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HÉ VOUS LES CARTÉSIENS DE FRANCE !

HÉ LES CARTÉSIENS DE FRANCE, J’AI UN MOT POUR VOUS !

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Un article de Jean Casault

Photo de Hélène Dupont. Paris 2001

 

Je vous connais très bien ! Vous êtes extrêmement nombreux car en France, le rigorisme  intellectuel est l’affaire d’une culture très ancienne. C’est comme pour la langue anglaise, tous les Français prononcent le mot « The » en y mettant un z, qui n’a rien à y faire là et qui donne « Tze ». Ca écorche les oreilles à chaque fois, particulièrement quand vous pointez tout un chacun pour leur accent, bon, mais qu’importe je digresse. Revenons à nos moutons !

Quelqu’un en France, il y a sans doute des lustres de cela et je soupçonne Les Lumières (1715-1789), a décidé que tout ce qui n’était pas rationnel était irrationnel, ce qui au demeurant est tout à fait vrai, mais on nous expédie cela au visage comme si l’irrationnel était synonyme de marcher à côté de ses pompes ; une maladie, une anomalie, un très mauvais signe, un cas d’hospitalisation et de médication soutenue. C’est qu’ici au Québec voyez-vous, nous faisons une différence entre une expérience subjective qui se manifeste le plus souvent hors du champ d’étude qui exige à court terme la preuve par l’observation, et une expérience objective qui elle au contraire, en fait partie intégrante.

Ici au Québec, nous n’avons pas connu cette période d’apprentissage très intense, pas plus dans notre formation scolaire que sociale, nous sommes demeurés  sous la robe noire d’une prêtrise infâmante dont nous avons enfin pu nous libérer, mais que très tard, soit en 1964. Sauf que l’an d’avant, votre Général un peu très imbus de sa personne,  est venu se mêler des oignons des autres en lançant un cri de guerre sur le Québec Libre des enfants de la France. Le pauvre vieux n’avait aucune idée qu'avant de se libérer de Dieu sait quel Anglais, il nous fallait abattre l’ennemi de toujours soit l’emprise catholique exacerbante qui régnait chez nous depuis 1534, apparue comme ça par un petit matin clair en Gaspésie. Ça laisse des traces profondes, voire des sillons profonds comme des canyons une présence religieuse aussi dramatique. Vous les Français de l’époque aviez comme papistes à défendre la seule vraie Foi contre l’animisme des sauvages et plus tard, toujours en Nouvelle France, l’horrible anglicanisme des réformistes Anglais.

Mais pas chez vous. Sitôt les Lumières éteintes, vous avez tout démoli au nom de  votre rigueur ; la monarchie, la bourgeoisie, la forfanterie religieuse et tout et tout, y installant  un petit règne de Terreur dont vous auriez très bien pu vous passer. Il a gâché la sauce celui-là ! Votre Révolution ne portera jamais comme la nôtre la mention « tranquille » c’est l’évidence même.  Je sais que vous détestez le Trump Américain et qui vous en blâmerait, mais quand on a eu Robespierre comme leader ne serait-ce qu’un an, on essaie de demeurer discret sur les leaders des autres !

Cela dit, vous les Français avez du bagout et de la répartie ! Votre intellect est grandement  littéraire et articulé. Vous avez cette immense qualité de ne pas considérer une opinion comme un argument et vous n’en manquez pas de ceux-là. Le débit de leur écoulement vers une conclusion quasi explosive est comme un grand fleuve de mots charriés par la puissance d’un intellect qui sait très bien qu’il a raison et qu’importe s’il a tort. Il pense, alors il est ! Croyez-moi c’est lourd.

Vous avez identifié très tôt dans votre histoire l’obscurantisme pour l’abolir. Vous n’avez pas toléré qu’on prône  la négation du savoir. Vous avez conspué avec raison tous ceux qui refusaient de reconnaître pour vraies des choses démontrées, posait des restrictions dans la diffusion de connaissances et s’élevait contre la propagation de nouvelles théories. C’était et c’est toujours une attaque en règle admirable contre le positionnement religieux et là encore comment vous blâmer !

J’ai le sentiment que le Siècle des Lumières fut en quelque sorte le rejet sans aucune mesure, ni réserve de tout ce qui n’était pas une réalité démontrable par une observation scientifique moderne. Je dis cela parce que la science que nous connaissons a précisément débuté ses manifestations physiques au cours de cette période même si dès le 7e siècle on en posait les jalons pour la distinguer de la philosophie.  L’histoire de la science est éminemment complexe, alors ne jouons pas sur les dates mais quand je parle ici de la science, je ne me limite pas aux découvertes du moteur à pistons ou du vaccin contre la tuberculose. Je parle d’une pensée scientifique, voire d’une attitude scientifique, dictée en partie par la notion du doute en tout, mise de l’avant par Descartes plusieurs siècles auparavant.

En Nouvelle-France, soit le Québec en devenir, rien de tout cela ne s'est produit. Ce n’est pas le Roi qui impose, mais le Pape, ce n’est pas le Gouverneur, mais l’Évêque qui contrôle l’éducation et soyons francs, sans calembour cherché,  une poignée de colons qui se bat pour survivre aux hivers absurdes de cette Terre de Caïn[1] n’ont guère le temps d’apprendre à lire et écrire, alors encore moins de se livrer à de grandiloquentes rhétoriques  sur les distinctions à établir entre la philosophie et la science par la versification vous me suivez ? Et de toute manière les colons allaient être bientôt abandonnés par la France sur leurs très inutiles arpents de neige pour être remis aux Anglais en échange des îles chaudes des Caraïbes, suite à leur défaite amère en 1759.

On a souvent remercié les Anglais de nous avoir permis de conserver notre langue et notre Foi, moi j’aurais préféré qu’on abolisse la Foi et qu’on nous laisse libres de notre déisme, cela nous aurait évité 400 ans de retard mais ça, c’est une autre histoire. Ainsi côté éducation ne nous faisons pas d’illusions ! Ici nos universités primitives formaient des prêtres et quasi rien d’autre et cela très très tard dans notre histoire. Mais chez vous, c’est autre chose. Après tout, l'illustre Collège de France chargé d’enseigner par des humanistes payés par le roi, des disciplines telles que les langues, les mathématiques et la médecine a été construit en 1530.

Vous savez qui était ici en 1530 ??? De chez vous, pas un chat, sinon quelques Normands et explorateurs venus de Chine mais qui ne restèrent pas, se contentant de piller les ressources minières et autres. C'est ce qu'on appelle un maudit gros décalage en langue seconde du Québec. 

La première victime de la rigueur cartésienne en France fut l’astrologie car selon elle, l’astrologie  repose sur des interprétations peu compatibles avec les observations scientifiques modernes. Il y a quelques siècles encore, les connaissances scientifiques et notamment astronomiques étaient insuffisantes pour invalider les interprétations astrologiques, mais un beau jour ce fut le cas et vous ne vous êtes pas gênés.   Oh il y a encore des madames Minou en France, mais en général, l’attitude du Français moyen à l’égard de ces «choses étranges » est coordonnée avec l’ensemble de la philosophie de l’enseignement de ce pays. Il en va de même contre le paranormal, la métaphysique  et bien sûr l’ufologie.

Évidemment, il y a des penseurs français très ouverts et dans mon domaine je parle d’Aimé Michel notamment, de Robert Charroux, à ses débuts Jimmy Guieu, Gilles Pinon, Gérard Messadié et quelques autres également dont le nom m’échappe. Cela dit, c’est vous en France qui avait réinventé le scepticisme en l’affublant du nom de zététique. Parlez-en à Henri Broch.

Les zététiques sont des sceptiques scientifiques qui s’en prennent à tout énoncé ayant apparence de science et qui ne l’est pas[2] autrement dit, l’objectif de la zététique est de mettre à l’épreuve, des énoncés pourvus de sens et de nature scientifique qui sont réfutables selon Karl Popper, dont les explications ne semblent pouvoir se rattacher à aucune théorie communément acceptée. Bref si un ufologue dit quelque chose, le zététique vérifie dans sa valise de théories acceptées jusqu’à ce jour et si il ne trouve rien, il dit que l’ufologue est un taré !

Oui désolé, mais si la zététique semble poli laissez-moi vous dire que ceux et celles qui la pratique ne le sont pas. Ils peuvent être extrêmement...comment dit-on en France? Chiants ? Ah ça oui. La rhétorique de la très grande majorité des  zététiques en France est à ce point rêche et imbuvable que cela frise parfois la psychopathologie. Domptez-les, retenez-les, diantre

J’ai eu à répondre à une époque aux arguments poussifs de certains de vos intellectuels  zététiques qui me sachant ufologue, ont eu tôt fait de se donner pour mission de me faire la peau, comme si pour eux, discuter de ces choses  étranges était en réalité un perpétuel dîner de cons dont j'allais être la vedette de sorte qu'ils puissent plastronner entre eux, l'ego d'un zététique étant impossible à quantifier.

J’ai assez de métier comme journaliste et interviewer pour reconnaître la mauvaise foi de ces gens aussi aisément que la mauvaise haleine d’un pochard. Je sais comment et pourquoi. Ils sont prêts à mentir pour sauver la face. On dira un jour que ces gens préfèrent avoir raison, que de découvrir ce qui est vrai.  Je me fous de ce que Broch a voulu créer, il a plutôt jeté les bases d’une monstruosité.

Ces zététiques partent d’un point de vue si profondément ancré dans leurs certitudes ancestrales qu’il est absolument impossible de leur faire modifier la moindre particule du corps de leurs idées recues. J’ai eu de ces âpres discussions et j’en conserve de douloureux souvenirs, la malhonnêteté intellectuelle faisant partie de certaines de mes allergies à un très haut niveau de toxicité. Mais eux baignent dans cela comme un crapaud qui ne craint aucunement ses propres pustules.  Elles sont nombreuses : le biais cognitif, la dissonance cognitive, l’a priori systématique qui ne changera jamais, même à postériori, le déni, le refus instinctif, la résistance à toute modification de l'approuvé France AAA. l'imprimateur de leur seul Dieu, leur cervelle !

Bref je crois que quelque part en chemin ces gens ont confondu la rigueur avec la rigidité.  Je sais pour l'avoir vécu avec des Français très brillants et très intelligents  qu’ils sont incapables de supporter un seul instant que LEUR vision du monde soit mise en doute. Ce qui fait rire un peu, c’est de les entendre proclamer leur adhésion à la vie à la mort, au cartésianisme lors même que Descartes a reconnu avoir fait de nombreux rêves lesquels l’ont conduit au Discours de la méthode. Ses lettres sur « l’âme » sont très éloquentes également.

Mais bref. Je crois que le fanatisme n’est pas que religieux. Le fanatisme est une tare virale qui peut affecter le plus sérieux des Académiciens, le plus sérieux d’entre tous les grands penseurs.

Quand ils auront compris que les expériences subjectives ont autant de valeur que les expériences objectives et qu’elles méritent autant d’attention et de respect, alors nous pourrons échanger. Mais d’ici là, je leurs dis comme le ferait Reggiani, gardez vos sarcasmes et laissez-nous travailler, il y a dans l’invisible plus de matière que dans votre monde tout comme la matière sombre occupe 70% de l’espace, alors pensez-y.

Quant à cette conviction qu’ils ont que le Québécois est un « enfant » de la Mère patrie, ce que je me suis fait dire en France lors de mes séjours prolongés j’aimerais dire ceci.

Il m’est arrivé à plusieurs occasions, surtout en plein mois de Janvier, de me demander pourquoi mon Esprit a choisi de s’incarner dans le corps de cet enfant que je fus, au Québec, et qu’il y soit demeuré jusqu’à aujourd’hui. Ma mission en tant qu’Esprit  m’a été révélée très clairement assez jeune et je l’accomplis au meilleur de ma connaissance. C’était une expérience subjective ! J’écris sur l’Esprit ! Les circonstances de mes choix karmiques font en sorte qu’en plus, j’écris en français ! Alors Bon Dieu, pourquoi donc ne suis-je pas né en France dans ce cas, ce royaume de la Lettre ? À Nice ou le Cap d’Antibes par exemple ?

Mais non, il fallait que j’atterrisse ici dans un banc de neige de mille pieds, au Québec où j’écris pour un lectorat très peu nombreux puisque limité au pourcentage très faible de gens intéressés par ces choses étranges, sur une maigre population n’atteignant pas 3% des francophones dans le monde : les Québécois.

Bref, pourquoi ma mission est-elle de m’adresser majoritairement à des Québécois ? J’y suis né, mais je ne suis pas de leur monde alors qui sont-ils ces gens-là ? Quel est ce peuple qui depuis 400 ans se comporte davantage comme une tribu ignorante, naïve et à plat ventre dans un premier temps, face à l’Église, puis de nos jours, face au moindre mouvement social un peu intimidant et qui en plus change d’idée, d’opinion et d’émotion comme il change de climat, quatre fois par année quand ce n’est pas six ?

La réponse m’est venue un jour lors d’un Vol de nuit. C’est ici sur cette terre fertile que se trouve une des plus fortes concentrations d’Esprits mages à l’abri des perturbations terrestres. Et l’émotion qui accompagnait cette révélation fut celle des troupes et de l’armada baignant dans les eaux de Southampton en cette Terre bénie par la Rose qu’est l’Angleterre avant de prendre la mer et libérer cette autre Terre bénie par le Lys qu’est la France ! Mettre fin à la résistance par l’acte final et glorieux contre l’impie suprême qu'était l'insidieux nazi !

J’ai compris que ma nature terrestre est le fruit de cette fleur hybride du lys et de la rose.

Car je vis le lys et la rose, ensembles car ici nous disons Je me souviens, à la suggestion de Eugène Étienne Taché. Je me souviens de Qui je suis vraiment ! De mon passé, et d’Où je viens. Cela vaut pour l’Esprit tout comme pour l’humain : Se souvenir de Qui on est !Je sais aussi qu’une seconde devise fut initiée par le même Eugène-Étienne Taché, plusieurs années après la première, et qui devait paraître sur une statue représentant une jeune et gracieuse adolescente portant la devise :Je me souviens d'être née dans les lys, je grandis dans les roses  et qui plus tard pour le 300 e anniversaire de Québec devint : Née sous les lys, Dieu aidant, l’œuvre de Champlain a grandi sous les roses. Le lys et la rose ! Symbole d’Ashérah le saviez-vous ? Symbole de la hiérogamie, rien de moins. Symbole de Sara Tamar la fille de Jésus et Marie-Madeleine ce n’est pas rien ! Tout devient plus clair non ?

Le lys des Français et la Rose des Anglais s’unissent dans un symbole d’une magnificence insoupçonnée. Depuis leur existence, dès l’instant ou se termina la grande pax Romana, ces deux nations se sont toujours entredéchirées comme mari et femme dans un rapport d’amour/haine qui s’éternise encore, on n’a qu’à penser au Brexit. Complices entrelacés dans une harmonie digne de la plus fine représentation qu’on puisse imaginer du yin et du yang, ces deux nations, froide et martiale, chaude et romantique, dressant fièrement le Big Ben pour l’un et l’Eiffel pour l’autre, partagent une histoire de vie commune merveilleuse.

N’était-ce pas magnifique de voir l’Anglais, la rage au cœur partir se battre sur les plages normandes pour libérer une seconde fois sa belle, du monstrueux prédateur teuton cruel et impie ?

Cette histoire est celle de deux amants qui ont encore à se comprendre sur Terre avant de s’aimer au Ciel et, pour y parvenir, ont choisi aux confins de leur horizon, là où l’Astre se laisse engloutir par la mer, une Terre aimable soit chez moi, où s’ébattent là des gens de cœur, nés sous le lys et grandissant sous la rose et qui ont toujours été gens de qualité, prompts à l’amour, mais le bras tendu et qui à merveille jouent ce rôle d’unificateur de leur principe respectif. Ils sont les gens d’ici, ces fils du Lys et de la Rose, ils sont gens du Québec, fragiles et vulnérables mais en même temps courageux et solides !

Voilà pourquoi je suis né et demeure ici. Et sachez tous qu’à table nous avons des manières, du bon pain, du bon fromage, de l’amour et pas mal de votre vin il est vrai, mais qu’un fait s’inscrive bien dans chacune de vos neurones, nous ne sommes plus de la chair à dîner de cons. On vous a à l’œil et vos tirades si soignées, marinées des siècles durant dans l’armagnac fleurent bon mais n’ont plus de prise. Nous avons découvert le téflon au lendemain de la guerre, un peu grâce à vous et on a aimé ! Nous en sommes recouverts et de moins en moins d’arguments flasques et collants adhèrent à la surface de notre conscience uniquement parce que cela vient de l’Hexagone.

A bon étendard, shalom !



[1] Il n’était pas utile d’être très observateur pour s’en rendre compte mais l’expression vient de Jacques Cartier dans sa remontée du fleuve qu’il baptisa de Saint-Laurent en l’honneur d’un martyr espagnol, Laurent de Rome, qui fut en somme couché sur un BBQ pour y être rôti des deux côtés par un préfet pas très aimable du nom de Dacien ou Dèce.

[2] Les pseudosciences.

Jean Casault est l'auteur de plusieurs ouvrages et anime le samedi matin de Lévis près de Québec, au 969fm.ca l'émission LES FAITS MAUDITS

 
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