de votre part qu’un grand intérêt, voire une fascination afin de se nourrir de votre grande naïveté. Le cas échéant, ils peuvent tout avouer sur place pour rigoler un bon coup ou pis encore, en faire part au public lorsque leur observation sera diffusée. 

Découvrir qu’il s’agit de l’un ou l’autre de ces canulars n’est pas aisé. L’expérience y est pour beaucoup mais il existe un sens que vous pouvez utiliser. L’intuition! Eh oui, le flair du policier, le bon vieux pif. Si en vous entretenant avec votre témoin vous avez l’impression de ne pas le sentir, de vous méfier, de trouver plus qu’un seul mais plusieurs éléments qui ne collent pas ou qui collent trop bien, tout ça mis ensemble est suffisant pour cocher « faible » à la mention taux de crédibilité sur votre formulaire. C’est le principe de résonance. Demeurez poli, ne faites allusion à rien, indiquez votre intention de regarder tout ça de plus près et filez en douce. Ou alors comptez sur la tendance naturelle qu’a l’être humain de se réconcilier avec lui-même et les autres et ce malgré les apparences.

En effet, celui qui volontairement vous trompe avec un canular a l’esprit tordu. Il y a une certaine malice derrière ce geste et il y a fort à parier que cela n’a rien à voir avec vous personnellement. Il cherche à blesser quelqu’un et cela pourrait très bien être lui-même. En demeurant sur place et en emmenant le faux témoin à révéler sa supercherie sans le placer dans une situation intenable, c’est lui qui tentera de mettre un terme à sa comédie. Mais au fond ce n’est pas votre travail, vous êtes enquêteur et pas thérapeute. Alors placez une note de faible crédibilité et qu’on en parle plus.

Soyez assuré qu’avec une mention de faible crédibilité, le CEO ne diffusera jamais cette enquête. Cela est frustrant pour un enquêteur mais signifie qu’il a fait du bon boulot, qu’il a pris de l’expérience et qu’éventuellement il tombera sur un témoin authentique! Si le témoin s’affole, insiste, c’est qu’il y a de grandes chances que votre intuition était juste. Ce sera le cas si c’est lui qui vous rappelle  plus tard en insistant pour que vous reveniez le voir...Un témoin, un vrai, ne sent pas le besoin de convaincre outre mesure. Il vous fait confiance et soudainement vous vous levez pour quitter. Il haussera les épaules et se dira simplement que vous ne le croyez pas et préférera lui aussi mettre un terme à l’entretien. Il agira de la sorte parce qu’il préfère ne plus en parler que de passer pour un fou ou un menteur. Le mot d’ordre est simple : il vaut mieux perdre un cas réel que diffuser une méprise, une illusion et pis encore un canular! L’auteur a la fâcheuse réputation d’avoir la gâchette ultra-sensible.

Nous verrons plus loin l’importance de travailler à deux. Observer un témoin et déterminer s’il ment ou dit la vérité est surtout le travail de l’observateur, une tâche et non un titre. Il n’est pas là pour gérer le formulaire mais pour observer les réactions du témoin. N’étant pas concentré sur un formulaire, il peut prendre une certaine perspective et s’apercevoir que le témoin a de curieuses réactions. Il doit alors en prendre note discrètement tout en associant cette réaction à l’aspect qui est développé dans le dialogue entre lui et l’autre enquêteur. « Le témoin semblait beaucoup plus nerveux lorsque l’enquêteur a parlé de xxxx » En terminant, avant que ne le demandiez : Vous ne serez jamais testé par l’auteur avec un canular organisé. Il n’a pas de temps à perdre avec ces manœuvres douteuses. 

Ne soyez pas « ufolologue »

Il n’y a pas d’erreur de frappe! Les Américains ont une belle expression : A wannabe : Who wants to be. Un ufolologue ne cherche pas à déterminer la nature, l’origine et le but d’éventuels visiteurs venant d’ailleurs. Il veut tripper. Les plus jeunes habituellement sont de cette catégorie. L’auteur n’a pas de préjugés contre les jeunes rassurez-vous. Il a simplement été jeune lui aussi ! Ils ont déjà arpenté les cimetières de nuit pour se faire peur, ils cherchent des endroits présumés hantés pour voir un fantôme ou ressentir une forte montée d’adrénaline. Ils ressentent un frisson de plaisir juste à l’idée d’entendre un récit fabuleux. Ils vont en mettre, ils vont graisser la roue et vont pondre un rapport d’enquête à ce point explicite que celui de Roswell ferait figure de gnognotte. Si moindrement vous avez le sentiment d’appartenir à cette catégorie, si vous écumez le web en ayant des orgasmes youtubiens que vous voulez partager avec la planète entière, personne ne tiendra compte de vos enquêtes. Particulièrement l’auteur de ce document qui a un odorat fabuleux pour les détecter.

Une enquête ufologique est quelque chose de sérieux. Les témoins authentiques d’évènements réels ne sont pas des poupées de cire avec lesquelles on s’amuse. Ils ont une vie, une existence propre et surtout ils sont extrêmement nerveux. Ils ne sont pas ravis de raconter leur récit et craignent de passer pour des illuminés.  Anecdote : Il y a plusieurs années de cela, voire près de 40 ans, nous avons rencontré deux témoins qui selon ce que nous pensions, nous avaient tout raconté de A à Z. Quinze ans plus tard, ils ont fait la connaissance d’un autre ufologue et lors de l’entretien, l’un des témoins a ajouté un élément très important qui n’était pas ressorti auparavant. Cet ufologue nous connaissait et a demandé au témoin pourquoi il avait occulté cet élément critique. La réponse du témoin fut typique et nous la citons : « On aime beaucoup monsieur Casault, il a été correct et tout, mais à l’époque, j’avais encore peur de passer pour un malade. Je ne suis pas certain qu’il m’aurait cru. Faudra qu’on lui dise. On n’a pas été corrects avec lui. »  

Donc même en situation de confiance, rassuré, prêt à s’ouvrir, un témoin va toujours se garder une petite gêne s’il n’est pas entièrement convaincu qu’il peut vous faire confiance. La crainte d’être ridiculisé est beaucoup plus grande que d’être mal cité. Il importe donc que l’auteur de ce document qui délèguera un enquêteur à sa place, ne fasse pas l’erreur d’envoyer quelqu’un qui ne cherche qu’à tripper! Cette attitude sera perçue par le témoin et le dossier en sera grandement affecté. Vous éviterez aussi, de grâce, de lui jouer ça à la x-files avec des expressions issues du jargon ufologique pour l’impressionner et lui montrer que vous êtes un savant ufologue ! Et de grâce ne vous habillez pas comme un détective ou un espion, genre t-shirt noir et lunettes fumées !!! On a eu ça déjà au Québec on n’en veut plus ! Si ce genre de trucs vous branchent , essayez les scouts, les cadets ou la Réserve. Dans certains cas ca paye.

L’entretien avec le témoin

Il s’agit bien de cela, un entretien. Si le témoin habite une résidence conventionnelle, sonnez à la porte avant et non celle du côté. Cette dernière est la porte des beaux-frères, des livreurs et des vendeurs. Par contre, vous présenter chez un témoin en costume de ville, verres fumés, cravate et chemise blanche, une mallette à la main, un ordinateur portable, l’air sérieux et déterminé et vous asseoir à la table de cuisine avec ce dernier en lui demandant dès le départ s’il se drogue ou pas, s’il est traité pour soigner les effets de son état paranoïde, pour ensuite lui montrer des graphiques et prendre des mesures de son champ peut paraître très professionnel. Mais c’est complètement idiot! Agir de la sorte serait faire preuve d’un amateurisme hollywoodien choquant et n’aurait qu’un effet contre-productif. Ça aussi on a eu et on en veut plus !

En d’autres termes, l’enquêteur qui veut tripper les week-end ou l’autre qui veut jouer aux hommes en noir ou à la police, n’a aucun intérêt aux yeux du CEO. Soyez donc vêtu convenablement tout simplement et prévoyez toutefois une excursion à l’extérieur dans ce qui pourrait être un champ de boue. Revenons maintenant sur un point extrêmement important.

Il est rare que les témoins acceptent de raconter leur expérience. On estime à 5% le nombre de témoins qui acceptent de parler de ce qu’ils ont observé. Devenez donc un confident. Au téléphone ou par courriel, c’est autre chose mais en personne, ne commencez jamais à parler de son observation. Donnez-lui le goût de vous présenter sa ou son conjoint, ses enfants et même le chien. Faites-le parler de ses goûts personnels que ce soit dans le domaine du sport, de la télévision, des voyages etc. L’idée n’est pas de passer des heures là-dessus mais de faire en sorte que chacun soit en confiance.

C’est durant ces instants que vous évaluerez votre témoin en fonction des éléments à découvrir et dont la narration en a été effectuée plus haut. Est-il le candidat d’une grosse méprise, d’un canular ?  Si cela est possible et que vous y êtes invité, observez son environnement, les photographies ou peintures sur les murs, les livres dans sa bibliothèque, bref son milieu de vie. Est-ce un témoin qui s’intéresse à tout ou à très peu de choses ? Parlez-lui un peu de ce qui se passe dans le monde, des découvertes récentes, de technologie etc. Cernez son cadre culturel afin de déterminer ce dernier en fonction de son observation et de ses remarques. Rappelez-vous, l’ufologie n’est très souvent que témoignages! 

Répondez brièvement à leurs questions sur vos connaissances, vos expériences, les cas sur lesquels vous avez travaillez. SOYEZ DISCRET et ne révélez JAMAIS qu'un dossier vous a fait rire, que le témoin était comme ceci ou cela. Vous aurez de ce genre de situations. Gardez-les pour vous! Le témoin a enfin quelqu'un qui l'écoute, c'est sa parade, sa fête. Ne prenez pas la vedette, vous ne sortez pas de la série X Files!!! De plus ne perdez pas de vue que le ridicule d’une situation peut se retourner contre eux, c’est à dire que si vous montrez ouvertement que vous avez déjà rigolé au sujet d’un cas, rien ne vous empêche de le faire pour le leur. Les témoins ne sont pas stupides!

Donc idéalement, lorsque vous pénétrez dans la résidence d’un témoin vous le faites en dégageant l’image de celui ou celle qui vient l’aider à comprendre ce qu’il a vu et vécu. Vous faites connaissance, vous démontrez un intérêt pour les aspects de sa vie personnelle qu’il veut bien étaler et normalement c’est le témoin qui va initier la phase ufologique de votre rencontre. Il est fréquent qu’un témoin ait observé un ovni plus d’une fois dans sa vie. Demandez-lui de se concentrer sur celui qui lui semble primaire, donc plus important. Bien que cela ne soit mentionné nulle part dans le formulaire de manière directe, assurez-vous d’inclure un rapport succinct sur les autres observations secondaires. Par contre, si une seconde observation est quasi aussi importante que la première, alors vous n’aurez d’autre choix que d’utiliser un second formulaire. 

Ce qui sera intéressant pour vous et votre collègue c’est de noter son comportement pour chacune de ces observations. Laissez-le parler, raconter, à sa façon ce qu’il a vu, ne l’interrompez surtout pas avec des questions si son débit est continu, laissez-le terminer. Vous avez étudié votre formulaire et vous savez ce qu’il contient, alors autant que possible pendant son récit ne prenez des notes que sur des aspects dévoilés par le témoin qui ne sont pas inclus dans le formulaire. Quand il aura terminé son récit et qu’il vous regardera en ayant l’air de dire « Vous en pensez quoi? » sa plus grande crainte est que vous ne le croyez pas et c’est sans doute pour cette raison qu’il n’aura pas encore tout dit. Évitez donc d’avoir l’air sceptique ou hyper-convaincu lors de son débriefing. Un enquêteur habile est celui qui cache son jeu incluant le fait qu’il est déjà au courant de certains aspects de l’observation. N’allez pas lui dire : « Il me semblait qu’à un moment l’objet a changé de couleur non ? » C’est à lui de s’en souvenir, pas à vous de lui rappeler. Lorsque tout sera terminé, et qu’il n’aura toujours pas évoqué ce changement de couleur alors là, confrontez-le doucement et observez sa réaction. 

Le témoin a terminé son récit nous voilà donc rendu à la partie critique de votre rencontre. Vous devez démontrer que vous respectez ses propos et que vous êtes là pour recueillir le plus d’informations possible afin de l’aider à comprendre ce qu’il a vu. Indiquez alors votre intention d’utiliser un formulaire à cette fin en ajoutant que grâce à ce dernier, certains éléments qu’il a oublié vont peut-être ressortir. C’est alors le moment d’utiliser votre formulaire.

Anecdotes utiles

Voici quelques anecdotes utiles pour vous. Elles ont été vécues par l’auteur au cours de ses années sur le terrain. Ne les prenez pas au pied de la lettre, elles ne sont que des exemples de situations que vous pourriez vivre dans des modes différents mais présentant des similarités.

La vieille dame était convaincue de voir de nombreux ovnis par sa fenêtre. Rendu sur les lieux j’ai eu beau regarder partout je ne voyais que la lune. Notant qu’elle avait des marques sur  le nez mais pas de lunettes, je lui offert les miennes. Juste au cas. « Oh… la lune! » Moi-même sans lunettes, étant myope, la lune m’apparaissait comme divisée en plusieurs sections, donnant l’impression que plusieurs objets en formation se trouvaient là.

Deux jeunes filles étaient convaincues que l’objet qui s’était déplacé dans leur champ avait laissé une matière blanchâtre sur une clôture. Elles n’avaient jamais vu cette substance auparavant. C’était l’époque au cours de laquelle en France on rapportait des « cheveux d’ange » s’échappant des ovnis. Après avoir fouillé dans son secteur, j’ai découvert de la « bave de crapaud » une substance très commune mais qu’elles n’avaient jamais remarqué. 

Une dame jurait avoir été réveillée par des lumières très intenses dans son appartement et que clouée sur son lit elle était parcourues de fourmillements désagréables et qu’elle a finalement perdue conscience. Les lumières avaient un aspect translucide ce qui m’agaçait. Un cauchemar? En m’informant auprès de différents médecins, j’ai fini par apprendre qu’une forte crise d’hypoglycémie pouvait entraîner ce genre de réactions. Interrogé sur ce sujet, le témoin a effectivement reconnu souffrir de diabète avancé et à son réveil, s’être sentie beaucoup mieux après avoir absorbé un breuvage sucré.

Un homme d’une cinquantaine d’année vivant seul, prétendait avoir vu un ovni se balader dans le ciel, quelque part. Son témoignage était imprécis, empli de contradictions. Après quelques instants il a complètement changé de sujet. Une heure plus tard je découvris que j’étais presque le sosie de son fils décédé dix ans plus tôt dans un accident de voiture. Il m’avait vu dans un journal local. Très gentiment je lui ai fais admettre que son histoire d’ovni n’était qu’un prétexte à « revoir son fils ». Triste mais bien réel. Ce même scénario s’est reproduit dans un autre contexte plus sensible, lié directement à la solitude d’une… jeune divorcée. Ne souriez pas c’est plus fréquent qu’on ne le croit et des deux côtés de la clôture et même dessus! 

À l’inverse, comme déjà dit plus haut, un couple témoin d’une stupéfiante observation m’aura caché pendant plus de trente ans avoir également observé des occupants près de l’objet posé au sol. « Nous avions le sentiment que ce que nous t’avons dit à l’époque était suffisamment fou et n’avons pas voulu tout te dire. C’était trop! »

Travailler à deux

Idéalement, il est de loin préférable de travailler à deux. La technique qui s’impose alors est celle de l’opérateur et de l’observateur et qui n’est pas la version ufologique du good cop bad cop.  C’est à vous deux de déterminer qui jouera le rôle d’opérateur et qui jouera le rôle d’observateur, en permanence ou en alternance durant l’entretien. 

La tâche de l’observateur consiste à tenir compte du comportement du témoin, les variations de ce dernier et comme on le verra tout juste après ce chapitre, le non verbal. Un témoin va modifier son comportement et sa gestuelle selon ce qu’il entend. L’interprétation relève d’une science exploitée par certains types de psychologues comportementalistes ou synergologues alors ne vous attendez pas à devenir un détecteur de mensonges sur deux pattes en un week-end. Il y a toutefois des signes majeurs qui ne trompent pas et certains sont indiqués par le non-verbal alors que d’autres se manifestent par l’attitude.

De sympathique et enjoué, le témoin devient plus sombre et fermé. Cela peut signifier deux choses et vous devrez noter après quelle phase de l’enquête cela est survenu. Soit, il se sent menacé de livrer des informations qu’il préfère ne pas livrer, soit il se sent coincé et son mensonge va être éventé. L’observateur devra en faire part à l’opérateur au débriefing, mais d’aucune façon ne doit interrompre l’enquête pour un petit laïus à deux dans le coin de la cuisine. L’observateur devra repérer les sourires, les hésitations et si d’autres personnes sont dans la pièce il doit également percevoir discrètement leurs réactions.

C’est l’observateur qui sera en mesure de comparer avec l’opérateur l’ambiance générale de la rencontre, son intuition à l’affût. Il ne lui est pas interdit de poser des questions, bien au contraire et lorsque cela se produit, l’opérateur change de rôle et c’est à lui de bien observer le témoin et non pas d’en profiter pour aller aux toilettes ou fumer une cigarette dehors.

Le non verbal

La méthode d’enquête prônée par ce document tient compte du langage non verbal, des variations du tonus facial, des yeux, des lèvres, des sourires furtifs, de la position des mains, etc.  Le ton de la voix est observé, les intonations, les borborygmes (sons ou bruits qui se veulent des mots) les expressions, etc. Il s’agit en somme de déterminer si la nervosité du témoin est causée naturellement par votre interrogatoire ou par le fait qu’il sait fort bien que rien de ce qu’il raconte n’est vrai. Un cours complet sur le non verbal est impensable dans ce document. Par contre, certains gestes du corps du témoin démontrent qu’il vit des émotions. 

Un témoin qui avale sa salive est légèrement contrarié, s’il le fait très souvent. De deux choses l’une : il a terriblement soif et comme il est chez-lui, il ira se chercher un verre d’eau ou alors, il est vraiment très contrarié. Parce qu’il ment et se sent coincé? Parce qu’il ne veut pas tout dire? 

L’observation de l’ensemble de son comportement vous sera utile pour le déterminer. Les bras croisés indiquent la défensive, mais attention elle ne signifie pas qu’il ment mais simplement qu’il se méfie de vous, il n’est pas convaincu que vous le croyez et n’est pas convaincu que vous allez le traiter correctement. Rassurez-le immédiatement. On parle aussi du pouce bien au chaud, enfermé dans le poing du témoin et qui indique un malaise, démontrant que le témoin ne se sent pas dans son propre élément. Alimentez la conversation pour libérer ce pouce et poursuivez.

Par contre, s’il cesse de vous regarder dans les yeux et se gratte le nez, ce n’est pas bon signe. Il ment ou modifie sensiblement la vérité soit en exagérant ou en occultant des aspects de ce qu’il vous dit à ce moment-là et soyez prudent, cela ne touche pas nécessairement l’ensemble du témoignage mais cette section précise. S’il ne fait que toucher son nez ou ses lèvres du bout du doigt c’est autre chose, il réfléchit. S’il se pince le nez c’est qu’il est en profond désaccord mais ne veut pas le dire. S’il porte la main à sa bouche en la couvrant c’est que son témoignage achève, il n’a plus envie de vous parler. Même chose s’il se frotte l’oreille, non pas le lobe ou le dessus de l’oreille mais le centre. Réagissez! S’il touche son menton du doigt c’est qu’il sait très bien où il va, il va révéler ce qu’il pense vraiment. Tout passe par les extrémités : mains, nez, oreilles, menton, pieds, mais aussi le regard.

Lorsque vous demandez au témoin de préciser un détail sur son observation ses yeux regardent vers le haut : il cherche à imager sa réponse, c’est bon signe. Il regarde vers sa gauche (donc votre droite) c’est qu’il fait appel à ses souvenirs, donc à une chose qu’il a vécu. S’il regarde vers la droite, (donc votre gauche) il y a des chances qu’il soit en train de fabriquer une réponse à partir de son imagination!

Exemple : Vous demandez au témoin de décrire avec détails l’objet qu’il a vu dans son champ. Le témoin fait une pause (il se prépare), se recule (donc, il vous craint) et pose son regard vers sa droite (votre gauche). Il est donc en train de fabriquer l’objet et non d’en décrire la forme en utilisant sa mémoire. Il y a de fortes chances qu’il soit en train d’inventer ou d’améliorer son observation. Ce peut être un très gros mensonge (il n’a absolument rien vu) ou une modification de la vérité (il n’a pas vu l’objet aussi clairement qu’il le prétend mais tient à vous faire croire qu’il est un bon témoin et ce pour toutes sortes de raisons).

Soyez toutefois très prudent dans l’interprétation de ces signes du corps. La nervosité, le stress ne sont pas automatiquement des signes de tromperie. Ce n’est pas une science exacte. Il existe des centaines d’autres signes qui peuvent renforcer ou annuler votre interprétation. Ne tirez pas trop de conclusions, surtout hâtives. 

 

Un témoin qui affiche tous les signes visibles d’un mensonge peut effectivement cacher un élément très important mais qui n’a rien à voir avec son observation. J’ai vécu : une culture hydroponique dans son sous-sol ou un congélateur rempli de ce qu’un braconnier sait faire, le genre à maltraiter sa conjointe ou ses enfants et malgré tout être un témoin authentique. Il peut avoir négligé de faire sa déclaration d’impôts, etc. En d’autres termes, les squelettes dans son placard peuvent être d’origine terrestre!!!

Les gens qui ont quelque chose du genre à cacher n’aiment pas être questionnés. C’est un guide simple, sans plus. Ce que vous devez noter, à défaut d’être un synergologue ce sont les changements brusques, les modifications du comportement. Les spécialistes du détecteur de mensonge posent toujours des questions simples au début d’une session alors que le sujet est branché sur leur appareil. Votre nom est bien Jean Tremblay? Vous demeurez à Loretteville? Vous avez 34 ans? Vous êtes marié à Ginette Crevier de Neufchâtel et vous avez eu trois enfants? Le spécialiste note sur son appareil les indicateurs de « vérité ». Après quoi, il s’enfonce dans les détails et finalement en arrive aux questions « qui tuent ». Avez-vous tué Nicole Lapointe?  La variation des indicateurs de stress va indiquer si le sujet ment ou pas, mais ce test n’est pas reconnu par les tribunaux en raison des facteurs de stress à ce genre de test. Comment pensez-vous faire mieux sans tout cet appareillage?

Observez! Observez le comportement du témoin lors de discussions aimables sur son milieu, sa famille et ne posez pas de questions, laissez-le vider son sac. Si, au cours de l’entretien ufologique son comportement se modifie brusquement à certains moments, il y a lieu de se poser des questions. Mais seulement cela! Rien de plus! De toute façon vous n’allez pas l’arrêter et le mettre en prison…Vous ne publierez pas son dossier. C’est le pire qui peut arriver.

Plusieurs témoins

Il est fréquent que plus d’un témoin se présente pour une seule et même observation. Plusieurs diront qu’il est nécessaire de séparer ces témoins au moment de l’entretien et c’est exact mais écoutez ce qu’ils ont à dire ensemble en premier lieu. Ceci vous permettra de dégager le témoin principal des témoins secondaires mais également cela vous permettra de découvrir s’ils ont tous vu la même chose. Dans certains cas, il est possible que certains aient observé des détails importants alors que les autres n’en ont rien vu et vont aller jusqu’à ne pas comprendre comment il se fait qu’il en soit ainsi. Il sera question plus loin du syndrome de Magellan qui peut être à l’origine de cette situation mais il est possible également que dans certaines circonstances, des témoins voient ce que d’autres ne voient pas et ce en raison d’une manifestation directe de l’objet. Des ovnis filmés à Hessdalen en Norvège par une équipe d’universitaires, en 2007, se transforment littéralement sous nos yeux. Certains ufologues prétendent qu’un témoin peut ne pas voir un objet s’il est situé dans un espace temps très particulier mais qu’un autre situé à quelques pas de lui pourra observer. 

Les découvertes de la mécanique quantique ont démontré que la lumière se comporte comme une onde ou une particule ou les deux à la fois. Ce mystère peut-il s’appliquer à la dynamique de certaines observations d’ovni? L’ufologue Jacques Vallée suggère même que certains témoignages peuvent présenter des aspects aussi physiques que psychiques et cite notamment le cas de Fatima alors que des manifestations à la fois visibles et matérielles ont accompagné des manifestations que l’on pourrait qualifier de spirituelles. C’est le terrain de chasse privilégié de la Nouvelle Ufologie.

Vallée explique notamment que le niveau 1 des observations décrit un objet physique ayant des effets dérivant de la matérialité absolue. Par contre, il existe des observations de niveau 2 qui démontrent les mêmes effets que le niveau précédent mais soudainement deviennent fantomatiques ou hallucinantes. Un objet change littéralement de forme, disparaît brutalement, passe à travers des formes solides comme le sol ou des bâtiments et dans certains cas, le témoin enlevé dira que l’intérieur de l’objet est beaucoup plus considérable que l’extérieur. A cela s’ajoute une quantité incroyable d’autres effets qui peuvent ne pas être partagés par tous les témoins. C’est pourquoi une rencontre séparée s’impose entre le témoin principal (celui qui semble avoir la description la plus détaillée) et les témoins secondaires. Une fois ces rencontres terminées, l’ufologue devra tenir compte des disparités et les faire ressortir à chaque fois dans le rapport concernant le témoin principal. 

Ex : Le témoin A affirme que l’objet était entièrement silencieux (témoin B et C croient pourtant qu’un bourdonnement se faisait entendre.) Éventuellement, il sera utile également d’effectuer un rapprochement entre les disparités. Le témoin B qui entend un bourdonnement n’a pas vu l’objet à la même distance et n’a pas observé le pilier sombre sous l’objet au moment du décollage. Et ainsi de suite. Comme l'auteur le rappellera souvent dans ce document, ce ne sont pas les formulaires qui vont devenir important pour l’analyse, mais le RAPPORT FINAL et il devra être rédigé très clairement, et tenir compte de tous les aspects importants. La réputation d’un ufologue repose non seulement sur sa rigueur mais sur sa capacité de narrer les évènements avec clarté, précision et concision. Si le témoin est confus ne le soyez pas et débrouillez-vous pour que l’analyse du CEO soit effectuée à partir des clarifications que vous aurez effectuées avec le témoin. 

RR IV ?

Si le témoin fait allusion à un enlèvement, cochez la case du formulaire à cette fin. Des dispositions spéciales sont alors prises par la suite par l’auteur afin d’élaborer sur cet aspect de son observation. Vous serez partie prenante de ces dispositions mais votre première tâche consiste à enquêter d’abord et avant tout sur l’aspect technique de l’observation elle-même. 

Un « crime » a été commis

Malgré ce qui a pu être dit plus tôt, un enquêteur en ufologie n’est pas un homme de science ou un technicien de laboratoire. C’est un policier. Il enquête parce qu’un crime a été commis et que son témoin en a été victime. Il n’y a pas vraiment eu de crime ou de victime en soi mais c’est la disposition d’esprit qu’il faut avoir. Vous cherchez des éléments de preuves ou à tout le moins des indices qui vont vous permettre de déterminer la nature de l’observation. Vous avez déjà vu un policier se présenter chez un témoin avec un formulaire? On ne peut vous demander de l’apprendre par cœur, mais soyez attentif à ne pas dépendre uniquement du formulaire et n’ayez surtout pas l’air d’un agent de recensement ou de sondage! Comme déjà dit, ne commencez pas votre entretien avec un formulaire de 25 pages, à la main, des crayons de couleur, une règle et un compas, vous allez peut-être l’impressionner mais vous risquez aussi de l’affoler! 

Comme déjà mentionné plusieurs personnes n’aiment pas ce qui est officiel, ça les rend nerveux, ils se ferment, oublient des choses et deviennent confus. C’est le syndrome du douanier. On a beau ne rien avoir à déclarer, les questions de l’agent des douanes nous font suer. A un point même que notre confusion risque de nous faire passer pour des menteurs ce que nous ne sommes pas. Personnellement, je n’aime pas les douanes, ça m’énerve. De retour  d’un petit voyage à Old Orchard, n’ayant rien d’illégal à cacher, j’ai hésité, eut un blanc lorsque le douanier m’a simplement demandé d’où je venais. Servez-vous de votre jugement, chaque témoin est différent, aucune règle ne s’applique quant au moment le plus judicieux pour utiliser les formulaires.

Le témoin vous offre une bière? Acceptez-là, et soyez tout simplement raisonnable, ce n’est qu’un signe d’amitié et c’est très bien. Deux, c’est autre chose mais une c’est très bien. Personne ne vous accusera d’avoir été saoul au travail. A ce stage, vous avez compris ce dont il est question. Vous êtes là pour savoir ce qui s’est vraiment passé et vous le faites d’une manière intelligente, civilisée, agréable, courtoise et efficace.

Entrevue cognitive

Un témoin qui observe un ovni de très près peut subir un choc post-traumatique plus ou moins sérieux mais dont les effets les plus immédiats sont une perte partielle du souvenir d’éléments de son expérience. Sa nervosité s’exprime par une frustration de ne pouvoir se rappeler certains détails. Une bonne façon de remédier à cela est de le mettre en confiance et de lui faire se souvenir d’autres expériences qui peuvent avoir un contexte en commun. Si à titre d’exemple son observation s’est faite sur le bord d’un lac, faites-lui se souvenir d’une partie de pêche mémorable ou d’une excursion à son chalet. S’il était en compagnie de sa conjointe et des enfants au retour d’une soirée au cinéma, faites-le évoquer ce même type de souvenir avec ses propres parents. La parenté de souvenirs anciens non affectés par son traumatisme peut déclencher un rappel de circonstances semblables dans le présent. 

La méthode d’entrevue cognitive est actuellement utilisée depuis quelques années par certains corps policiers non pas dans le but de faire avouer un crime à un suspect, ce pourquoi ils ont toujours été formés, mais pour permettre à un témoin ou une victime de se souvenir avec plus de précisions certaines scènes reliées à un crime. L’entrevue cognitive est un concept relativement récent et part du principe que la mémoire d’un témoin qui fonctionne comme une caméra vidéo, c’est à dire dans l’ordre, est un mythe. Vous découvrirez dans quelques instants la méthode Reiser qui utilise à d’autres fins ce concept mais peut se révéler très utile.

La technique de l’entrevue cognitive est complexe et ardue et les praticiens en hypnose ont une bonne longueur d’avance parce qu’elle nécessite une formation rigoureuse mais certains éléments peuvent néanmoins être appliqués. L’un d’eux en particulier consiste à laisser le témoin exprimer sa pensée, élaborer sur son expérience et avec l’aide de l’enquêteur, mettre à jour tous les éléments de son observation. Une façon d’aider le témoin à y parvenir avant de passer à l’étape même de l’entrevue cognitive est de lui faire dessiner tout ce qu’il a vu tout en lui demandant d’expliquer ce qu’il dessine au fur et à mesure. L’effort fourni pour dessiner génère une mémorisation effective.

Puis, l’enquêteur demande alors au témoin de « se déplacer » de changer de perspective et de décrire la scène comme si quelqu’un d’autre, d’un autre angle, voyait la scène. Exemple : « Vous dites que l’objet était entre vous et la grange, droit devant vous. Très bien. Supposons que vous vous déplacez pour vous mettre de côté, selon vous de quoi l’objet aurait-il eut l’air? »  La pertinence de cette question n’est pas de déterminer ce qu’effectivement l’objet aurait eu l’air mais, de forcer le témoin à cibler sa mémoire sur son observation. Vous n’avez pas idée du processus électrochimique que cela engendre dans le cerveau! J’ai utilisé cette technique avec succès dans le cas de Jacques (Affaire Jacques et Lucie).

Une autre méthode inspirée de l’entrevue cognitive consiste à demander au témoin de se fermer les yeux. C’est presque de l’hypnose, vous le guidez pas à pas, en lui rappelant les éléments clefs de son expérience. Vous posez des questions sur l’environnement dans le genre : « L’air est-il frais? Est-ce qu’il y a des odeurs etc.? » Vous avancez de la sorte et lorsque le témoin s’interromps et ouvre les yeux pour élaborer, demandez-lui de fermer les yeux de nouveau et de reprendre son récit là ou il est rendu. L’entrevue cognitive présuppose une excellente relation de confiance entre l’enquêteur et le témoin. Il vaut mieux ne pas utiliser cette méthode si vous n’êtes pas à l’aise plutôt que de tout bousiller. 

Une autre technique consiste à demander aux témoins de raconter son histoire dans le désordre. Ou à l’envers. Pour mieux comprendre, voyons une méthode destinée à découvrir si le témoin ment. Lorsque vous aurez maîtrisé cette méthode (Reiser) et que vous constatez que le témoin dit la vérité, sa mémoire s’en trouvera ravivée. Par contre s’il ment, cela devient fort utile. Voyons cela de plus près.

CINQUIÈME PARTIE